Première partie Au delà du présent - 2032 - 2065

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CHAPITRE I - Karmas

Extrait VII - Myriam de Magdala - Gaétan

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Myriam de Magdala

Bit01z37 jeune fem fdb tA nouveau, nous sommes en 2065. Mickaëla n'a pas chômé pour installer son appartement, malgré la récurrence de ses souvenirs.

Elle n'a pas vraiment l'envie de retrouver le cauchemar des jours qui ont suivi le décès de son enfant. Heureusement que ses parents étaient présents pour l'épauler et faire entendre fermement raison à George. Lequel, respectant son cousin Charles accepta ses arguments pour rendre sa liberté à Mickaëla dans les meilleurs délais. Celle-ci rentra chez ses parents, tenant précieusement l'urne blanche, contenant les cendres de son bébé.

Marie et Charles eurent une longue conversation avec Laura pour la mettre de façon claire et précise au courant de la situation passée et récente de leur fille. Laura qui était une personne sensible et sensée, mesura le désastre du jeune couple, sans parti pris pour son fils aîné. Elle demanda à rencontrer Mickaëla seule à seule. Cette dernière, bien qu'inquiète d'un tel rendez-vous, ne s'y déroba pas, bien décidée à la franchise la plus totale envers celle qu'elle avait toujours considérée avec une véritable affection.

De cette brève rencontre, Mickaëla gardait un souvenir ineffaçable. Laura l'avait accueillie sur le seuil de la maison et conduite jusqu'à l'endroit précis où avait eu lieu la scène de la gifle et du coup de poing. Elle s'était arrêtée un instant, pensive, fixant un point invisible à hauteur des yeux. Puis, se retournant vers sa jeune cousine, elle lui prit la main dans les siennes et la regarda droit dans les yeux :                         .
- « Ce jour-là, dit-elle, j'ai su dès cet instant qu'il t'aimait ! Mon coeur s'est mis à battre la chamade, car je sentais que je l'avais définitivement perdu. Mais, ajouta-t-elle, je savais au premier regard que son Amour pour toi était total et sans faille ! Cet Amour qui le brûlait comme un fer rouge, le lavait de son passé trouble d'enjôleur patenté. Marie m'a raconté le choix que vous aviez fait. Je l'ai cru, je te fais confiance. Je te propose de faire sceller l'urne contenant les cendres de votre enfant sur la tombe de son père. »                        .   
Mickaëla très émue par la magnanimité de Laura, se jeta en larmes dans ses bras. Une étreinte chaleureuse les réunit pendant de longues minutes.

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- A ce moment précis, Mickaëla comprit qu'elle mènerait un jour à bien la mission commencée par une autre elle-même à la fin du siècle dernier. Elle ne savait ni comment, ni quand, mais la certitude se faisait jour en elle, que le pardon de Laura ouvrait des horizons de Foi et d'Amour et qu'elle n'aurait pas trop de sa vie pour les rendre réalisables.

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Une cérémonie, très simple, eut lieu en famille pour le scellement de l'urne funéraire du petit Augusto sur la tombe de son père. Le prêtre de la paroisse qui les connaissait tous, était venu bénir ce geste rédempteur. La famille se retrouva soudée, et Mickaëla recommença à envisager son avenir.

Il était tout tracé pour elle, en son esprit. Avec la recommandation de son père elle put réintégrer l'Académy de Police, deux mois après ces événements douloureux. Elle en sortit bien notée et fit reconnaître ses capacités dans les deux postes qu'elle occupa dans des petites villes de leur Etat.

De la période pré citée à la présente la vie de la jeune femme s'était écoulée au rythme d'un métier très prenant, parfois dangereux, souvent ingrat et décourageant. Elle s'était laissée prendre par cette occupation trépidante, un peu comme l'on s'adonne à une drogue ! Cela l'aidait à oublier ses erreurs passées qui lui avaient apporté beaucoup de chagrin pour de si brefs moments de bonheur.

Des dix dernières années, elle retenait deux songes marquants, qui lui confirmaient son engagement et son devoir de patience envers cette mission qui lui était présentée comme une continuité.

Quand elle se remémorait ces années écoulées, Mickaëla avait l'impression d'avoir été en sommeil, dans l'attente d'une action imprévisible et à laquelle elle devait être prête immédiatement. Son métier l'avait habituée à ce reflex d'éveil silencieux et d'autodéfense efficace.

Sa vie sentimentale était restée au point mort. Ses précédentes expériences douloureuses l'avaient détournée de rechercher un attachement durable. Mickaëla n'abusa pas de la liberté sexuelle affichée par de nombreuses femmes de son entourage, parce qu'elle attribuait à cet acte une valeur psychologique et spirituelle qui ne pouvait le réduire au seul plaisir d'un moment. Cette façon de penser s'était d'autant plus renforcée en elle-même, que les deux seules fois où elle avait tenté un rapprochement physique non doublé d'un sentiment, un songe dissuasif s'était imposé.

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Comme pour la mettre en garde d'une erreur à ne pas répéter, la Shekhina s'était dressée. Soulevant le voile d'un passé de plus de deux mille ans, elle l’avait clouée au sol d'étonnement, mêlé de respect et de crainte, en lui citant la vie d'une certaine « Myriam de Magdala » dont elle portait en elle l'antécédence et l'avenir. Cette nouvelle approche de son moi profond que lui avait fait faire la Shekhina, avait plongé Mickaëla dans une stupeur compréhensible au lecteur, je le suppose ! Cela a été mon propre cas ! Parce que le songe, que je suis en train de vous narrer et qui est un songe dans mon propre songe, m'indique, à travers le karma de mon avenir, mes précédents karmas.

 

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Eyes3 micCes connaissances sont progressives, heureusement ! Depuis le novembre 1998, j'ai reçu le début de ce récit, d'abord en songe. J'ai continué d'en percevoir la suite dès que je prenais et prends actuellement, mon stylo et le cahier sur lequel j'ai l'habitude de rédiger des notes au jour le jour, depuis le 14 juillet 1998. Je dois reconnaître que j'ai abandonné ces notes depuis notre retour de voyage en France pour les fêtes de Noël. La raison en est simple, je suis trop prise entre ce récit que je reçois et la modification de mon site Web que je viens de terminer. De plus, j'essaie des contacts divers pour le faire connaître. J'ai ajouté une rubrique "littérature" dans laquelle je relate ces songes. Ce récit est devenu le premier chapitre de mon roman autobiographique : "La première et merveilleuse histoire d'Amour du monde". Vous l’avez sans doute compris je le reprends en 2020. En 1998 je n’avais aucune notion concernant la Shekhina !

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Bit01z37 jeune fem fdb t- Pour en revenir à la situation de Mickaëla face à son passé antérieur, un thème nouveau naissait sous ses yeux :                                    .  
Il était impressionnant, parce que les écritures ont déjà tant dit du Christ et de Marie-Madeleine, qu'elle ne savait où était la réalité de ce passé ! La Shekhina allait-elle lui ouvrir les yeux sur l'inconnu complet ! Non, si l'Homme voulait se donner la peine de lire et d'accepter à travers l'Eglise qui les rejette, les Evangiles apocryphes, la vérité sans voile apparaîtrait, franche et saine, très humaine et divine à la fois, car l'Homme a été créée à l'image de Dieu. Ce qui reste difficile à accepter par l'homme, même parfois maintenant, l'était encore de façon plus intense à l'époque de Myriam et Yeshoua. C'est qu'une femme ait accès à la "connaissance". Jean-Yves Leloup, déjà cité plus haut, nous invite, dans l'introduction de l'Evangile de Myriam de Magdala, à saisir la profondeur de l'humanité de Yeshoua à travers cette femme qui l'aime et le comprend.      

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Eyes3 micPardonnez-moi si j'emprunte de nouveau ce texte à l'auteur pré cité, mais il exprime dans ces quelques pages, beaucoup mieux que je ne saurais le faire, la raison pour laquelle j'écris ce livre et par lequel j'espère vous faire entrevoir combien nous sommes proches de Dieu.

La lecture du livre de Jean-Yves Leloup m'a été suggérée par Synchronicité au début de novembre, je l'ai commandé aussitôt et reçu le dix-huit du même mois. Il m'a confirmé dans ma mission. Si j'insère ces différents extrait, dans le prolongement des paroles que la Shekhina adresse à Mickaëla dans ma vie future, c'est que cela concorde avec ce que j'ai ressenti moi-même en lisant ce livre : Myriam de Magdala était si proche de moi, dans sa compréhension du divin, que je me confondais en elle !

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Mickaëla était touchée au plus profond d'elle-même par le récit de la Shekhina qui lui ouvrait les yeux sur une dimension de son avenir qu'elle n'avait pu soupçonner jusque là. Elle était l'épousée du Fils et devait, dans sa recherche de l'Amour, ne plus faire l'erreur du choix de la personne à laquelle elle était destinée.

- Pour lui faire comprendre à quel point son erreur pouvait être fatale, non seulement pour elle-même, mais pour l'humanité, la Shekhina lui conta l'histoire du jeune écuyer que nous avions été, elle et moi-même, à l'époque de la Renaissance.

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Gaétan

Bit10058 homme renaisNous étions un jeune page devenu, le jour même, écuyer d'une belle et noble Demoiselle de la Cour. Nous portions fièrement ses couleurs et soupirions en secret pour ses beaux yeux. Un jour, elle laissa tomber à ses pieds le petit carré de dentelle qu'elle portait fréquemment à son nez ou à ses lèvres. S'emparant avec zèle de l'étoffe froissée, nous nous apprêtions à la lui présenter un genou à terre, lorsqu'elle fit un signe imperceptible qui signifiait de la garder. La joie dans l'âme, le jeune écuyer l'enfouit précieusement dans son pourpoint en rougissant un peu ! …

A quelque temps de là, par une splendide matinée de printemps, notre jeune écuyer mena sa haquenée blanche à "Sa Dame" qui désirait se promener. Il l'aida à s'installer sur sa monture et ce faisant, il sentit qu'on lui glissait un billet parfumé dans son gousset. Chevauchant discrètement à ses côtés, il mourrait d'envie de lire ce qui y était écrit. La course dura assez longtemps, tantôt au trot, tantôt au pas, pour qu'il puisse admirer tout à loisir la grande beauté de la Demoiselle.  Celle-ci faisait souvent en sorte de le frôler, si bien que son cheval fit soudain un écart et qu'il se retrouva sur le sol, heureusement sans mal ! La Demoiselle se jeta délibérément à bas de sa propre monture sans aucune aide nécessaire et se précipita vers lui, l'air soucieux. Le constatant en bon état, elle détourna son visage inquiet qui avait rosi de se sentir découverte. Il lui prit la main, la porta à ses lèvres amoureusement avec un regard qui en disait long sur ses propres sentiments.

Cependant des cavaliers approchaient et les auraient bientôt rejoints. Se relevant rapidement, il remercia chaleureusement la Demoiselle de sa prévenance à son humble égard et lui tendant le poing, la conduisit vers sa jument qui l'attendait sagement à quelques pas. Il l'aidait à remonter en selle, quand les promeneurs arrivèrent à leur hauteur.

Bit11001 dame renaisIl s'agissait du prétendant de la Demoiselle que celle-ci devait épouser au début de l'été. Mariage de convenance, certes, mais la demoiselle étant fort belle, l'homme, qui avait la quarantaine passée, la couvait des yeux dès qu'elle apparaissait. Il n'eut pas apprécié son geste d'inquiétude envers son jeune écuyer, s'il avait pu observer leurs visages quelques minutes plus tôt. Le jeune homme en était conscient et se tint en retrait jusqu'à leur retour au château.

S'offrant pour assister sa belle pour descendre de sa monture, le prétendant devança l'écuyer dans son service et lui remettant les rênes, lui jeta un regard dénué d'aménité. Cependant, fort courtois envers sa "Dame de coeur", lui présentant le poing, il la mena à pas lents, en devisant du paysage magnifique qui les environnait, vers les jardins qui entouraient la noble demeure.

Notre écuyer conduisit la jument à l'abreuvoir. Il en profita pour jeter un regard rapide sur le billet.                                  .
Oh ! Surprise, la Demoiselle lui prescrivait de se rendre, la nuit même, au pavillon de Vénus, sorte de petit temple grec situé au milieu d'une pièce d'eau artificielle alimenté par les canaux venant de l'étang voisin. Ce petit monument était accessible par de larges dalles de marbre blanc jetées comme un guet à travers l'étendue liquide. Il comportait une pièce minuscule en son centre, dont il avait toujours vu la porte close. Les ouïs dires prétendaient qu'un souterrain reliait cette pièce au château.

Tout à sa lecture et à sa surprise, Gaétan, c'était son prénom, n'entendit pas arriver le palefrenier qui venait prendre soins de la jument. Il rentra prestement le "mot doux" dans son pourpoint, de crainte que l'homme, qui ne savait pas lire, ne puisse reconnaître peut-être, le papier et l'écriture de la bien-aimée. Il lui remit les rênes et songeur regagna son logement proche des écuries. De petite noblesse, son père avait été récemment anobli, au cours d'une bataille à laquelle il participa vaillamment aux côtés du propre père de Demoiselle Agnès, Gaétan essayait de comprendre la faveur dont lui-même était soudain l'objet de la part de cette dernière.

Bit10053 homme arm renCertes, ils avaient le même âge et avaient été élevés ensemble au château, courant les jardins, les prés et les bois, échevelés et rieurs, lorsqu'ils étaient enfants ! Le couvent, où demoiselle Agnès étudia, les avait séparé. Lui-même avait accompagné son père dès quatorze ans, étant au service du Seigneur des lieux qui guerroyait auprès du roi François. Satisfait de ses services et reportant sur le fils la confiance qu'il avait dans le père, le Comte l'avait nommé écuyer pour qu'il protège sa fille unique et héritière de ses biens.

Le billet fixait le rendez-vous vers la onzième heure du soir. Sans doute, le prétendant restait-il souper au château et Demoiselle Agnès préférait-elle que tous fussent partis ou couchés.

Gaétan se préparait avec minutie pour son service de la soirée. Il mesurait combien il lui serait difficile de ne pas laisser échapper un regard trop chaleureux en direction de la belle Agnès ! Il se morfondait en attendant l'heure de la retrouver, entourée de sa famille, de ses amis et proche de son prétendant. Gaétan détestait déjà celui-ci, avec ses airs arrogants et possesseurs. Il le trouvait laid ! Il le savait intelligent et compétent pour diriger un domaine aussi vaste que celui-ci. Le Comte avait certainement de bonnes raisons de l'avoir choisi, lui qui aimait tant sa fille. On disait le futur époux moyennement fortuné, mais très en place auprès du roi.

Le jeune homme n'avait par revu Agnès depuis la promenade commune du matin. Elle était sortie pour déjeuner dans une auberge que lui vantait son prétendant et les amis de ce dernier. Le Comte était des leurs. Il n'aurait pas laissé sa fille seule avec cette bande de jeunes et moins jeunes damoiseaux ! La petite troupe s'y était rendue en carrosse. Le Comte était accompagné de son propre écuyer, le père de Gaétan et il avait fait signe à ce dernier de l'inutilité de sa présence. A son grand dépit ! 

A l'heure du souper, se tenant debout derrière le siège de sa bien-aimée, prêt à répondre au moindre de ses désirs, Gaétan suivait, sans y paraître, les conversations qui de sérieuses au début du repas, devenaient de plus en plus gaillardes et entreprenantes. Des Dames du voisinage avaient rejoint leurs amis déjà présents. D'autres étaient accompagnées de leur époux, de leur père, de leur frère. La compagnie était nombreuse et devisait joyeusement et bruyamment plus le festin avançait et que le vin coulait !

Agnès paraissait très animée à Gaétan qui se demandait, par instants, s'il n'avait pas rêvé ce doux billet ou si celui-ci n'avait pas un tout autre sens que celui qu'il lui attribuait.

Les agapes lui paraissaient interminables ! Les musiciens changèrent de place et formèrent un demi-cercle dans le salon où la danse commença. A ce moment, le Comte lui fit signe de s'approcher de lui.                        .
- « Ton père préfère que ce soit toi qui porte ce message, lui dit-il en lui tendant un pli. La nuit est claire et en longeant l'étang tu en auras pour une petite heure, aller et retour. »                                   .
Il lui indiqua le lieu et la personne à joindre et Gaétan partit à bride abattue, pour être rentré à l'heure du rendez-vous.

L'air était frais et sifflait à ses oreilles. Il ne ménageait pas sa monture. La lune brillait et les grenouilles coassaient avec énergie au bord de l'étang qui était fort long. Il le quitta bientôt pour traverser la forêt. Cette dernière était peu sûre et dans sa course folle, le jeune homme, restait l'oreille aux aguets. Il parvint à son but sans encombre. Trouvant la demeure isolée dans la campagne, le messager s'empressa de remettre son pli, s'informant d'une réponse possible. Il y en avait une. Il attendit. Pendant ce temps un laquais lui servit à boire.

Eloigné d'un village, il ne pouvait entendre l'heure sonner, aussi s'informa-t-il auprès du maître des lieux quand celui-ci lui remit son pli en main propre. La demie de la dixième heure, lui fut-il répondu. Le temps pressait ! Gaétan salua son hôte et allait se retirer quand ce dernier lui signala :
- « Soyez prudent, notre forêt est mal fréquentée et ce pli ne doit pas tomber dans n'importe quelles mains ! »                           
Le jeune homme l'assura de toute sa vigilance pour porter le message à son maître.

Il enfourcha sa monture et partit au galop. La lune jouait à cache-cache entre les nuages qui s'étaient amoncelés durant son attente. Il connaissait la route à partir de la lisière de la forêt. Il se dit, qu'il ne s'égarerait pas, s'il suivait les sentiers qu'il avait pratiqués en chassant parfois avec son maître et son père. L'astre semblait se moquer de lui et il devait ralentir, par instants, de crainte de perdre sa route. Arrivé à une croisée de chemin, il lui sembla voir des ombres s'agiter sur sa droite, pendant que s'enfuyait un animal, sur sa gauche. Il pensa à des braconniers plutôt qu'à des détrousseurs et accéléra le galop de sa monture, qui elle heureusement, ne paraissait pas hésiter pour continuer son chemin.

Parvenu au bord de l'étang, il entendit sonner la onzième heure et se dit qu'il lui restait un bon quart d'heure avant d'arriver au château. La belle Agnès l'attendait-elle ! Le château n'étant pas encore déserté par les invités était-elle encore à danser dans les salons ! Le Comte, il en était certain, ne pouvait être couché, puisqu'il attendait ce pli important.

Laissant son cheval fourbu aux mains d'un palefrenier, Gaétan s'élança sur les degrés qui menaient à la porte principale du château. Il se dirigea en grande hâte vers les salons encore brillamment éclairés. La musique s'était tue, et les servantes mettaient un peu d'ordre. S'apprêtant à moucher les chandelles des lustres, des serviteurs bâillaient et certains discrètement vidaient le fond des verres ! Le Comte avait dû gagner son bureau et Agnès sa chambre, tous les invités étaient partis.

Gaétan s'apprêtait à rejoindre le Comte dans le bureau de celui-ci, lorsque son père surgit devant lui. Il s'inquiéta de savoir s'il n'avait pas fait de mauvaises rencontres en chemin, sur la négative, il lui prit le pli des mains pour le remettre, lui-même, à son maître et fit signe au jeune homme d'aller se reposer. Ce dernier ne se le fit pas dire deux fois, connaissant son retard.

Agnès s'était certainement rendue compte de son absence dans la soirée et peut-être même, s'en était-elle informée auprès de son père. Il ne pouvait décemment se rendre compte par lui-même du lieu où elle se trouvait sur l'heure. A moins qu'elle ne l'attendit déjà depuis de longues minutes au lieu du rendez-vous. En passant au large du château, pour aller vers la pièces d'eau, il constata que les fenêtres de sa chambre qui donnaient sur cette partie des jardins, n'étaient pas éclairées. Il y avait tout lieu de penser qu'Agnès l'attendait.

Il franchit allègrement le gué de marbre blanc et s'appuya doucement contre la porte du pavillon de Vénus. Elle céda sous son poids sans le moindre grincement, les gonds étaient bien huilés ! Il pénétra dans la pièce qui était sombre, seul le rayon de la lune, toujours aussi folâtre entre les nuages, laissait une trace colorée sur le sol en passant par la lucarne au vitrail multicolore. Le lieu était minuscule comme le laissait supposer l'extérieur. Gaétan n'y voyait pas Agnès et ne subodorait pas sa présence. Pourtant, la porte toujours close avait été ouverte !

Le jeune homme s'aventura le long des parois, les palpant en quête d'une porte dérobée, mais il n'en trouva aucune. Soudain un rai de lumière vacillante au ras du sol attira son regard. Tâtant le sol de ses mains, il sentit une poignée de métal froid et s'en empara, la tirant à lui. La dalle qu'il soulevait ainsi était fort lourde et découvrait un escalier dérobé qui s'enfonçait au-dessous du niveau de la pièce d'eau. La lumière provenait d'un flambeau fiché dans la muraille à mi-parcours de l'escalier. Il s'y engagea, referma la dalle et par précautions, la cala avec un morceau d'étoffe qu'il déchira de son manteau.

RtorchArrivé à la hauteur du flambeau, il constata que l'escalier tournait à droite, se continuait par une dizaine de marches, elles-mêmes prolongées par un couloir. Un autre flambeau était placé à vingt pas dans ce couloir qui tournait brusquement à gauche, pour aboutir rapidement devant une porte qui était entre ouverte. Gaétan poussa la porte et se sentit saisi par l'air glacial qui régnait dans cette pièce. Elle était faiblement éclairée par une lampe à huile posée à même le sol. Il s'en saisit vivement, la leva à hauteurs des yeux et découvrit horrifié des instruments de torture qui paraissaient en parfait état de fonctionnement.

Il y eut un appel d'air et la porte par laquelle il était entré claqua en se refermant. Une autre porte, qu'il n'avait pas aperçue dans la pénombre, s'était ouverte sans bruit sur le passage d'Agnès. Celle-ci se tenait sur le seuil, une lampe semblable à la sienne, à bout de bras. Elle entra, posa la lampe à terre, fit trois pas vers le jeune homme, puis hésitante, s'arrêta à un mètre de lui. La faible lumière que leur permettaient leurs lampes, laissait à peine distinguer les visages. Gaétan fit les quelques pas qui le séparait d'Agnès et posa sa lanterne au sol en se jetant à ses pieds. Il baisa l'ourlet de sa robe en murmurant, ma bien-aimée !

Agnès d'un geste prompt le releva, mit un doigt sur ses lèvres et lui fit signe de reprendre sa lanterne, comme elle le fit elle-même et de la suivre. Gaétan se releva et l'accompagna sans mot dire. Ayant franchis la porte et la refermant, ils poursuivirent, l'un derrière l'autre, une centaine de mètres le long d'un étroit couloir suintant l'humidité. Ils parvinrent enfin au pied d'un nouvel escalier de pierre qui commençait très raide et étroit, s'arrêtait sur un palier de bois. Il s'évasait ensuite en un escalier de bois bordé d'une rampe recouverte de velours rouge. Les jeunes gens montèrent les degrés. Agnès poussa une porte de chêne garnie de gros clous. Ils entrèrent dans un corridor peint de rouge sombre et de motifs dorés, éclairé par des torchères. Le précédent toujours, la jeune fille l'entraîna vers le fond du corridor, sortit une clef de sa poche, ouvrit la porte sculptée sur un salon suffisamment éclairé pour y voir tous les détails de l'ameublement. Lequel donnait lui-même sur une chambre où brûlait un feu dans la cheminée. Après ce voyage qui lui paraissait avoir été fait au centre de la terre, le jeune homme était surpris du luxe de la pièce où il se trouvait. Délaissant leurs lanternes devenues inutiles, ils les posèrent et se tinrent silencieux l'un devant l'autre un long moment.

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Suite

Table des matières

- Chapitre I - Karmas – Extrait VII

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Copyright by Micheline Schneider - Chapitre I - Karmas - Extrait VII - Myriam de Magdala - Gaétan -
« La première et merveilleuse histoire d'Amour du monde ou Hologramme d’une VIE humaine pour une Entité Divine »

Date de dernière mise à jour : 10/04/2020