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Première partie Au delà du présent - 2032 - 2065

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CHAPITRE I - Karmas

 Extrait V - Le bouleau

Grape vine

Bit01z37 jeune fem fdb tAu matin Mickaëla se réveilla avec ce rêve présent à sa mémoire, ainsi que les paroles que la Shekhina lui avait murmurées à l'oreille quand il se terminait :

" Rose ou femme, un Dieu ou un homme nous frôle et l'Amour nous illumine, puis selon la condition, la mort physique nous saisit. La femme est privilégiée, car son âme peut-être au coeur de la fleur et se blottir au coeur de Dieu. Elle va de siècle en siècle au-devant de l'Homme-Dieu qui est sa complémentarité. Telle l'a voulu l'Esprit-Saint dont elle est le prolongement. Telles nous sommes toi et moi qui ne faisons qu'une. Bientôt tu connaîtras la révélation du sommeil qui nous a envahit sous une forme inattendue pendant les longues années qui ont précédées avec d’autres, la venue de Celui qui est notre complémentarité."

Grape vine

Ses parents annoncèrent à Mickaëla la venue de George pour le sur lendemain. Les obsèques d'Augusto devaient être célébrées le jour suivant son retour. La jeune femme resta impassible, mais sa douleur se réveilla quand son père lui dit : "J'ai promis à Laura que tu irais l'aider avec ta mère pour les préparatifs. Appelle ton Ecole, si tu ne l'as déjà fait, pour te dégager quelques jours, ils comprendront." Mickaëla se demandait ce que son père voulait dire par là, car pour ses supérieurs et professeurs, Augusto n'était qu'un cousin, après tout !

Elle fit cependant, ce que son père lui recommandait. Elle téléphona également à Ghislaine, à leur domicile, pour lui indiquer son absence et lui recommander, de nouveau, la discrétion à son sujet et celui d'Augusto.

Ces deux journées passèrent comme un cauchemar, au milieu des préparatifs de la réception mortuaire et des visites diverses. Laura n'avait pas désiré que la dépouille mortelle revienne au domicile, comme si elle soupçonnait quelque chose d'anormal autour de ce décès et ne voulait pas souiller sa maison. Ses rapports avec Mickaëla semblaient tendus, mais elle accepta l'aide de sa jeune cousine sans lui faire de reproche pour être la cause de l'accident de son mari, ni lui poser de questions quant à sa présence à ses côtés.

Lors de l'arrivée de George, Mickaëla était chez ses parents. Elle fut satisfaite de ne pas avoir à entendre les explications que l'on fournirait à son cousin concernant le décès de son père. Marie avait prévu de réunir la famille chez elle le soir de son retour pour décharger Laura de ce souci. La journée des obsèques suffirait pour la veuve éprouvée, avec la venue d'une trentaine de membres des deux familles. Ils arrivèrent pour le dîner, tous frileusement groupés les uns contre les autres. Le froid glacial de l'hiver était bien là, et cela laissait augurer une cérémonie extérieure encore plus difficile le lendemain matin.

George se dirigea directement vers Mickaëla dès son entrée dans la maison de ses cousins. L'entraînant à l'écart, il lui demanda de lui raconter comment l'accident était arrivé.
La jeune femme redoutait cet interrogatoire et ne pouvait s'y soustraire. Elle ne savait, dans son propre désespoir qu'elle devait absolument cacher ou réfréner, comment retenir les larmes qui la rongeaient. Elles n'avaient pu couler depuis ce triste événement. Mickaëla avait l'impression qu'elles la corrodaient intérieurement et qu'elles surgiraient au moment le plus inopportun comme de la lave bouillante giclant d'un volcan !

Contrairement à son habituelle brusquerie, son cousin se montra très prévenant et tendre avec elle, l'entourant de son bras comme l'avait si souvent fait Augusto. Le fait de se remémorer ce geste provoqua ce qu'elle avait tant redouté, le flot de larmes refoulé héroïquement, déferla comme un torrent tumultueux, ruisselant sur son visage.

George sortit un mouchoir de sa poche épongea avec douceur les joues de sa cousine et lui répéta : " Dis-moi tout, je peux tout entendre. Je t'aime et malgré notre long éloignement, je pense toujours à toi comme à ma future épouse."

 C'en était trop pour Mickaëla ! Après les moments de bonheur éphémère qu'elle avait vécu, avant le drame, avec le père de celui qui la demandait de nouveau en mariage, entendre ce dernier se préoccuper d'elle de cette manière, la mettait dans une situation impossible à gérer, dans l'état où ses nerfs se trouvaient. Elle avait beau essayer de juguler son chagrin, ses larmes ne se tarissaient pas et la jeune femme se disait qu'elle allait attirer l'attention de tous.

George l'entraîna vers le bureau de Charles et referma la porte sur eux. Elle leva vers lui un regard reconnaissant et encore bien mouillé, mais s'arrêta de sangloter. Son cousin la fit asseoir, lui prit la main et reposa doucement la question en la formulant différemment :

- "Pourquoi mon père allait-il te chercher ? "

Mickaëla était au pied du mur et raconta la version basique de l'anniversaire de Dany. George reprit :                                      

- "Comment se fait-il qu'un homme de son âge soit invité par de très jeunes gens comme votre bande ?"                                                                                         

La jeune femme répondit en rassemblant tout son sang froid :

- "Ton père fréquentait, lors de ses passages à X, le bar où ma bande de copains et moi-même venions après nos cours. Je le leur ai présenté. Ils ont sympathisé. Parfois il nous offrait une tournée générale et restait bavarder avec nous. Dany l'a invité et comme je ne voulais pas partir aussi tôt que mes amis, Augusto m'a proposé de venir me chercher. Le reste, papa te l'a raconté, je n'ai pas vu le camion à temps ! "   

- "Oui, dit George, mais pourquoi, ce n'est pas ton genre d'être ainsi inattentive, surtout avec le métier que tu as choisi."                            
- "J'étais en retard, rétorqua Mickaëla, je suis remontée chercher le cadeau que j'avais oublié et je me suis précipitée pour traverser !"

Les réponses semblaient satisfaire George qui arrêta son interrogatoire. Il comprenait les larmes de sa cousine, traumatisée d'avoir été la cause du décès de son oncle. Cependant, les pleurs déchirants, qu'il avait entendus, lui tintaient aux oreilles comme le glas d'un amour qu'il avait escompté provoquer chez sa cousine. Il n'arrivait pas à comprendre le pourquoi de cette impression.

Ils regagnèrent le salon. Personne ne les questionna sur leur aparté. Ils passèrent à table et le dîner se passa calmement. Tous avaient les yeux plus ou moins rouges des larmes versées et l'aspect de Mickaëla était à l'unisson. La conversation roula, sur les dispositions à prendre pour l'avenir de la famille et du commerce, ainsi que sur le déroulement de la cérémonie funéraire et réception du lendemain.

George s'organisait avec son cousin Charles et Laura se reposait sur eux pour ne rien laisser au hasard. Jack et John continueraient le commerce avec leur oncle paternel et en assureraient la bonne marche qui permettait d'en tirer les revenus substantiels qui faisaient vivre habituellement la famille. Les plus jeunes continueraient leurs études. George restait en France pour honorer son contrat en cours. Il se réservait, soit de poursuivre sa voie comme actuellement, soit de réaliser le rêve de son père en achetant ou en gérant un hôtel-restaurant.

Tous étant bien fatigués, la soirée ne s'éternisa pas et chacun se coucha de bonne heure pour être courageux le lendemain.

Les larmes avaient apportée un gros soulagement à Mickaëla qui s'endormit "comme un plomb" sans rêve spécifique !

Ce mardi matin glacial et sinistre augmentait encore la tristesse de la famille réunit auprès du cercueil exposé dans la chapelle ardente de la morgue de l'hôpital. Tous ceux qui le désiraient, défilaient devant la dépouille mortelle d'Augusto, à la suite des proches. Mickaëla, encadrée par ses parents, aurait aimé échapper à cette dernière salutation. Elle avait peur de hurler en regardant son amant d'un jour et de découvrir devant tous son attachement pour lui ! Ghislaine était venue l'embrasser en lui confirmant son appuie. Laura lui avait souri tristement. George avait dû lui faire part de leur conversation et lui avait confirmé la version des faits. Cela avait sans doute calmé ses soupçons.

Marie qui sentait sa fille très déprimée, lui prit le bras pour l'entraîner près du cercueil. Elle lui murmura comme si elle aussi avait une arrière pensée : "Ton émotion est doublement compréhensible, puisque tu es sa cousine et la cause de sa mort ! " C'était retourner le couteau dans la plaie, mais cela lui permit de laisser libre cours aux larmes qui l'envahirent dès l'approche du défunt. Elle aurait aimé l'embrasser une dernière fois, mais elle n'osa pas ! L'image qu'elle emportait dans son coeur, était celle d'un sauveur aux yeux pleins de passion et sa voix prête à s'éteindre qui lui disait : "Je t'aime" dans un souffle.

Augusto avait trouvé sa résurrection dans ce don de lui, elle le savait ! Ce dernier regard vers l'être aimé fut avec la poignée de terre jetée sur le cercueil au cimetière, l'un des deux moments les plus difficiles de la journée. Elle bénit presque la marée de larmes de la veille qui lui permit de rester digne pendant la cérémonie religieuse. Laura lui paraissait impassible, si différente de ce qu'elle l'avait connue ! On aurait dit qu'elle pensait que ce n'était que justice. Mickaëla en la regardant aller et venir pour recevoir ses invités au lunch funéraire, en était effrayée.

A l'insu de cette réception, George la prit à part et lui dit :

 - "Mon père ne pouvant plus s'opposer à notre mariage, je te renouvelle ma requête. Je sais que le moment est mal choisi, mais je repars dès demain. Ma mère et ton père s'occuperont de tout, j'ai signé une procuration pour qu'ils agissent en mon lieu et place, et Jack est compétent dans son domaine au magasin. Il faisait les achats avec mon père et est au courant de tout, mon oncle l'épaulant efficacement. D'ailleurs, l'oncle Paul m'a fait remarquer que son frère s'absentait de plus en plus souvent en fin d'après-midi. Il se demande s'il n'avait pas une maîtresse à X depuis trois mois !" 

Mickaëla ne broncha pas sous l'allusion. Regardant son cousin au fond des yeux, elle répondit : "Tu sais que je désire faire l'Academy de Police, n'envisageons rien avant la fin de mes études." George se rendait compte qu'elle s'en tiendrait à cette position, il n'insista pas. La jeune femme continua d'aider sa mère et d'autres cousines de Laura et de son défunt mari, à servir les invités.

Elle poussa un soupir de soulagement quand elle put enfin regagner la demeure de ses parents. Le flot de larmes, retenu depuis la cérémonie religieuse, déferla dès qu'elle se trouva allongée sur son lit.

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La sensation d'être rigide comme un morceau de bois mort l'envahit. Ce froid de la mort qu'elle avait frôlée de si près, tomba sur ses épaules comme une chape de neige. La jeune femme sombra dans un sommeil profond où il lui semblait voguer sur un fleuve glacial.  Elle se vit au cœur d’une forêt au fin fond de la Russie, elle était un bouleau d’une bonne taille entouré de ses frères. L’on entendait au loin des bruits de scie, lesquels se rapprochaient de jour en jour, jusqu’au moment où ses frères et lui comprirent quel allait être leur sort. En effet, une équipe de bucherons abattait un immense carré de bouleaux et les préparait pour les mettre en flottaison sur le fleuve voisin. Le moment vint de la souffrance intense où la scie entama son flanc, puis la chute, le regroupement avec ses frères encerclés d’énormes cordes, puis la flottaison interminable sur le fleuve dans le froid glacial…

 

Ainsi, pour Mickaëla et Augusto, tant que leur passion était tendresse, l'Amour restait pur et louable. Parce qu'Ils avaient, l'un et l'autre, revêtus un corps humain, rien n'était plus possible, car ils n'avaient, en tant qu'homme et femme, jamais été promis de tout temps.

David et Bethsabée, de tout temps avaient été promis l'un à l'autre. Le Seigneur leur pardonna beaucoup pour cette simple raison.

Cette conclusion acheva de réveiller Mickaëla. Que lui réservait l'avenir ! Allait-elle trouver sa complémentarité ! Shekhina, Fille de Dieu, rencontrerait-elle un jour le Fils de Dieu !

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Suite

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Table des matières

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Copyright by Micheline Schneider - Karmas -Chapitre I - Extrait V - Le bouleau
« La première et merveilleuse histoire d'amour du monde ou Hologramme d’une VIE humaine par une Entité Divine »

Date de dernière mise à jour : 07/07/2020