Première partie Au delà du présent - 2032 - 2065

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CHAPITRE I - Karmas

Extrait IV - L'accident

Grape vine

Bit01z37 jeune fem fdb tMickaëla  se trouva emportée comme dans un tourbillon qui remontait le temps...

Elle se trouvait sur un mur regardant au loin une ville illuminée. Là où elle se trouvait il faisait nuit et sombre, cela ressemblait à un village de petite taille, d’où elle était elle voyait quelques maisons éclairées. Ce qui lui parut étrange, c’est qu’elle voyait très bien dans le noir, elle décida de s’approcher d’une maison et pour cela elle devait sauter au bas du mur où elle était juchée, et cela aussi ne fut pas difficile, elle se retrouva avec souplesse au bas du mur et partie dans le noir vers la maison la plus proche. Arrivant à la porte elle tendit la main, pensait-elle, mais elle constata que c’était une patte de chat qu’elle appuyait sans bruit sur cette porte. Etant un chat, elle pensa à la chatière, mais n’en trouva pas. Elle s’éloigna sur un petit chemin qui longeait la maison, entendant un chien aboyer elle courut au plus vite vers la maison la plus proche, et cette fois il y avait effectivement une chatière. Elle entra discrètement et vit un petit panier au coin de la cheminée, elle s’y blottit et attendit se qui allait se passer. Bientôt une femme de forte corpulence s’avança dans la pièce et vint s’assoir dans le fauteuil près de la cheminée, apercevant « Mickaëla la chatte » elle s’exclama : « A te voilà petite coureuse, je me faisais du souci, il y des loups dans le coin ces temps-ci, le chien du voisin aboie de crainte sans arrêt » Elle caressa la petite chatte qui se sentit toute ragaillardie et miaula de plaisir.  Tu dois avoir faim dit sa maîtresse, viens dans la cuisine je vais te donner ta pâtée ». Ce qui fut dit fut fait, et, son délicieux repas ingurgité « Michaëla la chatte » retourna se coucher dans son panier près du feu.

Soudain la maison trembla de toute part, un violent orage s‘abattit sur la région, le tonnerre grondait fort et sa maîtresse et elle-mêImages chatme n’en menaient pas large .Le bruit se rapprochait, et les éclaires fulminaient, le grondement devint de plus en plus rapproché, la petite chatte blottie contre sa maîtresse tressaillait à chaque nouveau coup et éclaire. Brusquement la tourmente augmenta et la foudre tomba sur la maisonnette, la chatte sauta au sol et se mit à courir de toutes ses forces. Elle ne put constater que sa maîtresse avait été foudroyée et gisait sur le sol. La petite chatte

courut, courut, affolée et entendit tout à coup le bruit d’une rapide poursuite, puis le hurlement des loups effrayés, mais qui l’avaient aperçue et s’élançaient à ses trousse espérant un bon repas. « Mickaëla la chatte » courut ainsi jusqu’au bout de la nuit, et tomba épuisée et sans défense au levé du jour. La troupe de loup n’en firent qu’une bouchée.

 

Grape vine

Lorsqu'elle se réveilla, Mickaëla se dit que ces rêves lui apportaient la certitude que Dieu attendait d'elle qu'elle poursuive une mission et qu'elle la mène définitivement à bien. Il lui semblait ressentir que, par rapport au passé, il y avait une limite indépassable et que la pression répétée des rêves, qu'elle constatait de plus en plus rapprochés, avait la signification qu'elle allait aborder une phase décisive pour elle-même, qu'elle se trouverait dans l'obligation de dire oui ou non à jamais ! Elle décida de surseoir au tête-à-tête avec Augusto.

Augusto, bien qu'il ait demandé la veille un entretien à Mickaëla, se réveilla avec la ferme volonté de ne pas la rencontrer pendant quelque temps. Lorsqu'il plongeait en lui-même, il était obligé de se rendre compte qu'il avait beaucoup changé depuis qu'il s'était épris de la jeune fille. Il pensait qu'il était nécessaire de prendre un certain recul pour bien juger la situation dans laquelle il se trouvait. Jamais il n'avait, au paravent, songé à quitter Laura et sa famille, et maintenant, il comprenait qu'il était prêt à le faire si Mickaëla répondait à son amour. C'était grave, il le savait ! Curieusement, il ressentait ces sentiments nouveaux pour lui, comme une vocation d'Amour ! Une sorte de sublimation ! Il se traitait de fou, d'inconscient, mais au contraire c'était comme un appel à la Vie !

La décision prise par chacun d'eux allait dans le même sens et l'absence d'Augusto, au bar, le soir suivant, ne gêna pas Mickaëla, et au contraire la soulagea, quand elle la constata, malgré tout, le soir suivant ! Ghislaine lui en fit la remarque le troisième soir et le quatrième, lui demanda s'il s'était passé quelque chose qui lui aurait déplu lors de leur récente soirée !

La jeune fille avait bien envie de saisir cette occasion pour faire des confidences à son amie, mais au moment où celle-ci la questionnait, les garçons du groupe étaient trop proches. Ensuite, le soir, chez elles, elle aurait aimé réanimer le sujet, mais Ghislaine lui dit qu'elle avait prévu de sortir avec Bob et de le ramener ensuite, si Mickaëla n'y voyait pas d'inconvénient. Pressée de se préparer, elle s'enferma pour se doucher et se faire belle.

Mickaëla renonça à s'épancher ce soir-là, espérant pouvoir le faire le lendemain, car son secret lui pesait. Toutefois, elle avait conscience qu'elle pouvait, à la rigueur, parler d'Augusto mais pas de la Shekhina !

Après un repas rapide, elle travailla assez tardivement sur ses cours. Elle se surprit, plusieurs fois, l'oreille aux aguets, comme dans l'attente inconsciente d'un appel téléphonique qui ne vint pas. Lorsqu'elle s'allongea, elle était fatiguée par sa veille studieuse et s'endormit dans les secondes où elle posait la tête sur l'oreiller.

Grape vine

Img42La vision fut immédiate. La Shekhina était présente à ses côtés. « Ton rêve de la nuit dernière, dit cette dernière, t’a attristé et effrayé, on le serait à moins. La vie, la mort, ce n’est qu’une illusion dans ce monde du temps, un jour viendra ou tu comprendras mieux tout cela. Accepte ce qu’il t’arrivera au fil des jours à venir, cela a un sens qui t’échappe maintenant, l’heure viendra où tous comprendront. Tu as vécu ces karmas et dans un temps plus lointain tu as vécu ce qui suit.

C'est pour moi que fut écrit le "Cantique des Cantiques "Ma Présence se retrouve auprès des femmes et des hommes que le Père missionna aux cours des siècles.

Ainsi, j’étais aux côtés de Sarah et d'Abraham, les deux premiers êtres sur la Terre à dialoguer comme femme et homme, comme épouse et époux. Lesquels, par Ma présence attentive furent aidés à devenir un couple authentique, les parents de l'humanité. Sarah et la Shekhina ne faisaient qu'une à ce moment de l'histoire de l'humanité renaissant à la vie divine à acquérir.

Il faut savoir que je n'apparais que là où se trouvent mâle et femelle unis. Du temps des patriarches, il existe une monogamie malgré les apparences du récit biblique. J'ai parlé d'Abraham et de Sarah, l'émergence de ce couple, comme signification de la Création et couple humain créé à l'image de Dieu est l'expression même de Sa mission. Un texte juif, le Zohar, indique que "les relations des patriarches avec leurs femmes étaient régies par un mystère suprême. "Je suis à la base de ce mystère, présent dans ces unions."

Le temps et l'espace sont constamment débordés par ce quelque chose d'inassignable qui est l'Amour de Dieu, réfracté dans l'union de l'homme et de la femme.

Il est parfois des actes inattendus qui sont nécessaires ainsi qu'il en fut au temps de Jacob et de ses fils : "Si je m'étais associée aux chefs des tribus malgré leur acte injuste, c'est que cet acte était nécessaire pour l'ordre d'en haut comme pour l'ordre d'en bas (I, 183b)." Ce que dira, expressément, Joseph à la période de la réparation et du pardon. Précédemment, j’étais avec Rébecca, épouse d'Isaac, afin que Jacob soit béni par son père et non Esaü (références à "La poétique du Zohar" et au "Cantique des cantiques").

Semblable à une colonne de feu je précédai les Hébreux lors du passage de la Mer Rouge. Puis les conduisit à travers le désert, ne les abandonnant pas malgré leurs vicissitudes.

Mon visage est aussi celui de Myriam de Magdala :

Concernant Marie-Madeleine, il n'était pas question de savoir si Yeshoua était marié ou non (au sens où nous l'entendons aujourd'hui) avec elle. Quel intérêt ? La question était de savoir si Yeshoua était réellement humain, d'une humanité sexuée, normale, capable d'intimité et de préférence ? Car il était venu sauver ce monde et selon l'adage des anciens :

"Tout ce qui n'est pas assumé n'est pas sauvé."

N'oublie pas, je me suis, incarnée diversement en des femmes qui portèrent la mission divine humblement et efficacement, La Shekhina est la complémentarité du Fils de Dieu, promis l'un à l'autre depuis la nuit des temps. Ainsi, Marie-Madeleine et moi ne faisant qu'une, l'Oint sacré retrouvant sa parfaite complémentarité ne faisait, en ce bref séjour terrestre, qu'être à elle réuni. Quoi de plus naturel et symbolique pour l'Homme qui sait ouvrir les yeux. Cessez de croire que le Christ n'a pas assumé sa sexualité, car elle ne serait pas sauvée. Elle serait jugée mauvaise et l'assumer deviendrait dégradant et cela nous culpabiliserait ! Non, l'instrument co-créateur de la vie qui nous fait exister en relation et à l'image et à la ressemblance de Dieu, n'est pas l'instrument de mort en lequel le transforme cette culpabilité présumée.

Grape vine

Toutes ces évocations bibliques, bien qu'incomplètes pour le lecteur, n'étaient pour l'endormie que des rappels connus, puisqu'elle était celle qui relatait les faits, en même temps que celle qui les avait vécus.

Ce matin-là, au réveil, Mickaëla se souvenait de son rêve et de tous les à côtés complémentaires des situations exposées. Dans son enfance et même encore récemment, elle relisait la Bible et le Nouveau Testament. Elle ne pratiquait pas assidûment comme ses parents, tout du moins, lorsqu'elle n'était pas chez eux.

Cependant, sa foi était celle de sa famille, catholique, mais ouverte à toutes les religions, en ce qui la concernait personnellement.

Cette remémoration ne lui apportait toujours pas, une fois éveillée, la clef du mystère de cette mission dont elle percevait, néanmoins, le fil ténu, depuis que ces songes habitaient certaines de ses nuits. La jeune fille sentait bien qu'elle n'était pas au bout de ces révélations. Elle attendait et appréhendait un peu les nuits suivantes qui sans doute la mèneraient à une connaissance plus précise de ce qui lui serait demandé !

La journée s'écoula rapidement. Prise entre les exercices d'entraînement divers, physiques et tir, ainsi que les cours, Mickaëla n'eut pas le loisir de penser à ses songes, ni à Augusto. Lequel ne vint d'ailleurs pas plus la rejoindre à leur lieu de rendez-vous habituel que les soirs précédents !

La jeune fille commençait à s'inquiéter, se demandant s'il ne lui était rien arrivé de fâcheux. Elle pensait que si cela avait été le cas, ses parents l'auraient prévenue, bien qu'ils ne connaissent pas leurs relations suivies.

C'était le cinquième soir depuis leur dernière rencontre et malgré elle, Mickaëla, n'arrêtait pas de penser à l'absence d'Augusto. Elle se promit de l'appeler à son magasin le lendemain, s'il ne lui donnait pas signe de vie le soir même. Elle ne se rendait pas chez ses parents le week-end à venir, étant invitée chez les parents de Ghislaine et de Dany pour l'anniversaire de ce dernier.

Augusto, fidèle à la promesse qu'il s'était fait ne téléphona pas. Mickaëla se sentait soudainement triste et cette expression n'échappa pas à Ghislaine qui lui dit : "Tu ne vas pas tirer ce visage lugubre pour l'anniversaire de Dany. Qu'as-tu ? Ne serais-tu pas amoureuse de ton bel oncle qui nous laisse tomber ?"

Le coup d'œil à la fois rageur et désolé de son amie fit rire la jeune fille qui s'écria : "J'ai mis dans le mille, dirait-on !" Voyant le haussement d'épaule dépité de Mickaëla, elle poursuivit l'air curieux et intéressé mais compréhensif : "Raconte, je vois bien que tu es soucieuse !"

Pendant que Ghislaine parlait, Mickaëla sentait les larmes lui monter aux yeux et elle s'abattit le visage ruisselant sur l'épaule accueillante de son amie. "Je ne sais pas ce qui m'arrive, dit-elle, je ne peux continuer à le considérer comme un oncle, enfin se reprit-elle, comme un cousin par alliance. Je suis troublée par sa présence physique, heureuse de sa gentillesse à mon égard et malheureuse de son absence depuis cinq jours ! Qu'en penses-tu ?"

Ghislaine hocha la tête d'un air entendu, lui tapota l'épaule et lui tendit un mouchoir.
- "Je crois que je m'étais rendue compte d'une anomalie dans vos relations lors de notre récente soirée, mais j'étais moi-même si préoccupée par mes amours avec Bob que je n'ai même pas approfondit mon impression !
- Alors ! Qu'en dis-tu, insistait Mickaëla, heureuse malgré tout de pouvoir aborder son problème avec sa confidente ?                     .
- Je ne sais que penser, rétorqua Ghislaine, c'est vrai qu'il a l'air aux petits soins pour toi, mais il est toujours d'une telle correction, qu'on ne croirait jamais à la réputation que lui fait sa femme ! Que te dit-il ?                       .
- Il m'a dit par trois fois qu'il m'aimait, l'autre soir, qu'il désirait un entretien avec moi. Il a même rappelé après son départ pour me dire son troisième "je t'aime" et m'a raccroché précipitamment au nez, avant même que je n'ai pu lui répondre, après m'avoir demandé si moi aussi, je l'aimais ! Je n'y comprends rien, depuis, il est silencieux !                   .
- Peut-être a-t-il réalisé votre différence d'âge, les liens familiaux, qu'il était marié, père de famille, que son propre fils t'avait demandé en mariage ! Que sais-je ! Il a dû se donner un temps de réflexion, selon la profondeur de ses sentiments, pour pouvoir faire le point. Votre situation n'est pas simple ! Et toi, l'aimes-tu ?                                   .
Elle avait relevé le visage tuméfié par les larmes que Mickaëla cachait, en sanglotant encore, contre son épaule et regardait cette dernière dans les yeux.
- Arrives-tu, toi-même, à bien faire le tour de tes sentiments, de ce que tu ressens en profondeur ?

Mickaëla s'arrêta de sangloter, s'essuya les yeux, se moucha bruyamment et regardant son amie d'un air de chien battu, chercha à exprimer son dénuement.
- Ce que j'éprouve n'a rien de comparable avec les sentiments que j'avais pour Jean-Jacques, dit-elle, j'étais plus jeune, alors j'idéalisais par rapport au métier que nous voulions faire l'un et l'autre. Je n'avais pas avec Jean-Jacques cette impression de protection religieusement tendre et chaleureuse dont je me sens entourée par Augusto. Je ne ressentais pas à son contact le trouble dont mon corps est emparé lorsque ce dernier me touche. Nous nous embrassions, mais c'était franc, sans détour, presque enfantin quand j'y songe ! Augusto a effleuré mes lèvres, l'autre soir, presque avec dévotion ! Il m'a embrassé amoureusement, le cou, les épaules et j'étais aux abois et aux anges à la fois, n'osant pas bouger de crainte qu'il ne s'arrête ! ... Pourtant, j'avais cette peur de vous voir arriver dans la cuisine qui me tenaillait, et, lorsque vous êtes effectivement apparues, Julia et toi, j'ai joué le jeu, comme si de rien n'était et lui s'est éclipsé discrètement. Nous n'avons pas dit un mot, mais nous étions si bien !

Lorsqu'il m'a presque forcée à danser, ensuite, j'étais hésitante et gênée, bien que vos deux couples n'aient guère été préoccupés de nous ! Cependant, troublée par ses déclarations, son contact, je ne savais plus quelle attitude avoir avec lui et je me suis empressée de la mettre à la porte, dès que votre présence ne me protégeait plus. Ces cinq jours m'ont paru interminables sans lui, d'autant qu'en me quittant, il m'avait demandé cet entretien ! Quelle est la raison de son silence, à ton avis ?

Ghislaine ne trouvait pas d'autres réponses que celles déjà énoncées. Elle essaya de calmer son amie lui conseillant d'appeler Augusto à son magasin le lendemain matin, avant qu'ils ne partent tous ensemble pour l'anniversaire de Dany chez ses parents.

Mickaëla passa une nuit agitée, mais sans rêve onirique. Au matin, en préparant le petit déjeuner pour son amie et elle-même, elle mit de l'ordre dans ses idées et décida ne pas appeler Augusto, mais de téléphoner à ses parents, comme elle le faisait lorsqu'elle ne venait pas les voir en fin de semaine. Elle leur demanderait des nouvelles de toute la famille et si quelque chose d'anormal s'était passé, elle le saurait, à coup sûr. Ghislaine, mise au courant lui répondit : "A moins qu'il ne soit malade ou accidenté peu gravement, tes parents ne pourront rien te dire de plus. Tu ne sauras rien de ses états d'âme et de coeur ! " "C'est vrai, rétorquait Mickaëla, mais je ne veux pas non plus lui donner l'impression de lui courir après ! Ce en quoi, Ghislaine reconnut qu'elle n'avait pas tort. Elles se préparèrent donc. Dany et Julia devaient passer les prendre en voiture.

Dix minutes avant leur départ, la jeune fille, suivant son idée, téléphona à ses parents, mais n'en apprit rien. Au moment même où elle raccrochait, l'appareil tinta aussitôt. Pensant à un retard possible de Dany, elle décrocha en lançant un : "Hello ! Que t'arrive-t-il ? " Sans même attendre d'entendre une voix. Ce ne fut pas celle de Dany qu'elle ouï, mais celle grave et chaude de celui auquel elle pensait tant. "Mickaëla, lui dit cette voix, je pensais pouvoir vivre sans te voir, je ne le peux, et toi ? " Le ton avait baissé au point de devenir presque inaudible et c'est également dans un murmure qu'elle répondit : "Moi non plus ! "

Il y eut comme un éclat de rire heureux à l'autre bout du fil et puis il lui dit : "Attends-moi, j'arrive ! " Il raccrocha, avant même que la jeune fille n'ait eu le temps de lui préciser qu'elle partait chez les parents de Ghislaine. Cette dernière avertie, lui dit : "Colle un mot à la porte, si Dany arrive avant lui et donne-lui l'adresse de mes parents, qu'il nous rejoigne ! " Mickaëla ne se le fit pas dire deux fois, et griffonna un billet qu'elle fixa sur la porte, car elle avait entendu le coup de klaxon vigoureux de Dany qui les appelait à descendre. Elles prirent leur léger bagage et les paquets cadeaux et descendirent joyeusement l'escalier.

Soudain, arrivant au bas de l'immeuble, Mickaëla s'arrêta retenant Ghislaine par le bras.

- S'il n'osait pas venir chez tes parents, dit-elle, en parlant d'Augusto ! Il pourrait se dire que ces derniers ne comprendraient pas qu'il me poursuive jusque chez eux. Il est considéré comme "un oncle" par eux et nous avons vingt-six ans d'écart, ils savent bien qu'il est marié ! Il est préférable que je reste l'attendre. Il me déposera discrètement dans l'après-midi, la fête n'a lieu que ce soir. Qu'en penses-tu ? Tu expliqueras à ton frère qu'une obligation me retient quelques heures !

Ghislaine n'était pas ravie à l'idée de devoir raconter une histoire à Dany. D'autant que ce dernier, garé de l'autre côté de la rue, les avait vues sur le point de sortir de l'immeuble et leur faisait signe de se presser. De plus, le bagage à la main, Mickaëla donnait bien l'impression d'être en partance ! ... Voyant le regard suppliant de son amie et connaissant son dilemme, elle acquiesça cependant à son désir de rester et lui répondit :

- Ne t'inquiète pas, je vais arranger les choses, mais viens comme tu la promis !
- Oui, je te le promets !  S'empressa de rétorquer Mickaëla, qui cette fois-ci, prit l'ascenseur pour remonter les trois étages menant à leur appartement.

Ses amis partirent rapidement. Dès qu'elle constata que la voiture avait traversé le carrefour tout proche, elle ouvrit la fenêtre de sa chambre pour guetter la venue d'Augusto. Elle savait qu'il se passerait dans doute, trois quarts d'heure, peut-être même une heure avant qu'il n'arrive ! Son impatience la faisait braver le froid déjà pénétrant de l'hiver tout proche. Elle se dit que cette fraîcheur l'aiderait à mettre de l'ordre dans ses pensées qui devenaient de plus en plus tumultueuses, depuis qu'elle connaissait la venue imminente d'Augusto.

Elle essayait d'analyser ses sentiments en fonction de l'émotion intense que lui procurait la seule pensée de l'arrivée d'Augusto. Toute cette semaine passée, la jeune fille était lucide qu'elle avait plus ou moins attendue, la minute où il l'appellerait enfin ! Elle n'avait pas voulu mettre de nom à cette attente, mais elle était obligée de convenir que cela ressemblait fort à de l'Amour ! Mickaëla était consciente du trouble physique ressenti dès que son parent l'approchait. Cependant, il y avait autre chose de plus profond qui s'était noué entre eux ! Un mélange de confiance et de sécurité, se disait-elle, comme lorsque Augusto l'avait sauvée de la brutalité de George. Egalement la sensation d'être, tout simplement bien et détendue, lorsqu'il l'avait ensuite entourée de ses bras et bu les larmes qui roulaient sur ses joues encore brûlantes des gifles reçues. Peut-être était-ce à cause de la différence d'âge, qui semblait les séparer, qu'elle éprouvait cette sensation de sécurité dans ses bras ! Pourtant une tendresse et une impression de bonheur ineffable la prenaient totalement rien qu'en y repensant. Bien qu'aimant son père, elle se disait n'avoir jamais rien ressentit de tel à son égard !

Délaissant la fenêtre, car décidément, il faisait trop froid malgré le pâle rayon de soleil qui tentait de pénétrer dans la pièce, heureusement bien chauffée, elle regagna la salle de douches pour s'observer attentivement dans le miroir.

Bit01z37 jeune fem fdb tSa longue chevelure blonde répandue sur ses épaules et le vêtement du ton bleu vert de ses yeux, lui donnait l'air d'un ange ! Elle pensa soudain à la Shekhina et se demanda, si au cours de ses passages dans le temps, elle avait toujours le même aspect physique. Ce retour vers l'ésotérique l'amenait à désirer poser des questions à l'interlocutrice de ses songes et se demandait si cela était possible.

Contemplant avec complaisance son reflet, elle se dit, Augusto me trouvera-t-il belle ainsi. Ses pensées, de nouveau envahies par l'image de son "oncle", la portèrent à regarder l'heure et à courir vers la fenêtre avec espoir ! Toujours rien ! Il était encore trop tôt, sans doute, elle ne savait pas d'où il venait ! Retourner tout cela dans sa tête ne l'a menait à rien ! Que lui dirait-elle, qu'elle l'aimait aussi, que cet amour était impossible ! Non l'âge n'y était pour rien, elle sentait bien que cela n'avait pas d'importance, mais il était marié, avait famille, enfants et de plus Laura était son amie et sa parente.

La jeune fille répugnait à causer de la peine à sa cousine qui avait si bien su l'aider, lors du départ de Jean-Jacques, surtout quand elle avait eu la certitude qu'il ne reviendrait jamais de France. Elle était là, à attendre Augusto avec impatience et fièvre, pour lui dire, non ! Non, ce n'était pas possible, elle ne pouvait le rejeter ainsi ! Elle jugeait, tout à coup, qu'elle aurait mieux fait de partir, sans laisser de mot pour la joindre. Le week-end leur aurait donné un temps prolongé de réflexion ! Mickaëla pensa appeler un taxi et partir vite, avant l'arrivée d'Augusto pour rejoindre ses amis. Elle se pencha une dernière fois à la fenêtre avant de se saisir du téléphone et aperçut la voiture de son "oncle" garée quelques mètres plus loin. Il n'allait pas tarder à sonner à la porte. Il était trop tard maintenant pour reculer, elle avait trop tergiversé, il fallait faire face.

Il y eut deux brefs coups de sonnettes qui tintèrent comme un chant de victoire ! Mickaëla marqua un temps d'arrêt tant son coeur battait la chamade !

Elle s'approcha de la porte et écouta le souffle d'Augusto qui, selon son habitude sportive, avait monté quatre à quatre les trois étages. Le front posé contre la porte, elle priait :                                                          .
-"Shekhina, si tu es en moi, guide mes réponses et qu'elles soient conformes au désir divin. Ce faisant elle venait d'accepter la mission ... "             
La jeune fille ouvrit la porte, s'effaçant pour laisser rentrer l'homme. Puis, elle la referma et se dirigea vers le séjour. Ses pas la conduisaient près de la baie vitrée qui éclairait agréablement la pièce d'un rayon de soleil un peu plus intense maintenant.

Augusto l'avait suivie, ils se tenaient face à face ! Leurs regards perdus l'un en l'autre, ils se considérèrent un long moment en silence. Dans les yeux d'Augusto, Mickaëla pouvait lire une adoration sans borne et une attente réciproque ! Augusto regardait la jeune fille et son sentiment était partagé entre le désir de la prendre contre lui et le curieux désir de s'agenouiller ! Il était désorienté par ses propres réactions depuis qu'il aimait Mickaëla et ne savait plus quelle attitude adopter à son égard ! S'il interprétait le regard de sa jeune cousine, il y lisait la même fièvre qui le dévorait lui-même ! Cependant, sa réserve apparente, arrêtait son élan vers elle. Le temps qui s'écoulait dans le silence, seulement troublé par de rares passages de véhicules, parut à la fois, interminable et merveilleux à l'amoureux, heureux d'être là, près d'elle, après cette séparation qu'il avait voulue !

L'intensité du regard de Mickaëla fut soudain voilée par un rideau de larmes. Augusto fit un pas en avant, tendant les bras. Elle s'y jeta, telle une naufragée trouvant enfin le refuge espéré. Se blottissant contre lui, la jeune fille sanglotait par petits à coups entrecoupés de gros soupirs qui semblaient désespérés ! Augusto s'inquiéta tout haut et parlant enfin, lui dit : "Qu'as-tu, tu ne désirais pas me voir. J'avais cru comprendre que, oui ? " Elle hochait la tête affirmativement, toujours lovée dans son giron. Il prit son visage entre ses mains et se penchant vers elle d'un geste tendre et presque religieusement, il but ses larmes pour les assécher. Mickaëla retrouvait là, l'un des premiers mouvements de protection amoureuse, qu'il avait eu pour elle et se sentit fondre de bonheur. Toutes ses bonnes résolutions partaient à vau-l'eau et lorsque les lèvres de l'homme prirent les siennes, elle lui rendit avec la même passion son baiser. Ils restèrent ainsi, étroitement enlacés, leurs lèvres échangeant avec ferveur les baisers si longtemps refoulés.

Quand ils reprirent leur souffle, l'un et l'autre guettaient celui qui allait parler le premier. Augusto avait déjà avoué son amour et il aurait aimé entendre la jeune fille lui dire le sien. Une certaine pudeur semblait bloquer sa parole, alors que les baisers l'avaient surmontée ! L'entraînant vers le canapé, ils s'y assirent tous les deux. Enveloppant de son bras ses épaules, il l'a cala contre lui en la berçant et lui dit :                                                   .
- N'as-tu rien à me dire ?                                    .                        
- Que n'ai-je de plus à te dire que mes baisers ne l'aient déjà proclamé, répliqua-t-elle, ayant retrouvé son calme !

Augusto leva le visage de la jeune fille vers lui, plongea ses yeux dans les siens et l'observant attentivement lui dit :
- "Je t'aime, sais-tu ce que cela implique pour moi, et toi-même, que veux-tu faire ? "

Mickaëla dégagea son visage et se redressa, s'adossant au canapé, lui jetant tout à trac, ce qui lui avait traversé l'esprit quand elle l'attendait ! Elle n'avait pas repris son souffle pendant toute sa tirade. Quand elle s'arrêta, elle le regarda l'air inquiet, parce qu'il n'avait pas fait mine de l'arrêter un seul instant. Il lui sourit, comme il savait si bien le faire, avec chaleur et tendresse, lui prit la main et lui répondit :

" Toutes les questions que tu te poses, je me les suis posées pendant cette semaine. Cela fait même des mois qu'elles tournent en moi ! J'ai beau me dire que je dois te laisser en paix et que je dois me tourner vers ma vie familiale, je ne peux me passer de te voir. Tu as pu constater depuis ta rentrée à l'Academy de Police, que j'étais le plus souvent possible présent à vos rencontres du soir. Toujours discrètement, sans t'importuner, ni te provoquer. Il a fallu l'invitation de la semaine dernière et le contact de ton corps pour me rendre assez fou pour te dire l'amour pour toi qui me ronge. Je suis prêt à tout quitter pour toi, foyer, enfants, changer d'activité, partir au loin avec toi ! Je sais, ce n'est pas moral, je vois bien que c'est cela qui t'arrête. Que me suggères-tu. Que désires-tu toi-même ? "

Mickaëla le regardait avec une ferveur qui répondait pour elle. Cependant, elle murmura :                                     .
- "Je crois qu'il faut que nous ayons le courage de nous quitter, mais j'aimerais être une fois, totalement à toi. Je pressens que ce qui existe entre nous, va au-delà de l'attirance de nos corps.                                     .
Il me semble que pour avoir le courage de continuer l'un sans l'autre, cette communion de tout notre être est nécessaire. Non pour éteindre le feu mais pour sublimer le sacrifice de notre bonheur impossible ! "

Augusto la regardait avec passion ! Il comprenait ce qu'elle voulait dire. Il s'était fait lui-même cette concession, au moins une fois ! Ce sublime échange lui parais-sait vital, bizarrement, comme l'on boirait un filtre de mort pour cette Terre avec l'espoir d'éternité !

Leurs lèvres se joignirent de nouveau, puis, se détachant d'elle un instant, il assura :
- "Je ferai comme tu le voudras !"
Ce commun accord étant résolu, rien ne pouvait arrêter leur passion et ils y lais-sèrent ardemment cours jusqu'à une heure avancée de l'après-midi.

Se souvenant soudainement de la promesse faite à Ghislaine, Mickaëla demanda à son amant d'un seul jour, s'il voulait bien la déposer chez les parents de son amie. Augusto accepta et ayant amoureusement pris une douche en commun, ils s'apprêtèrent pour partir.

Pendant que Mickaëla met un peu d'ordre dans la pièce bouleversée par leurs ébats, Augusto la précède pour avancer sa voiture. Dès son rangement hâtif terminé, la jeune femme empoigne son sac de voyage et le cadeau pour Dany, puis descend les trois étages pour rejoindre Augusto .                    .
Elle constate qu'il s'est garé le long du trottoir d'en face et qu'il l'attend appuyé contre son véhicule. Il lui fait un petit signe affectueux de la main. Sans hésitation et sans regarder ni à droite, ni à gauche, elle se précipite vers celui qui vient de lui révéler l'amour avec une telle passion, mêlée de tant de tendresse et de douceur, qu'elle en est encore éblouie et bouleversée ! Augusto, qui de l'endroit où il est placé, peut observer le trafic du carrefour voisin, voit un gros camion de déménagement traverser l'embranchement et venir dans leur direction sans ralentir puisqu'il n'a pas été arrêté par le feu rouge. La jeune femme s'est déjà élancée en avant et elle ne pourra s'arrêter ! Alors, Augusto n'écoutant que son amour pour elle, se projette sur elle la repoussant violemment en arrière. Mickaëla tombe à la renverse et échappe ainsi au camion ! ...

Dans le même temps, un crissement de pneus, un heurt, un cri, des fenêtres qui s'ouvrent, une rumeur !

Le véhicule qui n'a pu freiner à temps, pris au dépourvu, a propulsé le corps de l'homme heurté de plein fouet de quelques mètres. Augusto est étendu sur le dos sur la chaussée quand Mickaëla étourdie se relève à l'aide de voisins accourus pour la soutenir. Elle se précipite hors de leurs mains et court en direction d'Augusto, se jette sur son corps qui paraît sans vie.

Elle l'appelle, le supplie ! Il entre ouvre les yeux, la regarde comme avec son âme, lui murmure :
- "Je t'aime" et s'évanouit, du moins la jeune femme le pense-t-elle !

Les secours arrivent, des infirmiers la relèvent, l'écartent, auscultent le corps, font signe qu'il n'y a plus rien à faire ! Mickaëla s'évanouit, l'ambulance l'emporte avec Augusto. Une infirmière la ranime et lui pose quelques questions auxquelles elle répond comme un automate. Ce corps, là, tout proche, c'est celui de l'homme qu'elle aime, auquel elle vient de se donner pour la première et dernière fois. Elle se sent désespérée d'être la cause de sa mort. Elle se dit, ma réponse n'a pas dû être conforme au désir divin et nous avons été punis l'un par l'autre. J'aurais refusé tout acte physique en rejetant l'amour d'Augusto, ce dernier serait toujours en vie. C'est affreux ! Ma vie ne suffira pas pour me faire pardonner. Elle sombre de nouveau dans une sorte de néant duquel l'infirmière ne semble pas trouver nécessaire de la sortir, supposant peut-être qu'elle s'est endormie.

Lorsqu'elle s'éveille de cette torpeur qui s'était effectivement transformée en sommeil lourd et agité, sa famille l'entoure. Sa mère est assise près d'elle et lui tient la main. Ses yeux questionnent, mais elle garde le silence comme si elle pressentait un secret à ne dire qu'entre mère et fille ! Son père n'est pas loin, en effet, et Mickaëla serre la main maternelle, incline la tête sur le côté et se sent envahit par une nouvelle léthargie. L'infirmière a dû lui faire une piqûre calmante après les examens d'usage qu'elle se souvient vaguement d'avoir subis à son arrivée à l'hôpital.

Mickaëla est maintenant bien réveillée et au fait de la cruelle réalité. Marie est toujours à ses côtés et lui conseille de se lever pour rentrer avec elle à la maison, puisqu'elle ne semble n'avoir qu'un bleu au haut de l'épaule qui aurait cognée contre un pare choc de moto lors de sa chute. Sa tête ayant été heureusement protégée par son sac tombé avant elle au sol.

Juste avant leur départ son père arrive dans la chambre, accompagné d'un collègue. Voyant Mickaël sur pieds ils lui demandent quelques renseignements sur l'accident survenu à son oncle. Mickaëla se décide rapidement à donner les explications qui paraîtront les plus plausibles et escompte que Ghislaine dira la même chose qu'elle-même à sa famille : "Augusto était invité à l'anniversaire de Dany, le frère de son amie, et il s'était proposé pour l'emmener à cette fête. Ayant oublié le cadeau pour Dany, elle était remontée le chercher pendant qu'Augusto avançait sa voiture garée plus loin. Elle s'était précipitée pour le rejoindre de l'autre côté de la rue, sans regarder le trafique urbain et lui conscient de son erreur, s'était élancé au-devant d'elle pour la protéger."

Le policier, ami de son père, n'insista pas davantage sur sa version des faits. Il n'était concerné que par l'accident lui-même. Charles, par contre, se promit d'approfondir les raisons de la présence de son cousin à une fête d'amis de sa fille, beaucoup plus jeunes que lui-même. Marie avait la même idée en tête, mais elle fit signe à son époux que ce n'était pas le moment d'en parler.

Ils ramenèrent Mickaëla chez eux, voyant combien elle était traumatisée par la mort d'Augusto. En sortant de l'hôpital, ils se trouvèrent en présence de Laura qui revenait de la morgue accompagnée par Jack et John. Mickaël, le plus jeune de ses fils, était resté garder Mia à la maison. Charles déposa sa femme et sa fille à la porte de leur demeure, et se rendit chez sa cousine pour s'occuper avec elle des diverses formalités et prévenir George.

Marie mit à profit son absence pour interroger sa fille avec le plus de doigté possible, sentant qu'elle risquait une découverte surprenante.

Mickaëla aurait bien aimé se confier à sa mère, son désespoir était si grand, mais elle n'osait le faire et en resta à la version qu'elle avait déjà donnée. Elle assura sa mère qu'elle allait se reposer et convainquit cette dernière que sa présence serait précieuse pour Laura. Marie un peu rassurée, acquiesça et rejoignit Charles auprès de sa cousine.

La jeune femme désirait être seule pour téléphoner à Ghislaine, afin que celle-ci précise la même chose qu'elle-même, concernant la présence d'Augusto venu la chercher à leur appartement.

Lorsqu'elle joignit son amie, Ghislaine, avant même qu'elle eut le temps de prononcer le moindre mot, commença par la traiter de lâcheuse et murmura quelques sous-entendus ! ... La voix brisée de Mickaëla l'arrêta net lorsqu'elle lui annonça sobrement :  

- "Augusto est mort. Il a été accidenté au bas de notre immeuble ! "
Son exclamation horrifiée interrompit un instant son amie qui reprit cependant d'une voix monocorde :

 - "J'ai besoin de toi, Ghislaine, il faut que tu dises qu'il était invité et venait me chercher, parce que c'est ce que j'ai dit. Je ne veux pas alarmer Laura et mes parents avec des soupçons qui maintenant ne mèneraient qu'à plus de chagrin pour tous.

Comprends-tu, es-tu d'accord ? "                         .                                         

Ghislaine comprenait très bien et lui répondit :                  .
- "Ne crains rien, je dirais comme toi et éventuellement Dany et Julia aussi. Tu m'expliqueras plus tard."

Un peu rassérénée pour sa famille, Mickaëla sentit, cependant, une immense détresse s'emparer d'elle quant à sa propre position et à la perte de l'être cher qu'elle venait de subir. Si elle épiloguait sur cette journée, elle se voyait passer alternativement, de l'attente craintive à la joie, du renoncement pour l'avenir à l'extase du moment, de l'horreur de la séparation pour la vie à un avenir vague et dont elle ignorait les surprises.

Pour l'instant, et bien qu'elle n'ait rien mangé depuis le matin, elle n'éprouvait qu'une grande fatigue, mêlée d'un désespoir profond. Un besoin impulsif de se tourner vers Celle qui la visitait en songe et de lui confier sa vie, s'emparait d'elle !

Ses parents n'étaient pas rentrés de chez Laura. Mickaëla gagna sa chambre et se coucha tout habillée sur son lit. Le sommeil la prit presque aussitôt.

Grape vine

Images ose meilland bisLe rêve la submergea comme une vague, lui apportant une bouffée d'air parfumé. Elle se trouvait dans un merveilleux jardin à Ispahan, entourée de feuillage avec pour voisinage ses sœurs les roses jaune pâle rosée, pour l’heure un simple petit bouton de rose qui attendait d’éclore pour montrer toute sa beauté. Admirant tout ce qui l’environnait, elle vit soudain, se dirigeant vers le buisson où elle se nichait, un beau jaune homme habillé de somptueux habits brodés. En arrivant à la hauteur de ce splendide bouquet odorant, le jeune homme se pencha vers les roses pour profiter de leur senteur entêtante et voluptueuse. Il prit l’une de ses sœurs entre ses mains, la respirant lentement, la caressant avec douceur et lui dit d’une voix charmeuse : « Je te cueillerais bien pour ma bien-aimée, mais je ne la verrai pas aujourd’hui, mais ce petit bouton, dit-il en effleurant « Mickaëla la rose », sera parfait pour demain. »

Le lendemain, « Mickaëla la rose » attendit avec impatience la venue du beau jeune homme, pensant avec délice, qu’il la prendrait dans ces mains, la caresserait comme a sœur hier et l’emporterait avec lui. Elle se sentait resplendir au fil des heures, son parfum embaumait, sa tige se tendait pour voir au loin s’il apparaissait.

Enfin il fut là, se dirigeant directement vers elle, il se pencha et lui chuchota : « Tu es magnifique ». Il la cueillit délicatement et l’emporta. « Mickaëla la rose » entra avec lui dans un palais des mille et une nuit, ravit du décor dans lequel elle allait s’incorporer. Après un long moment d’attente, qui lui parut interminable, entre les mains du jeune homme, elle vit arriver une ravissante jeune fille toute vêtue de voile de couleur turquoise, elle avait de longs cheveux bruns et une tresse couronnait sa tête. Elle sourit au jeune homme en s’approchant, celui-ci s’agenouilla à ses pieds et baisa sa main en lui tendant « Mickaëla la rose », elle s’en saisit la respira et dit : « Il lui faudrait de l’eau et un vase sinon elle va mourir ! » Le jeune homme, tout préoccupé de sa belle, fit mine de ne pas entendre et l’entraîna visiter le jardin, laissant notre pauvre jolie rose flétrir toute la journée sur la console où la jeune fille l’avait posée. Lorsqu’ils revinrent, la pauvre rose « Mickaëla », sans eau depuis des heures, se sentait en fort mauvais état et plus très belle à voir, qu’allait-il lui arriver, personne ne ferait plus cas d’elle, n’avait-elle pas perdu tout charme, beauté et parfum ?!... Hélas, il lui arriva ce qu’il se passe pour toutes les roses cueillies et sans eau, elle ne vécue dans toute sa splendeur que l’espace d’un matin.

La Shekhina dit à la Mickaëla de 2065 : « Tu vois l’amour humain vient et s’en va, chez les roses comme chez les hommes, la vie se chargera de te le faire comprendre maintes fois au long de ton périple sur Terre, mais l’Amour divin lui reste intact à jamais ».

Grape vine

 Suite

Eyes3 mic

Table des matières

- Chapitre I - Karmas - Exrait IV -
 I Haut de page : L'accident I

Grape vine
Copyright by Micheline Schneider - Karmas - Chapitre I - Extrait IV - L'accident
« La première et merveilleuse histoire d'Amour du monde ou Hologramme d’une VIE humaine pour une Entité Divine

Date de dernière mise à jour : 08/04/2020