Quatrième partie L'Amour - 1981 - 1994

Eyes3 mic

CHAPITRE VIII - Le voile se lève - 1981 - 1988

Extrait XI - Qui donc devait-il venir du Québec ! - Un autre Bruno en un temps plus proche.  

Grape vine

Qui donc devait-il venir du Québec ! 

2065 - Depuis sa dernière rencontre avec Mickaëla (Eddie, Richard, profil d'une entité- Chapitre VIII - Extrait I), Eddie avait cherché activement à renouer un lien entre sa famille et lui-même. Ce n'était pas chose facile, car il y avait de longues années qu'ils s'étaient tous perdus de vue.

A la lumière de l'échange qu'il avait eu avait Mickaëla, il avait entre aperçu avec stupeur le personnage qu'il était sensé être, tout aussi invraisemblable que cela lui paraissait, lui qui avait une forme de caractère primaire peu porter sur la spiritualité.

Considérant son cas et celui de sa famille, il faisait la relation de similitude dans les termes suivants : son ex-épouse était la Lilitte des écritures et ses enfants éloignés de lui, représentaient avec réalisme l'errance actuelle des humains dont beaucoup encore étaient éloignés du Père divin. Le fort courant d'énergie cosmique qui les avait secoués lors de la Révélation faite par la Shekhina par la bouche de Mickaëla, témoignait assez de l'importance de l'enjeu. Malgré sa stupéfaction latente, Eddie se disait qu'il fallait qu'il soit efficace dans la recherche de sa famille, c'était la meilleure solution pour être devant l'accomplissement de l'avenir, même si cela devait être une déconvenue pour lui sur le plan sentimental !

Son métier lui permettait d'obtenir les renseignements qu'il avait négligés de rechercher par orgueil depuis tant d'années. Une semaine se passa, cependant, avant qu'il ne retrouva les traces de sa famille au Québec. Il dut prendre sur lui pour rompre ce long silence et préféra faire le déplacement pour regarder vivre les siens avant de les approcher. Il ne savait comment les aborder et se voyait mal expliquant ce qu'il était par rapport à l'humanité. Par Mickaëla il avait pris conscience, en parcourant le Web, que bon nombre d'hommes percevait maintenant la voix intérieure qui les reliait directement à la Famille divine. Mais sa propre incrédulité encore si proche et si présente, l'empêchait d'envisager aborder avec sa famille, dont il était éloigné depuis si longtemps, un sujet aussi brûlant et invraisemblable pour la plupart des gens.

Ce fut une tentative auprès de sa fille aînée, Isabelle qui lui permit le premier pas. Elle vivait à Montréal. Mariée et mère de famille, c'est à la porte de l'école de ses enfants qu'Eddie l'aborda franchement. C'est avec elle qu'il se souvenait avoir eu le plus d'atomes crochus dans le court moment de l'enfance de cette dernière qu'il passa auprès des siens. Lorsqu'il s'approcha d'elle en la dévisageant avidement, il nota un mouvement d'étonnement et de recul instinctif chez la jeune femme. Puis elle le considéra longuement comme si elle rassemblait des souvenirs épars. Son regard devint interrogatif mais il ne dénotait plus de crainte.

- "Je suis ton père, murmura Eddie d'une voix émue et grave ! "

Isabelle accentua son observation un court instant, puis détourna les yeux pour constater des mouvements du côté de la sortie des classes. Apparemment ce n'était pas celles de ses enfants et elle se retourna vers Eddie en l'interrogeant d'une voix calme :

-"Papa ! Après tant d'années, tu penses encore à nous ?"

Ses yeux étaient humides cependant qu'un pâle sourire éclairait son visage ovale, encadré de cheveux mi-blonds, mi-bruns, où pointait un nez de type corse. Sa carnation était claire, mais l'émotion la teintait de rose vif dans l'instant présent. Le père et la fille se regardèrent émus et d'un geste simultané se jetèrent dans les bras l'un de l'autre. La tenant toujours embrassée, Eddie se racla la gorge et lui demanda si elle lui pardonnait son silence. Il ajouta rapidement, avant qu'elle n’ait le loisir de répondre:

-"Tu sais, je n'ai pas eu le choix, ta mère m'a rejetée et vous a soustrait à ma tendresse en vous racontant les pires méfaits sur moi-même !"

Isabelle parut hésiter un instant et tout en se dégageant des bras de son père, concéda :

-"Je sais que tous les torts n'étaient pas forcément du même côté, mais je n'ai pas à vous juger, ni l'un, ni l'autre."

Ils firent quelques pas ensemble vers l'école qui se vidait d'enfants comme d'une volée de moineaux.

-"Veux-tu venir jusqu'à la maison, dit-elle, nous pourrons faire un tour d'horizon de toute la famille ?"

Eddie accepta et lui emboîta le pas pour aller au devant de ses petits-enfants qu'il allait découvrir avec émotion. Thorn, le garçon avait quatre ans et demi et Julia trois ans. Sa fille Isabelle, l'aînée de la famille, avait vingt quatre ans, venait ensuite Bruno vingt trois ans, puis Eric et Sophie des jumeaux de dix huit ans. Quand il s'était séparé de sa famille, Isabelle atteignait tout juste huit ans, les jumeaux avaient deux ans. Un concours de circonstances, bien préparé, avait mis tous les torts de son côté, la famille de Monica ne l'ayant jamais accepté de bon coeur avait monté en épingle une histoire de prêt qu'Eddie n'avait pu rembourser à temps et un constat d'adultère qui était bien réel, certes. Très jeune encore, il n'avait que vingt sept ans, s'étant marié à dix neuf ans, plutôt beau gosse, il plaisait beaucoup aux femmes. Il avait pensé se tirer du mauvais pas causé par ce prêt auquel il ne pouvait faire face, en séduisant l'épouse de son prêteur, de vingt ans son aînée et qui en réalité était de mèche avec les parents de Monica pour le mettre hors de la famille. Eddie par la suite se rendit compte qu'il avait été berné sur toute la ligne par sa belle-famille qui désirait récupérer leur fille pour la faire épouser un associé nécessaire à leurs propres affaires. Le prêt incriminé, qui était conséquent, fut remboursé par le père de Monica en échange de la promesse d'accepter le divorce à leurs conditions. Eddie qui avait lui-même quelques doutes des sentiments de son épouse à son égard et même sur sa paternité concernant les jumeaux, avait joué leur jeu, sans se rendre compte qu'il s'interdisait ainsi de revoir ses enfants, car leur mère et ses parents firent en sorte de les détourner de lui.

Thorn et Julia avançaient vers eux la main dans la main. Ils étaient très mignons à regarder et leur attitude fut charmante et simple à l'égard de leur grand-père sans que leur maman ait à leur dire la moindre chose. Elle leur présenta leur Papy, ils s'acceptèrent mutuellement d'un même élan spontané et naturel.

Arrivés dans la maisonnette si semblable à ses voisines, que seul le numéro les distinguait, ils s'installèrent devant des jus de fruits et le goûter qu'Isabelle leur proposa. Eddie demanda s'il y avait une bière dans le frigo, ce qu'il obtint. Les enfants firent part de leurs petits potins scolaires, puis partirent jouer dans leur chambre.

Isabelle s'assit auprès de son père et tous deux passèrent en revue la famille. Elle lui confirma que Bruno vivait dans la ville de Québec depuis quelques mois, mais pensait revenir à Montréal ses études terminées. Il était très branché sur l'humanitaire, tout en terminant, précisément, une maîtrise de gestion des relations humaines. Il n'avait aucune fille en tête, tout préoccupé par l'utilité de son avenir. Sophie était partie depuis un mois peindre dans la région de Sept îles, mais elle vivait habituellement chez leur mère à Toronto ainsi que son jumeau Eric, lequel poursuivait ses études, en attendant de suivre une ligne toute tracée chez son beau-père. Leur mère partageait son temps entre New York et Toronto du fait de l'activité de son époux.

Eddie constata que ses enfants n'avaient pas pâtis de son absence, mais ils avaient leur avenir à forger. Isabelle n'avait pas d'activité particulière, si ce n'est bénévolement pour s'occuper de toutes celles concernant les enfants de l'âge des siens. Son mari débutait dans le journalisme local, et était très tenté par l'international, mais il était conscient que son absence pèserait à sa femme et aux enfants. Il se freinait et Isabelle craignait qu'il n'en ait des regrets plus tard, aussi le poussait-elle, malgré sa propre hantise de le perdre, à réaliser ses rêves sans se préoccuper de sa petite famille.

Eddie parla un peu de lui-même, mais surtout de la période récente, celle qui se rattachait à Mickaëla, car il sentait bien que pour lui, seule celle-là avait de l'importance !

Isabelle proposa à Eddie de téléphoner à ses frères et sœur pour organiser une rencontre chez elle.                                              .
Elle se faisait fort, connaissant maintenant l'autre aspect de la séparation de ses parents, de modifier les sentiments de sa fratrie à l'égard de leur père. Ce dernier s'était abstenu de parler de ses doutes au sujet de sa paternité pour les jumeaux. Son mari, Josh étant absent ce soir-là, Isabelle proposa à son père de passer la nuit chez elle. Il pourrait faire la connaissance de son gendre le lendemain. Eddie accepta, heureux de pouvoir profiter de la présence de ses petits-enfants.

Isabelle réussit à joindre Bruno, mais Sophie était dans la nature, et Eric à New York ce soir-là.                                              
Bruno pensait pouvoir venir en fin de semaine si aucun empêchement de le retenait d'ici-là. Sa sœur ne lui parla pas de la venue de leur père, préférant le faire de vive voix, avant l'arrivée de ce dernier pour cette rencontre.

Eddie rentra dans l'Ohio laissant Isabelle organiser le rendez-vous du week-end. Il promit d'être là, même si tous les enfants ne pouvaient y participer. Il pensait que seul Bruno, qui avait vingt trois ans, pouvait être celui dont la Shekhina avait parlé, et il espérait bien qu'il pourrait se libérer. Eddie comptait vingt ans d'écart avec son fils, aussi constatait-il que Mickaëla qui avait trente trois ans se situait juste au milieu, entre leur différence d'âge. Ce fait le troublait profondément, parce qu'il ne comprenait pas le "choix" indiqué par la Shekhina, le reléguant au seul rang de père ! Eddie était peu porté sur la spiritualité jusqu'à sa rencontre avec Mickaëla. Il s'était laissé entraîner, par son Amour pour elle et les lectures qu'elle lui avait confiées, à extrapoler avec l'Alpha et l'Oméga en suivant les propos de la Shekhina tout au long de ces écrits et depuis leur dernière conversation il avait conscience qu'un mystère inconcevable sortait des profondeurs du cosmos et qu'il était totalement concerné !

Eddie mit Mickaëla au courant de ce premier contact avec l'une des siens et la jeune femme put constater combien était grande sa joie des retrouvailles avec sa fille aînée et ses petits-enfants. Elle sentit qu'il était un peu inquiet de ses rencontres à venir avec les autres enfants qui ne seraient peut-être pas aussi bien disposer à son égard. Il les avait moins connu qu'Isabelle et avaient peu de souvenirs en commun. La jeune femme mit toute sa gentillesse à le rassurer et à le faire patienter, car il n'aimait pas que les choses traînent ! 

Grape vine

Un autre Bruno en un temps plus proche

1983 - Dès son arrivée à Louveciennes en octobre 1981, Bruno, le second fils de Richard que nous avions accueilli à la maison pour l'aider à passer un cap difficile sur le plan de sa santé, tout en poursuivant ses études, me dit : "Je ne veux pas que tu me considères comme si tu étais une seconde mère, je ne le supporterais pas !" Ce, à quoi je répondis que j'étais d'accord et que nous resterions sur un terrain amical !

Pour le mémoire qu'il rédigeait pour sa thèse finale, Bruno avait eu besoin de connaître la règle de saint Benoît et je la lui avais procurée. Cela faisait que les discutions théologiques étaient fréquentes avec lui. Au prime abord nos points de vue semblaient diverger, mais une conversation que nous eûmes un matin dans le couloir de l'appartement, nous révéla qu'il n'en était rien et même bien plus !

Bruno prenait son petit déjeuner habituel tout en bavardant avec moi-même qui m'occupais d'étendre une lessive. Les sujets de conversation roulaient sur les intérêts divers du moment et comme très souvent aboutirent sur des considérations religieuses et métaphysiques. Ayant terminés, l'un son petit déjeuner, l'autre son étendage, nous partîmes de concert en direction de nos chambres respectives.

Nous nous arrêtâmes un instant dans le couloir devant la porte ouverte de sa chambre baignée par le soleil venant de l'est, pour conclure notre dialogue. Bruno était face à moi, nimbé de soleil, et me tenait les mains en balançant les bras latéralement, tout en ponctuant sa phrase finale, telle une sentence :

_ "Dieu ! Ce mot-là ne veut plus rien dire ! Je ne l'accepte pas !"

Et moi de lui répondre :

-"Effectivement les mots n'ont pas d'importance lorsque l'on croit en Sa présence. Disons tout simplement, Celui qui est la Vie !"

Ses bras arrêtèrent leur balancier dans les hauteurs, il me regarda dans les yeux et me dit :

-"Je suis d'accord avec toi, Il est la Vie !"

A ce moment-là, reprenant sous une autre forme la redescente de nos bras, il fit deux ronds avec ses pouces et indexes et les redescendit le long de mes bras jusqu'au poignet, en les amenant à la hauteur de la taille. Se faisant, un échange d'énergie nous parcourut simultanément et une chaleur bienfaisante nous envahit. Nous nous regardâmes à la fois avec étonnement et un contentement inexplicable ! Cela dura un très court instant. Un peu troublés, nous baissâmes les yeux et nous nous quittâmes sans un mot pour vaquer à nos occupations.

Cet instant m'est resté gravé en mémoire intensément, parce que, à la suite de cela, il me fut demandé une action que je vais narrer plus loin et que très récemment, l'explication de cette sensation perçue me fut révélée en ces termes :

-"L'union dans la connaissance du divin, quelle soit révélée ou subconsciente, est semblable à l'union dans l'Amour. Il s'en dégage un sentiment réciproque et pur et une intimité inconsciente, comparable à l'orgasme physique, mais c'est celui de l'esprit de l'âme qui se répercute dans l'être physique, par une sensation d'échange d'énergies se complétant. C'est très rare humainement pour le moment ! Lorsque nous progresserons dans la connaissance, cela deviendra de plus en plus fréquent et abolira la recherche parfois éhontée de jouissance, à tout prix et par tous les moyens, qui régit souvent les êtres. Lesquels, inconsciemment, recherchent la complémentarité qui leur manque, ne pouvant, en réalité, trouver celle qui leur conviendrait que dans l'entente spirito physique, qui est celle de la création divine pour le bonheur et le bien-être de l'Homme".

"Comme je l'ai dit plus haut, à quelque temps de là, ce que je viens de décrire devant se situer, il me semble, au printemps 1983, il me fut commandé une mission assez curieuse, dont le sens m'a longtemps échappé quant à sa portée !

Pour plus de compréhension à l'heure actuelle je cite ce qui suit et qui vous éclairera peut-être : Deutéronome 23,1 et 27,20 qui dit : "Dt 23,1 - Un homme ne prendra pas une femme de son père, il ne portera pas atteinte aux droits de son père" (Littéralement, il ne relèvera pas le pan du manteau de son père - Allusion au geste par lequel l'époux s'engage à protéger sa femme et en devient le chef- note de la TOB).

Je ne pense pas avoir jamais transgressé, ni en geste, ni en attitude, ni en parole, cette recommandation de Moïse au peuple hébreu ! Même si cela peut sembler être vrai en pensée à travers de la lettre qui suit, ce n'est que par rapport à la mission qui m'était donnée et qu'il n'était pas facile, d'une part de mener, d'autre part de comprendre le sens !

J'avais précédemment résolu la mission de santé pour la jeune Anna qui était guérie. Celle de l'ange qui avait succombé et maintenant il m'était demandé de soumettre à tentation mon propre beau-fils qui logeait sous notre toit ! Cela correspondait à braver les recommandations diverses de Dieu à Moïse dans le Deutéronome 23,1 ou 27,20 : "Maudit, celui qui couche avec une femme de son père, car il porte atteinte aux droits de son père."

Moi qui ne sais pas développer une argumentation verbalement, surtout avec Bruno très fort pour rétorquer et vous empêcher d'aller au bout de vos pensées lorsqu'elles ne se forment pas vite, j'étais bien ennuyée et ne savais comment m'y prendre !

D'autant que c'était bien délicat à présenter ainsi de vive voix et surtout sur quel critère ! Nous nous entendions bien, certes, il y avait eu cette troublante scène dans le couloir ! De là, à extravaguer vers une aventure qui se concrétiserait !  Cela me paraissait impossible, connaissant Bruno et ses propres tabous envers l'acte sexuel, à la suite d'une mésaventure de jeunesse ! Il fallait imaginer une histoire sans parole, mais qui démontrerait à Dieu ma bonne volonté d'obéissance. Je ne comprenais pas bien le sens de ma mission, mais je savais qu'elle se rattachait au symbolisme trinitaire reçu un certain soir (Chapitre VIII - Extrait VIII - Où certaines découvertes et Révélations m'ouvrent d'autres horizons).

Je résolus le problème en me mettant devant une page blanche et en demandant aide et inspiration dans la forme où la mission m'était demandée.

Je reçus cette inspiration dont je ne me rappelle plus des termes, si ce n'est, me semble-t-il, que pour dépasser son problème il était nécessaire d'être en confiance et d'autres explications sûrement. N'ayant d'ailleurs pas la mémoire de ce que j'avais transcrit, je gardais le brouillon quelques temps dans le tiroir de ma commode pour pouvoir le relire en cas de nécessité. Ce qui était fort dangereux pour moi !

Dix sept ans ont passé, étant en train d'écrire ce chapitre, je me dis que j'ai certainement dû garder une trace de cette lettre. Je fouille dans des documents gardés précieusement et tombe sur une photocopie datée du 1er décembre 1983 et adressée à mon beau-fils en ces termes :

-"Au petit Prince", (référence à Saint Ex, parce que, par bien des façons d'agir et de penser, il me faisait penser à ce charmant petit personnage du célèbre aviateur écrivain).

-"Notre conversation du jeudi 10 novembre et celle écoutée le dimanche 13, me font reprendre une méditation et réflexion sur toi, que j'avais déjà notée, en presque totalité, aux dates précitées. Parce que ton manque d'amour pour toi-même, me semblait précisément venir des constatations auxquelles m'ont amenée ces réflexions.

-"La grande tendresse que je te porte, m'avait conduite à examiner une réflexion de toi-même, un soir d'été : "Si ça (l'acte sexuel) ne m'intéressait pas, je n'aurais pas de problème !"

-"Je me suis donc penchée sur ce problème, pour essayer de le comprendre et voici ce qui m'a semblé entrer dans ses éléments :

-"Lorsque tu te trouves en présence d'une personne du sexe opposé dont les attraits moraux et physiques répondent à ton attente, le souvenir d'un acte sexuel, qui t'a laissé une mauvaise impression et a sali la belle image de la communion des corps de deux êtres qui s'aiment tendrement, t'atteint psychologiquement et empêche toutes initiatives de langage amoureux. Pensant aux conséquences d'un ratage physique, provenant de la vision de ce fameux souvenir, en un moment inopportun. Te paralysant sexuellement pour mener à bien la finalité de l'acte, et de ce fait gâchant l'aspect sentimental et l'avenir de la rencontre.

-"Lorsque tu te trouves en présence d'une personne du sexe opposé, dont seuls les attraits physiques t'inciteraient à tenter l'expérience sexuelle, l'acte sans la tendresse réciproque et la compréhension de ton être profond, par l'autre, te paralyse moralement et cela se traduit psychologiquement sur la réaction physique, t'empêchant de prendre des initiatives amoureuses sexuelles.

-"Pour compliquer tout le reste, portant en toi les deux sexes, tu te sens homme physiquement, mais tu aimerais être aimé comme une femme, c'est-à-dire, comme la coutume le suggère envers cette dernière et que les initiatives sentimentales et amoureuses sexuelles viennent de l'autre.

-"Le fait d'être homme te gêne de ressentir cela et te bloque devant la génération actuelle de filles, qui, pour la plupart, prendraient bien ces initiatives, mais quelque chose de traditionnel en toi, répugne à répondre à ces avances et aussi la crainte de te faire piéger.

-"Cependant, un consensus pourrait s'établir, si toi-même, acceptant chez la femme la prérogative de l'initiative amoureuse, elle-même te laissait la prérogative du chef de famille, permettant la subsistance pécuniaire de celle-ci, tout en sachant l'un et l'autre conserver votre liberté dans les domaines de vos choix particuliers, selon vos goûts ou vos attirances amicales.

-"Une autre complexité se présente à mon esprit, qui consiste à supposer que s'imbrique en toi une autre tendance :

-"qui elle, désirerait le contact physique amoureux et tendre, mais que la finalité de l'acte ne tenterait pas, à première vue. Sans avoir la possibilité d'avoir ce contact qui implique ou non pour la partenaire le désir de la finalité, tu ne pourrais être certain de ce que tu souhaites réellement : tendresse, contact, caresses seulement ou en plus, pénétration permettant une forme d'apothéose commune ou différée des partenaires.

-"qui pourrait bien être un don du ciel : la chasteté, qui te paraîtra peut-être, à notre époque incroyable et qui fait que tu ne peux accepter cette idée sans te penser trop différent des autres et te forçant ou te contraignant à envisager l'acte sexuel, t'imaginant, finalement, que tu le désires, alors que c'est peut-être tout simplement pour faire ou être, comme les autres !

-"Ce cas de don de chasteté expliquerait également que tu puisses porter à un ou plusieurs hommes, une affection si proche de l'Amour qu'elle te trouble un peu dans un monde si souvent équivoque.

-"Pour désinhiber ce problème, peut-être te faudrait-il être en présence d'une personne du sexe opposé, qui, ayant de la tendresse pour toi, te comprenne. Que tu saches, qu'entreprenant ou laissant entreprendre des initiatives amoureuses, à la fois tendres et sexuelles, cela ne porte à aucune conséquence et que ton avenir ne se trouve en rien lié, sauf éventuellement par ta propre volonté.

-"Dégagé du nœud psychologique et en sécurité, le problème disparaîtrait assez rapidement, te laissant sûr de toi-même dans ce domaine de l'Amour, comme tu l'es devenu théoriquement dans le domaine du travail. Et, c'est totalement libéré et bien dans ta peau que tu pourrais envisager de partir à l'étranger, capable de faire face à tous tes besoins, matériels, physique et sentimentaux.

-"Le monde à venir, cité dans l'Ecriture, nous décrit l'homme et la femme non plus comme époux sexuellement, mais comme deux êtres qui échangent leur Amour brûlant par des actes de tendresse réciproque et gratuite et dont l'acte de communion se lit dans la profondeur d'un regard échangé, dans l'embrassement chaleureux et tendre - la tendresse est l'or des sentiments, écrivait un poète haïtien - dans la caresse amoureuse sincère (les adultes ont besoin des caresses du corps et de l'âme pour être épanouis), mais chaste, une forme de pureté sublimée qui peut faire atteindre les sommets de l'absolu.

-"Ce que je décris là, je l'ai toujours pressenti et souhaité depuis l'enfance.
En lisant le "Cantique des Cantiques" dans la Bible, je me suis rendue compte que le jour où l'esprit de l'Homme aura profondément assimilé cela, l'humanité sera sauvée du désastre. Le fait de renoncer à quelque chose de très agréable physiquement, mais qui en soi, n'a aucune valeur sans un profond Amour spirituel commun et réciproque, peut permettre par la suite, d'atteindre cette rencontre dans un embrasement cosmologique universel, une fonte commune en Dieu.

-"Si tu pouvais atteindre cela sans tenter une expérience physique sexuelle banale, ce serait formidable, car ainsi, la Paix viendrait naturellement en toi.

-"Sinon, peut-être ces diverses réflexions peuvent te permettre de voir clair en toi. Cependant, si cette recherche reste infructueuse mais que tu désires tester une expérience, la certitude divine que j'ai reçue me permettra de te faire une suggestion 

"Si tu veux lire le "Cantique des Cantiques" prends la Bible verte dans la chambre à la page 792.

C'est signé : La "petite fleur " (petit nom qu'il me donnait).

Je déposais cette lettre sur le bureau de Bruno, ayant indiqué d'écrire la réponse sous la forme d'oui ou non sur l'enveloppe.

Il n'y eut pas d'enveloppe en retour. La seule réponse, si l'on peut dire, fut qu'il ferma sa porte à clef le soir, de façon à ce que je ne vienne plus le réveiller le matin, de crainte sans doute que je ne le viole, ce qui m'amusa beaucoup !

Je n'avais pas imaginé un seul instant qu'il réponde oui, comment m'en serais-je sortie ! 

J'étais donc tranquille, j'avais rempli ma mission, elle était négative et c'était très bien ainsi. Obscurément, sachant que j'avais été nommée comme "ange des ténèbres", je comprenais que cette mission avait pour but une tentation dont le Fils de Dieu n'avait pas été assailli, il a deux mille ans ! 

Je n'aurais jamais reparlé de la fameuse lettre, si ce n'est que quelque temps avant notre déménagement en Sologne, au début de 1984, une conversation matinale engagée avec mon beau-fils, m'amena à le faire.

Nous bavardions, pendant qu'il petit déjeunait, comme d'habitude et de cette conversation, il ressortit qu'il prétendait ne jamais laisser sans réponse une question posée, ce qui, paraît-il n'était pas le fait de je ne sais plus qui !

L'occasion était trop belle de lui faire remarquer que c'était faux et prenant la balle au bond, je le lui dis ! Il me rétorqua qu'il avait répondu, non, sur l'enveloppe et avait posé celle-ci sur une des enceintes de sa chaîne haute-fidélité ! Je lui affirmais ne pas l'avoir trouvée. La femme de ménage l'a peut-être fait tomber derrière l'enceinte, pensa-t-il tout haut, et il alla voir. Effectivement c'était le cas ! Je le priai de m'excuser de l'avoir mal jugé. Il déchira la lettre et la mit à la poubelle. Je ne crois pas me souvenir que nous ayons épilogué dessus.

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Table des matières

- Chapitre VIII - Le voile se lève -

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Copyright by Micheline Schneider - Chapitre VIII - Extrait XI - Qui donc devait-il venir du Québec ! - Un autre Bruno en un temps plus proche.
 "La première et merveilleuse histoire d'Amour du monde ou Hologramme d’une VIE humaine pour une Entité Divine"

 

Date de dernière mise à jour : 23/05/2020