Quatrième partie L'Amour - 1981 - 1994

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CHAPITRE VIII - Le voile se lève - 1981 - 1988

Extrait X - Un examen de conscience

Grape vine

Les fêtes de fin d'année 1982 se passèrent, comme à l'accoutumée, en famille. Comme notre appareil photo avait rendu l'âme, je n'en retrouve pas la trace du souvenir en image.

Dans le courant du mois de janvier je cherchais à reprendre contact avec le père Schiélé qui nous avait accompagnés lors du Congrès Eucharistique à Lourdes de 1981. Ce saint homme m'avait aidé à reprendre un contact avec l'Eglise qui avait évoluée par rapport à celle de mon enfance, mais depuis quelques mois je n'avais plus signe de vie de lui. Ce sont des personnes rencontrées au cours des réunions qui suivirent notre retour du Congrès qui m'indiquèrent sa nouvelle adresse. Il avait subit différentes interventions chirurgicales pour sa vue et l'une de ces dames qui correspondait avec lui me laissa entendre qu'il y avait un peu de dépression dans l'air ! Ce qui m'amena à lui écrire ces lignes, extraites de ma lettre du 17 janvier 1983, parlant de la dépression :

… "Chassez vite cela, car Dieu vous aime tendrement et vous prépare des surprises heureuses pour l'avenir. Remettez-vous vite sur pieds, le Seigneur a besoin de vous pour guider mes pas.

"Je peux vous paraître énigmatique, mais souvenez-vous de ce que je vous ai déjà dit au sujet de mon retour à la foi. Depuis le 15 février 1981, date à laquelle j'ai reçu miséricorde, je sais que je devais me confier totalement à un prêtre, mais le temps n'était pas venu et le Bien-Aimé ne m'avait pas encore désigné la personne, bien que j'aie souvent pensé à vous. Dans la minute où j'ai connu vos maux, vous m'étiez désigné.

"Gardez en votre coeur ceci, en attendant l'heure prévue par Jésus"

Le Père Robert Schiélé me répondit sur une petite carte montrant la maison de santé où il se reposait dans La Crau, dans les termes suivants :

"Merci de votre gentille lettre et de ses vœux. Recevez les miens. Suis au repos dans une maison fondée par Don Bosco et à petits pas, je recommence à lire (après six mois !) Je sais que je vis un "mystère" qui est grâce. Et je prie pour vous. Confiance ! Le Seigneur fait notre route.

"Je vous dis mon affectueux et fidèle souvenir…"

Je lui répondis ce qui suit le 31 janvier 1983 :

- "Votre réponse me fortifie dans le désir de vous confier "les merveilles que fait pour moi le Seigneur".

-"Je ne sais si vous vous souvenez de ce que j'avais perçu à partir de ce 15 février 1981, mais la principale perception était qu'il fallait prier pour l'Ange des Ténèbres. De tout cela a découlé pour moi une infinité d'éléments nouveaux et de connaissances dont j'aimerais vous faire part. Avant cela, pour étayer ces dires, souvenez-vous que Jésus nous a appris à prier Notre Père en ces termes :

"Que Ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel"

"Et ce "comme au ciel" est un appel à la prière pour tous les anges rebelles, afin qu'ils reçoivent miséricorde.

"Je crois qu'à ma demande, un certain nombre d'hommes ont prié pour le malin, et je sais qu'il a reçu miséricorde.

"Mais tout cela prendra bien du temps à vous expliquer et je ne voudrais pas fatiguer vos yeux. Et aussi, désirez-vous et acceptez-vous de me guider ?

"Je vous souhaite un prompt retour à la santé et prie pour vous. J'ai la confiance la plus totale en Dieu, comme l'enfant qui vient de naître.

"Je vous adresse d'affectueuses et fraternelles pensées."

Au mois de février je subis une intervention chirurgicale à la clinique de Parly II. Ma circulation sanguine dans la jambe droite étant très mauvaise, enlever la saphène interne parut nécessaire au spécialiste. Ce qui m'immobilisa quelques jours et ne me permit pas de conduire pendant quelques temps. Du fait de mon opération, une chute de tension s'en suivie qui me laissa assez fatiguée. Ensuite un certain nombre de scléroses des petits vaisseaux sanguins traumatisés devait améliorer l'aspect de ma jambe, mais les scléroses mal faites quelques années plus tôt par la dermatologue, ne me permirent jamais plus de retrouver une jambe nette de traces.

Etant sans nouvelle du Père Schiélé je lui adressais la lettre suivante le 16 mars 1983 :

"N'ayant pas eu de réponse de votre part à ma lettre du 31 janvier dernier, je suis inquiète pour votre santé et espère que c'est simplement le contenu de ma lettre qui vous a un peu troublé pour qu'un échange de courrier ne s'établisse !

"J'ai subi moi-même une intervention chirurgicale, sans gravité, courant février et reprend mon travail avec beaucoup de retard auquel il faut faire face.

-"Je vous en prie instamment, priez et faites prier pour les anges rebelles afin qu'ils montent vers la Lumière, à la suite de l'Ange des Ténèbres qui a demandé miséricorde et qui l'a reçue.

"Ne soyez pas effrayé par ce mystère, questionnez le Bien-Aimé, il vous sera répondu.

"Je suis la servante du Seigneur que Sa tendre et compréhensive volonté soit faite sur la terre et au ciel."

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J'abandonnais définitivement la chorale au mois de mai, ayant beaucoup manqué les répétitions du fait de mon opération. De plus je ne me sentais pas assez capable pour assimiler le répertoire de la chorale n'ayant aucun bagage musical. Richard m'avait offert un "Casio" pour Noël, sur lequel je m'exerçais le dimanche, mais ce jour-là étant celui où nous recevions nos enfants, j'avais peu de temps à y consacrer. Jean-Marie, notre chef de chorale envisageait des concerts en jumelage avec d'autres chorales des alentours : Saint Nom la Bretèche, Versailles, Conflans et même avec l'Angleterre. Mes capacités me semblaient trop légères et mon goût de la perfection m'interdisait de risquer de retarder le groupe. De plus, je ressentais que le Seigneur avait d'autres vues pour moi ! …

Je choisis une voie plus simple pour me rendre utile, en visitant chaque semaine une charmante vieille dame qui avait encore de la famille et un vieil homme qui n'en avait plus auprès de lui. J'entrepris d'écrire à un détenu qui était gitan dont j'avais lu les intéressants poèmes dans un livret vendu sur le parking de Parly II.

Le couple formé par la mère de Richard et son nouveau mari se trouvait sans femme de ménage et dans un état de santé déplorable. Je me rendais auprès d'eux à Sceaux, le mercredi après-midi de ma journée de congé, pour faire tourner plusieurs machines à laver de linge, mettre un peu d'ordre et de propreté dans leur maison. Ils étaient incapables de l'entretenir du fait de leur mauvaise santé et de leur peu de goût pour ce genre d'activité. Toutes les pièces étaient empuanties par leurs deux chiennes Schnauzer naines qu'ils oubliaient de sortir, ne serait ce que dans leur jardin, et qui crottaient et pissaient partout à l'intérieur. Nous dûmes prendre la décision héroïque de déposer la moquette des deux pièces de séjour, qui devenaient invivables, pour faire poser un linoléum plus facilement lavable. Comme aucun poseur n'accepterait d'exécuter le travail d'arrachage dans de telles conditions nauséabondes, je demandais à Caroline, la plus jeune fille de ma belle-mère et à Bruno, mon beau-fils, s'ils voulaient bien me donner un coup de main pour préparer ces pièces en un après-midi. Ce que nous fîmes en allant respirer précipitamment au dehors de temps à autre ! … Après trois mois de ces déplacements nous retrouvâmes une femme de ménage qui pouvait venir trois jours par semaine. Elle surveillait qu'ils aient ce qui était nécessaire pour le petit déjeuner et le repas du soir. Le midi, un organisme supervisé par la mairie apportait un repas chaud pour un prix relativement modique.

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Quelques très belles photos, prisent par Bruno pour l'anniversaire de Richard en juin 1983, me laissent l'agréable souvenir d'un délicieux repas consommé au petit restaurant de Louveciennes "Les chandelles" que nous aimions fréquenter ! …

A la fin du mois de mai une petite Cécile était née chez Eric le fils aîné de Richard. Elle fut baptisée le 28 août en compagnie de sa petite cousine qui était presque de la même date qu'elle-même. Une grande réunion regroupa les familles dans le jardin de la demeure d'Eric et Christine. Là encore de belles photos, notamment de Sophie et Sylvie qui avaient vingt et un ans et étaient très en beauté ce jour-là, de Richard qui était superbe dans sa quarante neuvième année, me font replonger vers des heures et des années plus joyeuses ! Elles n'étaient pas exemptes de soucis, certes, mais la famille était proche …

Jusqu'à fin juillet je n'avais reçu aucune réponse du Père Schiélé. Lorsque celle-ci me parvint, elle était plutôt déconcertante, mais combien vivifiante ! En effet, sans un mot, ce dernier m'envoyait la photocopie d'une lettre que lui avait adressée le Provincial de "œuvres et missions de Don Bosco", lui annonçant sa nomination, à partir du 1er septembre 1983, à la nouvelle communauté de Caen. Celle-ci ayant pour objectif l'aumônerie de l'enseignement technique de cette ville et portant le souci de la pastorale des vocations dans la Province, la formation des novices lui serait confiée.

A elle seule cette lettre expliquait clairement pour moi, qu'il ne disposait pas de temps et était trop éloigné de moi, pour être à l'écoute. Il me joignait la photocopie de la préparation à la messe de Pentecôte dont il avait été responsable. C'était un examen de conscience très édifiant :

"La tendresse de Dieu me libère par le sacrement du pardon. Au commencement, il y a l'Amour, la tendresse de Dieu … qui précède notre prière, nos repentirs, nos absolutions"

Tout ceci était développé par des phrases, telles que :

"Ouvre mes yeux Seigneur

"Tes yeux étaient grands ouverts sur les hommes (Zacharie, obole de la veuve), les événements (maladie, mort) les situations (riches, pauvres), la création - pour aimer et rendre grâces.

Débouchant elles-mêmes sur des questions :

"Mes yeux savent-ils te reconnaître dans mon prochain (en famille, école, travail) et te rencontrer dans le malade, l'isolé, le pauvre : "c'est moi !"

"Qu'elle est la place de l'Action de grâces dans ma vie ? (santé, réussite ou autre)

"Est-ce que mes yeux sont ouverts sur moi-même ? Est-ce que je m'accepte pour mieux aimer mon prochain ?

"Est-ce que je sais détourner mes yeux de ce qui peut troubler mon coeur ? (revues, spectacles…)

"Est-ce que je sais "fermer" les yeux sur les défauts pour retenir les qualités en autrui ?

"Ouvre mes mains Seigneur

"Tes mains bénissaient, accueillaient, guérissaient, partageaient le pain, travaillaient dans l'atelier de Nazareth pour vivre et pour servir.

"Est-ce que mes mains savent soulager? Protéger mon corps du mal ? Accueillir?

"Est-ce que mes mains savent "montrer le ciel", servir à la louange, "vivre le signe de la Croix" ?

"Est-ce qu'elles savent partager ce que j'ai, ce que je suis ?

"Fais que je marche Seigneur

"Tes marches incessantes Seigneur pour annoncer la Bonne Nouvelle malgré les difficultés (ton exil en Egypte), tes pèlerinages.

"Tes démarches pour rencontrer, amis (Béthanie) ou affronter ennemis ou opposants.

"Ton long chemin de croix … (chutes, souffrances - par Amour).

"Quels bagages (égoïsme, etc.) gênent ma route chrétienne ? Ma marche ?

"Quelles démarches je fais pour "faire le premier pas" et pardonner, pour me déranger et m'engager (services, visites), pour tenir ma porte "ouverte" ? Pour m'imposer un temps de repos, de loisir pour mon équilibre.

"Quelle est ma croix ?

"Est-ce que sur ma route je sais me relever, "tendre la main", passer par Marie ?

"Fais que j'entende, Seigneur

"Tu as entendu le cri, l'appel des petits, des malades, des pauvres. Tu as accueilli les mercis et les injures et cris de haine !

"Est-ce que je sais dominer le surmenage, le bruit, les "médias" pour prendre du temps, pour écouter et échanger avec mes parents, enfants, collègues, amis, prêtres ?

"Est-ce que je perçois Tes appels pour aider, pardonner, pacifier et semer l'Espérance ?

"Garde ma foi Seigneur

"Jésus, Tu m'as révélé Ton Père, l'Esprit, le sens de ma vie, de ma mort. Tu m'as donné l'Eglise, Ta mère (le Père inscrit : redire mon credo).

"Y-a-t-il des points où je doute, où je désespère ?

"Est-ce que je donne du temps pour ma prière - offrande du matin, rencontre avec Marie : le soir ?

"Est-ce que ma Messe est préparée et marque ma semaine ?

"Est-ce que je nourris ma foi : lectures, émission TV ?

"Je suis nourrissant par ma patience, ma vie de charité, par les Béatitudes vécues !

"Est-ce que je crois à la Puissance du Saint-Esprit, à ses dons ? Est-il mon Défenseur ?

"Est-il : Lumière - Force - dans ma vie de témoin ?

"Qu'est ce que je fais pour garder le sens de l'Eglise, aider ma communauté paroissiale, le sens de la justice et des droits de l'homme ?

"Au commencement, il y a l'Amour - la Tendresse de Dieu qui précède notre prière, nos repentirs, nos absolutions.

"Avec le baptême, les péchés sont remis - Mais en cette année Sainte : choisir et défricher d'autres chemins de rémission des péchés (service, pèlerinage, conversion du coeur, prière, renoncement : sacrement de Réconciliation - Eucharistie).

Le programme était beau ! C'est ce que je tenterais de faire le reste de ma vie avec plus ou moins de bonheur, d'humilité et de capacités. Le Père Schiélé avait raison, il n'avait pas besoin de m'écouter !

-"C'était à moi d'écouter le Christ, de suivre Son chemin vers la Lumière. En trébuchant parfois, mais toujours dans la Foi et la Confiance la plus absolue en "Celui qui est la Vie", qui m'avait ouvert les bras dès que je l'avais appelé, reconnu et aimé. "

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Suite

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Table des matières

- Chapitre VIII - Le voile se lève -

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Copyright by Micheline Schneider - Chapitre VIII - Extrait X - Examen de conscience
 "La première et merveilleuse histoire d'Amour du monde ou Hologramme d’une VIE humaine pour une Entité Divine"

 

Date de dernière mise à jour : 23/05/2020