Quatrième partie L'Amour - 1981 - 1994

Eyes3 mic

CHAPITRE VIII - Le voile se lève - 1981 - 1988

Extrait VI - Le colérique - Les pouvoirs - Confidences

Grape vine

Le colérique

Dans le même temps, je ne voyais toujours pas la fin de notre mise en route d'informatique, les statistiques laissant à désirer. De guère lasse, j'écrivis au concepteur du programme et à l'analyste en me plaignant que près d'un an après notre acquisition et hors des délais convenus dans le contrat d'achat, nous n'étions pas totalement opérationnels. Le sous-directeur de l'entreprise vint lui-même, accompagné de l'analyste, pour comprendre ce retard. La firme était assez importante et travaillait surtout avec du matériel Rank Xerox, le Data System de Philips était un "à côté dérisoire" pour eux. Puisqu'ils le vendaient, je leur fis comprendre que je n'acceptais pas d'être "le parent pauvre", et que j'en référerais, s'il le fallait à leur directeur, le fameux Monsieur N… dont tous avaient l'air d'avoir une grande crainte parce qu'il poussait, paraît-il des colères terribles. Je leur dis que j'estimais n'avoir rien à faire de ses colères envers eux, quant à nous-mêmes, et que j'exigeais que tout notre programme soit terminé dans les meilleurs délais. Cela parut les toucher et dans les jours qui suivirent, le sous-directeur me téléphona pour me dire que Monsieur N… désirait me voir et prendre rendez-vous avec moi. Je lui répondis que j'acceptais et il me passa son directeur.

Celui-ci "tout miel, tout sucre" me proposa un rendez-vous dans un restaurant situé sur la rive gauche, parce qu'il habitait dans l'Ile Saint-Louis, me dit-il. Il me cita le restaurant dont je ne me rappelle plus le nom aujourd'hui, mais dont je connaissais le chef qui était l'excellent chef du Manoir de Lan Kerellec où nous avions séjourné en Bretagne quelques jours l'année précédente. J'acceptais car je voulais en finir avec ce problème.

Je me rendis à ce rendez-vous d'affaires, vêtue de ce bleu vif que j'affectionne et qui était celui revêtu par un certain personnage de mes rêves. Ce fameux Monsieur N……étais juste un peu plus grand que moi-même. Le teint basané et l'œil noir ainsi que le sourcil et les cheveux. Je pense qu'il avait un peu plus de la quarantaine, ce qui ne me gênait nullement car à cette époque je faisais largement dix ans de moins que mon âge. Cela d'ailleurs n'avait aucune importance, mais se sentir à son avantage lorsque l'on réclame quelque chose, est toujours mieux !

Il fut charmant comme savent l'être les méditerranéens. Juif Arabe plutôt que pied noir, il se perdit en excuses pour le contretemps qui m'avait indisposée à l'égard de sa firme et me promit d'y remédier dans les meilleurs délais. J'insistais sur le fait que le jeune programmeur n'était pas en cause, qu'il avait essayé de s'en tirer au mieux, mais qu'à mon avis l'analyse n'avait pas été poussée à fond correctement. Il surenchérit dans ce sens, en m'avouant que l'analyste, un Breton d'ailleurs, avait tendance à boire depuis qu'il avait perdu son épouse et que son travail laissait à désirer. Il avait touché la corde sensible avec moi qui étais Bretonne également et pouvait comprendre cette peine évoquée à tort ou à raison. C'était son ami, paraît-il, et il lui pardonnait. Cela était peut-être un tissu de mensonges, mais maintenant l'important était que le travail soit terminé rapidement.

Ce dernier point acquit, notre conversation s'engagea sur mille autres sujets. Au final, il ressortait de cet entretien que nous avions fait un délicieux repas dont le souvenir s'est malheureusement effacé quant à sa composition ! La fin de nos ennuis informatiques étaient, vraisemblablement arrivés et mon interlocuteur semblait ravi de notre rencontre, au point qu'il m'en suggéra une nouvelle dans quelques temps, lorsque je serais totalement certaine que tout fonctionnait bien !  Comment prendre la chose, si ce n'est en souriant légèrement et en disant oui, oui, sans engagement précis ! 

Dans les deux jours qui suivirent, il nous dépêcha un programmeur plus compétent, qui reprit notre raisonnement statistique à zéro et parvint à un résultat dès le courant de la semaine suivante. Ce constat étant fait, je signais le protocole de clôture qui permettait l'ouverture de la garantie.

L'appel téléphonique de l'irascible Monsieur N…ne se fit pas attendre ! Ce fut Richard qui me le passa avec ces mots amusés :

-"Ton amoureux colérique te réclame ! "

Je n'avais pas tellement envie d'une nouvelle rencontre, mais puisqu'il avait exécuté ses promesses, je me devais de tenir les miennes, même si elles avaient été très vagues !

-"Proposez-moi vous-même le restaurant où nous pourrions nous retrouver, me dit-il, le jour qui vous conviendra."

 Je pensais tout de suite "Aux armes de Bretagne" restaurant que nous apprécions depuis quelques temps déjà, Richard et moi-même, pour leurs délicieuses coquilles saint Jacques au beurre blanc. Mon interlocuteur accepta derechef et nous fixâmes douze heures trente un jour de la semaine suivante.

C'était un mercredi, comme il se doit. J'avais fait mes courses à Parly II le matin, et je trimballais mes paniers dans le coffre de mon petit bolide 104 ZS 2, lorsque j'arrivais au restaurant. Le préposé à l'accueil pris mes clefs et alla garer mon automobile sur le parking qui leur était attitré. Le maître d'Hôtel me conduisit à la table de mon hôte qui m'attendait déjà. Il m'accueillit très aimablement, s'enquit de ma satisfaction d'avoir enfin les résultats que j'escomptais pour tous les programmes. Je le remerciais vivement de sa promptitude à me satisfaire et nous enchaînâmes en commandant le menu qui comportait les fameuses "saint Jacques " que je lui vantais.

La précédente fois il m'avait parlé, entre autres, de sa famille. Cette fois-ci, il me dépeignit ses activités, en me précisant que pour son plaisir il produisait des films. Il ne s'étendit pas sur le genre de ces films, et je ne posais pas de questions. Je l'embarquais sur un dialogue concernant Dieu et sa foi de Juif. J'avais eu ce dialogue avec Maurice et Mary, Mary surtout, parce que Maurice se défilait toujours ! J'étais curieuse de connaître un autre son de cloche ! Pour moi c'était très important par rapport à ce que je recevais et qui m'incitait vers l'œcuménisme. Il me dit sa foi et son manque de pratiques. C'était courant dans toutes les religions ! 

 -"Je lui expliquais que j'avais vécu une étrange aventure divine et il n'eut de cesse que je la lui raconte. Ce que je fis avec l'arrière pensée de lui demander son aide pour faire un rapprochement entre catholiques et ceux dont la foi avait la même base à travers Abraham. J'avais apporté le manuscrit de "La première et merveilleuse histoire d'Amour du monde" et je lui promis de la lui remettre lorsque nous nous quitterions, car le texte était resté sur le siège de ma voiture."

Il semblait intéressé par tout ceci, mais je m'aperçus bien vite que cet intérêt cachait un autre désir. Lorsqu'il constata que je n'étais pas dupe de ces intentions, il ne s'en cacha plus. Je lui dis alors :

-"Que deviennent donc les beaux principes familiaux évoqués lors de notre précédente rencontre ?"

Ce à quoi il me prévint :

-"Une aventure courte ne porte pas à conséquences ! "

Je répondis en riant :

-"Mon œcuménisme ne va pas jusque là ! "

Alors je vis le visage de mon colérique virer au rouge, peut-être sous l'effet des plats délicieux et du bon vin ! Peut-être parce que lui résistait-on inopinément ! Il insista :

-"Est-ce vraiment une réponse négative ? "

-"J'ai bien peur que, oui, lui dis-je en souriant ! "

Nous nous quittâmes quelques instants plus tard sur le bord du trottoir. Il monta dans sa voiture, une Rolls blanche, jeta négligemment le manuscrit que je lui avais remis en signe "d'à Dieu" sur le siège arrière de sa berline et démarra sans un regard dans ma direction.

-"Je souris intérieurement, me promettant de me servir de mes pouvoirs pour le punir de son manque de coopération ! "

Grape vine

Les pouvoirs

-"Ces pouvoirs ! Je les sentais enfouis au fond de moi-même, je n'en avais fait l'expérience que d'un seul, et encore sans l'avoir cherché, en me promettant de ne plus y recourir ! "

Ce matin-là, comme beaucoup d'autres, je m'étais levée de très bonne heure. J'avais prié, lu et écrit quelques lettres qu'il m'était recommandé d'envoyer. Ma toilette était faite et la première promenade de Nelson effectuée, le petit déjeuner préparé, puis pris avec Richard et Bruno. Une machine à laver tournait avec du linge, les pièces de séjour remises en ordre. J'avais assisté au départ de Richard auquel je faisais depuis toujours un petit coucou par la fenêtre. Bruno s'apprêtait pour aller prendre son train et partit relativement tôt ce matin-là. Je fis le lit dans notre chambre et ayant bien œuvré, je m'accordais un instant de répit en m'allongeant de tout mon long sur la couverture de fourrure blanche qui le recouvrait.

Je fermais les yeux en songeant à mon désir d'enfant refoulé par Richard et au fait qu'il se plaignait que je n'étais plus aussi enthousiasme pour faire l'amour. Personnellement j'attribuais ce fait à la petite révolte interne que je ressentais à la suite de son refus réitéré, bien qu'une amélioration de sa santé se fasse sentir. Je réalisai soudain que j'avais besoin de cette montée d'énergie qu'apporte l'orgasme et qu'après tout, en me concentrant, je pouvais obtenir satisfaction. Sans lever le petit doigt, en pensant avec intensité aux parties de mon corps par lesquelles habituellement passait la jouissance, je sentis monter et vibrer cette énergie qui déferla en moi m'apportant vigueur, douceur et contentement. Après l'avoir savouré, je me dis que ce bien-être était égoïste et que je n'avais pas le droit d'y recourir.

-"Les vieux interdits, les tabous de la religion, resurgissaient pour mettre une barrière à ce pouvoir que je sentais ne pas être le seul en moi ! Je me promis, presque à regret, de ne plus me laisser tenter par cette puissance et de garder pour moi cette révélation qui pourrait paraître diabolique et qui, étant donné ce qu'il m'avait été dit que j'étais, venait peut-être de cette source, même si celle-ci était renaissante à la Lumière."

C'est pourquoi je fus stupéfaite d'avoir pensé aux pouvoirs lorsque mon "colérique" sembla refuser de comprendre à demi-mot ce que j'espérais de lui. A cet instant où mon esprit les évoquait, je me dis tout en montant en voiture pour prendre le chemin du retour vers le bureau, que chaque mois je lui trouverais une punition, je ne songeais pas à laquelle dans cette minute-là, mais je me rappelle très bien avoir lancé une sorte d'anathème chaque mois à la même date pendant un an.

J'avais pensé que cela le ferait réfléchir chaque mois et comme cela ne semblait pas être le cas, je cherchais une punition plus frappante, à ma grande honte j'allais jusqu'à invoquer son passage dans une vie ultérieure où il comprendrait son erreur !

 -"Ce n'est qu'un an après cet ultimatum que j'appris incidemment son décès à la suite de l'une de ses grandes colères qui le laissait pantelant ! Je me pose encore la question d'une coïncidence, et je préfère la supposer. "

Je me gardai bien, je peux l'assurer de recommencer l'abus de pouvoirs que l'on ne connaît pas vraiment ! 

Grape vine

Dans le même temps j'avais noué des liens amicaux avec ma voisine, très solitaire, habitant l'appartement situé en dessous du nôtre. Elle était d'origine allemande, mariée à un Français qui était ingénieur. Ils n'avaient pas d'enfants et le déploraient. Ils s'étaient attachés aux enfants du frère de Christa mais ils voyaient fort peu ces derniers, leur mère leur interdisant de venir séjourner chez leur tante et leur oncle. Cette femme menait une vie impossible à son mari, d'après ma voisine, très prise par sa profession dont je ne me rappelle plus la nature, elle dépensait, sortait et buvait beaucoup. Cela soulageait un peu Christa de me parler de ses problèmes qui lui tenaient à coeur pour son frère qui souffrait, ainsi que ses enfants de la situation. Je lui proposais d'écrire à sa belle-sœur qui comprenait la langue française, ceci parce que j'avais eu l'inspiration que je pouvais agir. Christa accepta. Par discrétion pour elle et son mari, je n'indiquais pas mon adresse et postais mes lettres de Neuilly. De ce fait je ne reçus aucune réponse, l'on s'en doute !

-"Cependant, bien que je n'aie gardé aucune trace de ces courriers, je me souviens qu'ils m'étaient inspirés et que la dernière lettre apportait une révélation importante pour cette jeune femme (elle était un ange fidèle en expérience) qui l'aida à prendre une décision difficile sans doute, se séparer de sa famille pour vivre sa vie ailleurs. Les enfants retrouvèrent le calme perdu, leur père se remaria plus tard et Christa revit ses neveux."

Christa aimait beaucoup les chiens et avait plaisir à promener Nelson lorsqu'elle faisait de grandes ballades dans la forêt de Louveciennes avec son mari. Ils étaient de bons marcheurs et emmenaient Nelson jusqu'à l'orée de l'autoroute. Ils le tenaient en laisse, heureusement, mais par ce fait Nelson connaissait comme sa poche les aller et retour pour circuler de chez nous à la forêt, ce qui me valut plusieurs fois des absences de celui-ci au moment de partir pour le bureau. Je dus même, par deux fois, le laisser, car je ne savais où il était parti, et je le retrouvais le soir, ayant parfaitement reconnu son chemin pour rentrer manger !

Grape vine

Notre groupe de communauté s'était un peu remodelé, Jean ne désirant plus faire partie de cette petite assemblée qui lui rappelait trop les moments où il y venait avec son épouse décédée d'un cancer récemment. Elisabeth et Jean-Paul assurait la mise en route d'une nouvelle équipe maintenant. Nous nous retrouvions à sept, dont le couple Anne-Marie et Georges, Rosemarie, Christiane, Jeanine et moi-même, Cyril venait aussi régulièrement se joindre à nous. Les repas les uns chez les autres, à tour de rôle, étaient très sympathiques. Richard ne voulait toujours pas y participer, pourtant au cours des deux années qui suivirent, il accepta : une invitation du couple, seuls et nous la rendîmes, ainsi que deux invitations faites à Rosemarie et une autre fois à Cyril. Plus tard à Pierre le fils de Cyril.

J'avais plus d'atomes crochus avec Rosemarie, Christiane et Jeanine, aussi m'ouvris-je à elle de mon désir d'enfant. Sachant que j'avais fait les examens désirables, qu'ils étaient bons, mais également que Richard arguait toujours de son mauvais état de santé, elles me conseillèrent d'essayé de ne plus y songer. Ce fut, au final, une circonstance curieuse qui m'en dissuada. Nous allâmes, Richard et moi-même, voir le film "Escalibur" à Parly II.

-"Dès que je saisis le sens symbolique de la légende, je compris qu'il ne fallait plus que je demande un enfant à mon mari. Sur le moment je n'aurais su expliquer pourquoi je faisais ce rapprochement, ce n'est qu'au fil des mois et de l'année suivante que je reçus la certitude que j'avais vu juste ! "

Je reviendrai sur des événements qui se passèrent au cours des mois précédents et simultanément à ce que je vais raconter maintenant qui se situe en juin 1982.

Pour les raisons d'amitié citées plus haut je décidais de parler à Rosemarie, Christiane et Jeanine des événements surprenant qui avaient suivis ma conversion ce 15 février 1981. J'échangeais individuellement avec chacune d'entre elles en leur remettant la toute première version de "La première et merveilleuse histoire d'Amour du monde" à lire, après mes explications plus succinctes.

Rosemarie me reçut ce jour-là dans son charmant jardin à l'anglaise si délicieusement fleuri. Elle m'écouta gravement, me parut comprendre tout en semblant assez effrayé par le côté "ange des ténèbres" appliqué à ma personne. Elle me cita cependant ses propres visions qui l'avaient menée à ces sortes de vœux qui la rendaient totalement dévouée à l'Eglise qu'elle servait toujours vêtue de blanc. Elle trouvait un côté psychologique à la chose évoquée et fut contente que je lui dise que j'allais également en parler avec Christiane et Jeanine.

Je rencontrais Jeanine au cours d'une promenade avec Nelson dans la forêt près de la Celle Saint Cloud où elle habitait. Etant conseillère conjugale, donc un peu psychologue et en connaissant plusieurs, elle me conseilla d'en voir un, qui était un religieux, et qui recevait dans le contexte de l'activité de Jeanine. Elle me donna également plus tard les coordonnées d'un psychiatre. Je lui remis le texte cité plus haut accompagné du petit mot suivant :

"Le 2 juin 1982

Ma chère Jeanine,

Si Dieu m'a invité à te faire certaines confidences et à te donner à lire ce qui resurgissait de ma mémoire, c'est parce qu'Il désirait que tu sois témoin. Garde tout cela en ton coeur et garde-moi ton amitié. Je conserve moi-même, en mon coeur, beaucoup de vérités, qu'il est trop tôt de dire et c'est parfois lourd d'y faire face humainement seule.

Son soutien m'est précieux, mais les choix sont difficiles pour ne plus jamais être séparée de Lui.

Fraternellement."

Christiane me reçut chez elle. J'étais un peu confuse de la troubler parce qu'elle passait des moments conjugaux très difficiles étant récemment séparé de son mari. C'était une personne d'une foi profonde et de bons conseils, très chaleureuse et j'espérais beaucoup de sa clairvoyante sagesse. Elle fut compréhensive, à l'écoute, mais se réserva pour une réponse, après que Jeanine, qu'elle avait convoquée, soit venue nous rejoindre un peu plus tard. Je pense qu'elles s'étaient sans doute déjà entretenues à mon sujet puisque je trouvais intentionnellement la photocopie de la lettre suivante accompagnant le texte que j'avais remis à Jeanine ! Cette dernière écrivait à Christiane :

"Chère Christiane,

J'ai gardé ce document plus longtemps pour réfléchir calmement avec un spécialiste. C'est bien une vraie crise … Elle a besoin de savoir que de toute façon nous l'aimons. Il serait souhaitable qu'elle puisse envisager rapidement un traitement réel, mais comment ? Sa réalité est probablement trop pénible. Je te téléphonerai un soir.

Je me dis que Dieu avait peut-être ses raisons de nous confier ce document.

J'ai pensé à toi, j'aurais voulu prier pour l'instant je n'ai pu offrir que mes regrets de ne pouvoir le faire, mais Dieu doit connaître le poids des regrets et en écrivant cela je pense pourquoi pas une prière de regrets pour d'aider à moins regretter.

En toute amitié.

Jeanine

P.S. à remarquer le dédoublement page VI, confusion elle et lui, Ange et elle, etc." (Raison pour laquelle il m’a été suggéré en 2020, de préciser la féminité de l’Ange de Lumière, car elles ne l’avaient pas comprises)

Ayant trouvé cette lettre, j'écrivis à mon tour à Christiane :

"Le 9 juin 1982

Chère Christiane,

J'aurais aimé hier te dire combien je pensais à toi dans les moments douloureux que tu traverses, mais au moment de le dire j'ai senti que vous décrochiez toutes les deux, sur mes derniers propos, qui vous semblaient encore plus "vraie crise" que les autres.

Cependant, un jour en te téléphonant, essayant de te réconforter maladroitement, je te disais que Dieu te réservait peut-être une merveilleuse surprise en compensation de tes souffrances. Mais sans doute ne t'apparaîtrait-elle pas comme telle, puisque, comme je le craignais en venant et pensais d'ailleurs que vous me le diriez de vive voix, vous me pensez en "dérangement". Bien que vous ne me l'ayez pas dit, je vous ai à plusieurs reprise, tendu la perche, car c'était logiquement ce que j'attendais comme première réaction !

Par délicatesse peut-être, avez-vous préféré, la lettre restée dans l'enveloppe, c'était plus facile à dire, à moins que ce ne soit un oubli ? …

Toujours est-il, je ferai ce que vous me conseillez et je vous remercie de votre amitié.

-"Cependant, en ce qui concerne le P.S., la confusion ou dédoublement est voulue et j'ai hésité à l'employer à l'origine, mais ce mode s'imposa à moi. Jusqu'à la révolte, l'ange de Lumière pouvait être considéré comme esprit sans sexe défini, son nouvel esprit dû à la réaction dans le sens du mal laissait réapparaître la dualité prise en charge pour en libérer Dieu au moment de l'éclatement primordial et le situait par son comportement dans le rôle d'épouse révoltée et de la mère craignant de perdre des enfants, d'où la nécessité de l'emploi du féminin. "(Ceci explique ma note de 2020 à la suite du texte de "La première et merveilleuse histoire d'Amour du monde")

C'est ainsi que je le percevais, peut-être que cela aggrave encore mon cas ? ! 

Néanmoins, ayant fait ce matin un certain nombre de choses matérielles et nécessaires à la bonne marche d'un foyer, je me suis rassérénée en constatant que j'avais les pieds sur terre et que je pouvais t'écrire ce qui suit :

"Tu portes les marques des anges fidèles et c'est pour cela que Dieu m'a envoyé vers toi."

Je t'embrasse fraternellement, car maternellement passerait peut-être mal, et pourtant ! "

Ainsi ce que je redoutais était arrivé ! Il n'y avait "d'Inquisition" mais mes amies dans la foi me pensaient "dérangée", mon mari, par amour, me laissait dire sans paraître s'en offusquer, il accepta très bien l'idée des rencontres avec le psychologue religieux et le psychiatre médecin.                            
Restait l'Archange !     

Grape vine

S​uite

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Table des matières

- Chapitre VIII - Extrait VI - Le voile se lève -

  I Haut de page : Le colérique - Les pouvoirs - Confidences I

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Copyright by Micheline Schneider -Chapitre VIII - Extrait VI - Le colérique - Les pouvoirs - Confidences.
 "La première et merveilleuse histoire d'Amour du monde ou Hologramme d’une VIE humaine pour une Entité Divine "

     

Date de dernière mise à jour : 19/05/2020