Quatrième partie - L'Amour - 1981 - 1994

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CHAPITRE VIII - Le voile se lève - 1981 - 1988

Extrait IV - Rencontres de type familial et extra familial

Grape vine

Au retour de ces vacances, Richard qui avait beaucoup souffert de la chaleur ne se sentait pas en pleine forme. Il se replongea cependant dans le travail quotidien. Quand il chercha en septembre à approfondir le problème en consultant le médecin, force fut de constater qu'il avait fait une hépatite virale en juillet et août, sans s'en préoccuper et qu'il en était affaiblit.

Vincent, le fils d'Eric et de Christine naquit le dix septembre 1981. Premier petit-fils, nous étions tous dans la joie et c'est en famille avec nos "ex" que nous sablâmes le champagne au-dessus de ce petit berceau ! Malheureusement son petit occupant digérait mal son lait et dû avoir recours au jus de carotte, lui !

Mon idée d'enfant me trottait toujours dans la tête et j'entrepris une nouvelle approche auprès de mon mari pour l'obtenir. Arguant de sa santé qui laissait à désirer, il me dit :

-"Vas consulter ton gynécologue. Selon les résultats des examens qu'il te conseillera, nous verrons si c'est une bonne initiative de faire un enfant à nos âges" (lui quarante sept et moi-même quarante six).

Ce gynécologue que je connaissais depuis 1970, m'avait fortement déconseillé cet enfant en 1973, quelques mois avant mon remariage, mais lui-même et sa femme, dans les mêmes âges que nous-mêmes venaient de mettre au monde une petite fille et en étaient très heureux ! J'évoquais ces faits en le consultant, il parut avoir quelques remords de son conseil d'alors et me fit faire les examens nécessaires qui s'avérèrent bons. Restait à nous de faire le choix ! Pour Richard, malgré le côté positif des résultats, il se retrancha derrière son actuel mauvais état de santé pour refuser de concrétiser, pour le moment, mon rêve d'avoir un enfant de l'homme que j'aimais ! …

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La branche "poissons" de notre activité, que nous avions essayée d'étendre grâce à la présence d'Eric, le fils aîné de Richard, ne s'avérait pas rentable comme nous le souhaitions et Eric ayant une autre place en vue, où il pourrait mieux prospérer dans ce domaine, nous quitta dans le courant de ce dernier trimestre. Par contre, Isabelle, sans activité ni métier réel, vint prendre la relève pour se former en dactylographie et messagerie télex et téléphone.

Pour ma part, nos nouveaux programmes ayant progressé, je passais ma comptabilité de l'ancien système par décalque à celle sur PC. La tenue des stocks laissait largement à désirer et cela dura encore plusieurs mois de patience ! 

Les rencontres que j'avais faites avec des couples et des célibataires de la paroisse lors du congrès charismatique de Lourdes m'avaient enchantée quant à leur qualité, faite de foi, de solidarité, de compréhension et de gentillesse. L'accueil que m'avait réservé un groupe dans lequel Rosemarie m'avait proposée de m'intégrer début octobre, m'incitait effectivement à en faire partie et à replonger dans une vie paroissiale et de partage de la foi, par un travail en commun.

Richard ne voyait pas cela d'un très bon œil. Il supportait mal que j'aie de nouveaux amis, notamment Rosemarie. Il semblait toujours qu'il ait une "dent" contre elle parce qu'elle m'entraînait dans de petites actions dont il ne désirait pas faire partie ! Il me fit une fois cette réflexion :

-"J'aimerais mieux te voir me tromper avec un homme, parce que cela ne durerait pas avec Dieu, ce sera éternel !"

Peut-être aussi, ai-je eu droit à cette réflexion parce qu'il me trouvait changée. Je dois reconnaître que mon état d'esprit devenait différent. Plutôt coquette et aimant me maquiller, les toilettes ne m'intéressaient plus et je continuais de me maquiller les yeux, non plus pour ma satisfaction personnelle, mais pour lui faire plaisir ! Une autre cause de reproche, justifiée d'ailleurs, était que je me désintéressais des rapports sexuels, comme si je n'étais plus qu'esprit. Mon amour pour lui avait évolué vers plus d'élévation spirituelle, mais je ne le lui traduisais plus pour sa satisfaction ! Il faut dire, qu'échaudée par son refus d'enfant, l'acte d'Amour tel que je l'avais toujours considéré, don total de soi pour la joie et le bonheur de l'autre, trouvait maintenant à cet égard bien des lacunes, me semblait-il ! 

Lors de la première rencontre, avec le groupe de partage dont je parle plus haut et qui eu lieu chez Christiane, je fis la connaissance d'un premier couple, Suzanne et Henri, lesquels étaient à l'âge de la retraite et avaient trois grands enfants adoptés et mariés pour deux d'entre eux, ils avaient un coeur en or et une présence qui réchauffait l'âme. Un autre couple, parents de deux grands enfants, très uni également, Isabelle et Jean-Pierre, sensiblement du même âge que moi-même, étaient très chaleureux et chrétiens efficaces. Je les avais déjà rencontrés à Lourdes, je leur devais que mon intégration tardive, lors de ce pèlerinage, se soit bien passée et de m'être sentis entourée. Il y avait aussi Paul qui sortait à peine du deuil douloureux de son épouse décédée d'un cancer. Jeannine, conseillère conjugale, mariée et mère de famille de deux fillettes. Un troisième couple : Georges était expert comptable et sa femme, Anne-Marie travaillait partiellement avec lui. Georges se plaisait à dire qu'il avait "la foi du charbonnier" ! On le sentait solide comme un roc. Ils avaient aussi des enfants. Enfin, il y avait Cyrille, un Anglais très bavard, au demeurant fort intéressant. Il avait perdu récemment son épouse, d'un cancer, elle aussi. Il avait de nombreux enfants, plusieurs étaient mariés, avec des enfants pour certains. Bien entendu, Rosemarie faisait partie de ce groupe et en était un peu l'âme.

J'expliquais le plus simplement possible le motif de ma "conversion", en résumé : mon retour vers Dieu dû au constat que l'amour humain existait, l'ayant vécu dans la difficulté auprès de mon second mari, je m'étais dit que l'Amour divin devait exister également. J'avais cherché Dieu à travers les livres que l'intuition et la bonté divine mettaient sur ma route. Il y avait beaucoup d'émotion dans ma voix et je sentais qu'elle était amicalement partagée, ce qui m'aida beaucoup à m'assimiler rapidement au groupe. Notre curé, n'était pas présent lors de cette soirée et Rosemarie me conseilla de prendre rendez-vous avec lui pour dialoguer sur ce sujet et me confesser. Ce que je fis.

J'obtins ce rendez-vous de notre père curé et doyen et lui expliquais succinctement ma vie jusqu'à ma conversion. Le temps nous manqua pour aller plus avant, parce qu'une autre personne l'attendait dans la pièce voisine de son bureau. Je ne parlais pas de confession plus intime, il semblait accepter sans reproche où réflexion désobligeante la constatation que j'avais divorcé et étais remariée ! J'aurais pourtant aimé aborder les différents faits qui avaient suivi cette conversion ! Par la suite, un concours de circonstances fit qu'il devint inabordable et je compris qu'il ne fallait pas que j'aille plus loin Je n'étais pas encore assez instruite.

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En ce dernier trimestre 1981 plusieurs faits se succédèrent :

Isabelle et Sophie avaient depuis quelques mois envahie leur frère Bruno dans son petit appartement de la Défense, et le pauvre garçon n'en pouvait plus de les supporter. Le voyant en si piteux état - le médecin avait diagnostiqué la spasmophilie - je suggérais à son père que nous le prenions à la maison - puisque nous avions une chambre de libre - pour l'aider à surmonter ses problèmes. Le temps que les deux filles trouvent elles-mêmes une solution pour se loger et pour nous de résilier le bail, Bruno vint s'installer à la maison.

Dans le même temps, je fis plus ample connaissance avec Suzanne et Henri dont le couple me paraissait un si bel exemple. Suzanne était en souci avec la santé de son époux bien que ce dernier ne le laissa pas voir. Elle était souvent seule, Henri se reposant, lorsque j'allais lui rendre visite. Elle aimait me parler de ses enfants, de ses activités à la paroisse et de différentes réflexions sur la foi pour lesquelles nous avions une sorte d'écho réciproque ! Elle me rappelait beaucoup ma grand-mère maternelle, elle était la mère que j'aurais aimé avoir ! 

Un jour où nous parlions, malgré tout, de problèmes quotidiens et terre-à-terre, je lui dis que j'avais un problème de chasse d'eau dans les wécés lave-mains, comme c'était le vendredi matin, j'avais peu de chance de trouver un plombier et toute notre petite tribu venait le dimanche !

-"Qu'à cela ne tienne me dit-elle, mon gendre est très bricoleur, il peut vous dépanner. Je vous l'enverrai demain matin."

C'est ainsi que je vis débarquer, le samedi matin, un grand garçon sympathique d'une quarantaine d'année. Le cheveu châtain clair et frisé, l'œil en amande et très bleu. "Je suis le gendre de Suzanne, me dit-il avec un grand sourire :

-"Je viens voir si j'ai la pièce qui pourrait dépanner la chasse d'eau !"

Après une plongée dans l'objet du délit, il constata qu'il avait vraisemblablement chez lui ce qui était nécessaire.

-"Je reviendrai cet après-midi me dit-il - il était déjà onze heures et demi passé - et je pense que je pourrai réparer la chasse."

 Je le remerciais vivement de son aide et lui dit, à bientôt, après quelques échanges classiques de courtoisie.

-" Effectivement, un coup de sonnette vibra à la porte palière dans le cours de l'après-midi. Lorsque j'ouvris cette dernière, le gendre de Suzanne m'apparut, la chevelure nimbée par la lumière projetée par le plafonnier du palier. Souriant, il me dit simplement :

- "C'est Michel, j'ai trouvé ce qu'il vous fallait, excusez-moi, j'ai mis un certain temps à sa recherche ! " Il entra.

Richard et Bruno qui discutaient dans le salon vinrent le saluer et échangèrent avec lui quelques considérations sur Louveciennes, sur notre appartement, et sa maison qu'il était en train d'agrandir, nous expliqua-t-il, exécutant cet énorme travail par lui-même, presque sans aide, sauf celle de sa femme Marie-Françoise et parfois de l'un des frères de celle-ci. Il remplaça rapidement la pièce défectueuse, bien qu'elle fut récalcitrante à sortir de son logement et lorsqu'il eu terminé, déclina l'invitation à prendre un café, sous le prétexte du travail à reprendre sur sa maison et du fait que déjà très nerveux, il devait mesurer l'absorption de café. En partant, il me dit qu'il était très heureux d'avoir fait notre connaissance et qu'il espérait que nous nous reverrions, que je n'hésite pas à l'appeler à l'aide dans des circonstances analogues ou autres.

-"Après cette rencontre, je me souviens m'être faite la réflexion que ce garçon était fort sympathique et que je ne savais pour quelle raison, il évoquait comme un moment d'éternité indéfinissable..."

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Sophie s'était trouvée une chambre, comportant un minuscule escalier permettant d'accéder à une lucarne d'où l'on plongeait sur les toits de Paris, située à Montmartre. Nous nous étions portés garants pour elle et l'avions cautionnée financièrement. J'avais essayé de rendre sa chambre agréable, mais elle n'y vécu pas très longtemps, car elle y déprimait. Je crois que le précédent locataire, un jeune homme, s'était pendu dans cette pièce ! Elle préféra aller vivre chez son amie Nasséra. Isabelle était partie revivre avec son ancien ami Jacky, dans la maison que le père de ce dernier avait laissé à son fils et à sa fille après le décès de la maman de ces derniers.

Un peu avant les fêtes de fin d'année, Philippe nous appris qu'il allait se fiancer pour la Saint Sylvestre. Sa décision nous parut bien rapide, mais il avait déjà vingt cinq ans ! Il avait rencontré Véronique dans le cadre de son activité dans une grande surface d'Aix-en-Provence, où elle était caissière intérimaire pour les mois d'été. Seule Sophie, qui avait débarqué à l'improviste chez Philippe dans le courant de l'été, la connaissait. Il nous envoya une photo de la jeune fille en question qui était de sept ans sa cadette, en nous disant : "C'est elle qui viendra vous chercher à l'hôtel pour vous conduire chez ses parents." Monique et Georges accompagnée de Sylvie nous rejoignirent, ils devaient coucher dans leur camping-car sur un terrain voisin de la maison des parents de Véronique.

Avant ce déplacement pour les fiançailles, deux réunions familiales eurent lieu. L'une, le soir du réveillon de Noël, chez Jacky et sa sœur, regroupant autour d'Isabelle, nos "ex" et nous-mêmes et tous nos enfants sauf Philippe, et le petit Vincent qui devenait bien mignon. L'autre, le dimanche suivant, 27 décembre, à Louveciennes, chez nous. Cette fois-ci les deux plus jeunes enfants de la famille étaient réunis. Thomas, le fils de mon neveu Patrick, né le 1er août 1981, dominait de ses cinq mois notre petit Vincent qui n'en avait que trois et demi. Maman, nos enfants, ma sœur et sa famille, sans oublier le chien Nelson, nous fêtions l'entre deux fêtes dans la joie.

Cependant, j'étais en souci pour la santé de "mes deux hommes" présents à la maison, car l'état de Bruno ne s'améliorait que très lentement, et celui de Richard s'aggravait. Il avait des battements de coeur, des vertiges, et la route du réveillon sous la neige, pour nous rendre à Gazeran chez Jacky et Isabelle, avait été épique, voire même dangereuse, tant il ne se sentait pas en forme. La présence dans notre demeure de son fils Bruno le troublait, car ce dernier était dépressif. Ils partaient l'un et l'autre dans des discussions sans fin où ni l'un ni l'autre ne voulait avoir tort. Il m'arrivait souvent d'être de l'avis de Bruno, plus proche de moi-même pour certains principes et cela agaçait Richard. Si nous ajoutons à cela ma conversion qui l'avait d'autant plus révolutionné, qu'il n'approuvait pas que je me fasse des amis loin de lui, mais qu'il ne désirait pas se joindre à nous, tout en me laissant la liberté d'agir à ma guise, c'était sa forme de tolérance !

Cependant, Richard prétendit qu'il se sentait assez bien pour prendre la route du midi pour se rendre aux fiançailles de Philippe et Véronique. Je le relayais un peu sur la route. Bruno garda Nelson.

Véronique était une jolie fille aux longs cheveux châtains bouclés, aux yeux d'eau verte, à l'accent volubile. Elle savait ce qu'elle voulait et ses parents aussi, sans doute, puisqu'ils avaient exigé des fiançailles rapidement pour protéger leur fille, dans leur esprit, je crois parce que nos jeunes avaient devancé quelque peu le mariage ! …

Tout se passa simplement et courtoisement, chacun acceptant avec plus ou moins d'enthousiasme les différences de l'autre ! 

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Copyright by Micheline Schneider - Chapitre VIII - Extrait IV - Rencontres de type familial et extra familial
 "La première et merveilleuse histoire d'Amour du monde ou Hologramme d’une VIE humaine pour une Entité Divine"

Date de dernière mise à jour : 17/05/2020