Quatrième partie L'Amour - 1981 - 1994

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CHAPITRE VIII - Le voile se lève - 1981 - 1988

Extrait III - L'ange des ténèbres

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Dans les jours qui suivirent, je décidais d'arrêter de prendre la pilule contraceptive. Cela me semblait plus compatible avec ma foi renaissante. Lorsque j'en parlai à mon mari, je fus bien obligée de lui expliquer la raison de ma décision. Il me paraissait normal d'avoir son accord. Jusqu'ici, il m'avait toujours refusé l'enfant que j'aurais tant voulu de lui. Maintenant, je me disais qu'ayant reçu le pardon de mon Créateur, je pouvais peut-être espérer sans crainte un enfant de l'homme que j'aimais et qui m'avait redonné le goût de Dieu !

Richard fut très incrédule quant à ma "conversion" puisque c'est ainsi que l'on nomme un retournement de tout l'être en renouveau qui se propulse avec Amour vers Dieu ! Il accepta difficilement l'idée que je cesse de prendre la pilule. Seul le fait que mes migraines incessantes passent pendant le temps d'arrêt, le poussa à me dire, oui. Je n'avais pas parlé d'enfant, sachant qu'il fallait plusieurs mois avant de l'envisager lorsque l'on cessait les contraceptifs.

Tout à la joie de ces retrouvailles avec Dieu, je désirais la faire partager et la personne à laquelle je pensais, en dehors de mon mari et de maman, les premiers informés, était ma sœur Jacqueline qui avait rejeté depuis longtemps toute croyance. Je lui téléphonais en lui disant que je désirais lui parler de quelque chose de particulier qui m'était arrivé, mais sans préciser. La première question qu'elle me posa fut :

-"As-tu des problèmes avec ton mari ?"

 Elle semblait consternée à l'avance ! Je la rassurais et lui dis, qu'au contraire, j'étais dans la joie !

Ma sœur et mon beau-frère habitaient à Dunkerque à cette époque-là, mais ils avaient un pied à terre à Paris, aussi me dit-elle :

-"Je viens à Paris la semaine prochaine, où veux-tu que nous nous rencontrions ?"

Je lui proposais la Porte Maillot, pas trop éloignée de notre bureau de Neuilly, car je désirais la voir seule.

Je pense que cette rencontre eut lieu un jeudi et c'est en marchant dans le Jardin des plantes que j'essayais de lui expliquer la grâce qui m'avait été faite. Que c'est difficile de faire passer l'indicible, le bonheur intense que donne la certitude de la Présence du divin en soi-même ! Je n'y parvins certainement pas d'ailleurs. Jacqueline versa quelques larmes émues, cependant, et me dit :

-"Je suis heureuse que ce soit cela que tu m'apprennes. Je ne te cacherais pas que je craignais le pire, une séparation d'avec Richard, pour, je ne savais quelle raison supposer ! "

Rassurée, elle me posa quelques questions, mais je la sentais totalement hors du sujet, comme si elle me considérait comme "un peu fêlée" ! 

La nuit suivante un rêve s'imposa à moi : je voyais ma sœur vêtue comme elle l'était ce jour même d'un manteau écossais où la couleur brune dominait. Elle gravissait un sentier de terre battue, rocailleux par endroit. Il était en pente moyenne et elle montait lentement mais d'un pas régulier en regardant devant elle. Mon esprit se posait près d'elle et de là je voyais au loin une lumière diffuse tout en haut du chemin. Je fus rassurée pour elle. Jacqueline a beaucoup de qualités et de charisme, je pensais qu'elle faisait son chemin doucement et arriverait au but. 

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Nous avions déménagé nos bureaux pour le premier mars et c'est aussi ce mois-là que notre nouveau matériel informatique devait nous être livré. Ce qui fut fait en son temps. Par contre, bien que l'analyse ait été faite plusieurs mois au préalable, nous eûmes la désagréable surprise de constater que la programmation était loin d'être au point. Le très jeune informaticien qui nous la présenta était débutant dans ce métier. Malgré toute sa bonne volonté, il lui fallut bien se rendre compte, quand il me présenta son travail et que je le testais, qu'il lui restait beaucoup à faire pour qu'il devienne opérationnel. En effet, il se passa des mois avant que je n'obtienne ce que nous désirions, qui pourtant avait été exprimé clairement à l'analyste ! …

Le souvenir que je garde de cette période de mise en route est cependant positif, parce que ma foi renaissante me donnait la patience nécessaire pour faire face à ces lenteurs irritantes pour Richard qui eut quelques accrochages avec le programmeur, parce qu'il ne comprenait pas toujours assez rapidement, à son goût, nos besoins informatiques !

J'avais pris en amitié ce futur jeune père de famille qui me rappelait mon fils Philippe par certains aspects physiques ! Sauf les yeux qu'il avait verts, ce jeune Berbère, né en France, avait comme lui les cheveux châtain clair et légèrement bouclés et une certaine allure dégingandée ! Il nous arrivait de discuter de religion, il était attiré par le bouddhisme tout en étant musulman. Lorsque je voulus lui rapporter une médaille de Lourdes pour son bébé il me dit :

-"Non, non, pas d'images religieuses quelle qu'elles soient !"

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Nous fêtâmes, le quatorze mars, les vingt ans d'Isabelle "Aux chandelles", un charmant petit restaurant de Louveciennes que nous fréquentions assez souvent, étant Richard et moi-même, toujours partant pour un repas gastronomique ou de bonne cuisine plus modeste. Il faut reconnaître que cela a été, la plupart du temps, l'une de nos sorties préférées !

J'allai un peu avant Pâques m'informer des horaires des messes pour cette fête. Je fis la rencontre de Rosemarie, une Ecossaise, mariée puis divorcée d'un Juif Français dont elle avait eu plusieurs enfants, dont cinq sur les six étaient décédés. Rosemarie s'était convertie quelques années plus tôt, avait eu une expérience mystique qui l'avait conduite à se vouer à Dieu, et toujours vêtue de blanc, elle vivait seule, s'occupant des œuvres paroissiales, des jeunes, de l'équipe d'entretien de l'église, du service de la messe, des équipes de "communauté".

Je sympathisais tout de suite avec elle, nous avions le même âge à un an près. Je lui expliquais brièvement ma conversion et mon désir de revenir dans le sein de l'Eglise. Elle me suggéra de venir à la veillée pascale et de reprendre ainsi un premier contact chaleureux avec mes frères. Ce que je fis en y assistant le 18 avril 1981, avec ma maman.

Dès ce soir-là j'allais communier. Me sentant entièrement pardonnée, je n'éprouvais pas le besoin de me confesser, portant le pardon reçu avec allégresse. Cependant j'assistais à une confession collective qui me sembla ne rimer à rien ! Par la suite, Rosemarie m'incita à la confession plus intime.

C'est dans cette période quelque temps après Pâques que j'écrivais à Georges, mon ex mari et père de mes enfants une lettre dont j'ai retrouvé le double et qui exprimait mon retour à la foi dans ces termes :

"Mon cher Georges,

"Je viens te dire que j'ai retrouvé profondément la Foi. Après plusieurs années de recherches et d'aspirations vers Dieu, ce dernier m'ayant guidé dans mes lectures et ayant le désir de lui plaire, j'ai pris conscience de mon Amour pour Lui et de Son existence certaine.

"Aussi, étant pardonnée, je viens te dire que tu l'es aussi et qu'il te faut, en demandant l'aide de tes chers parents, toi-même, faire les premiers pas, dans ce sens.

"Nous avions fait une erreur de jeunesse en nous choisissant, et Dieu en Sa bonté l'a bien voulu reconnaître. Cependant pour toi, la meilleure façon de t'En rapprocher, est de prendre en mains l'éducation de ton jeune fils, que de lui tu t'occupes sans faiblesse et en fasses un homme digne de foi. Sois un père conscient, un époux plus attentif.

"Je te joins un livre pour t'aider à instruire Frédéric. (Il s'agissait de la Bible illustrée par des enfants).

"Je t'embrasse affectueusement. (Signature)."

Je sus par Sylvie, courant mai, que ce livre lui était bien parvenu et qu'il m'en remerciait, mais ce fut le seul écho ! 

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-"J'étais heureuse d'avoir retrouvé Dieu le Père Bien-aimé, Il m'enseignait par l'intuition, cette voix du divin qui vit en nous-mêmes, puis Il me guidait dans mes lectures pour la confirmer. Ma foi est en Jésus-Christ. "

Cependant, j'étais comme "bloquée" par Marie ! Pour y remédier, je sortis d'un placard, un buste de la vierge à l'enfant donné par ma grand-tante Anna qui était religieuse et le posait entre deux bougeoirs vénitiens sur la commode de notre chambre. Je lui disais : "Marie, je sens que je sais très mal te prier et pourtant j'ai besoin de ton aide. Le choc des retrouvailles avec Dieu a été violent et il me faut approcher de toi avec douceur, je n'arrive pas à te prier."

Il me vint à l'idée de poser de chaque côté de la statuette, un vase bleu, du même bleu que les tentures des murs de notre chambre et comme forme de prière je déposais fréquemment des roses rose pâle, ne trouvant pas de roses rose thé aussi petites.

-"Ensuite, petit à petit, tout se clarifia, je réussis à prier Marie et à converser avec Elle, comme avec Dieu ou Jésus. Car je dois dire que la transcendance, perçue le premier jour de ma certitude, était devenue aussi naturelle que de converser avec une personne visible. Au début, les voix ressemblaient à la mienne et cela me troublait, car je me disais : si j'expliquais cela, tous me croiraient folle ! … Par la suite, je discernais les subtilités de tons différents selon l'interlocuteur. Lorsque j'arrivais donc à converser avec Marie, cette dernière me dit : "Je suis en toi" et qu'il fallait désormais me conduire comme elle l'eut fait, avec obéissance. "

 Cela se passait au mois de mai 1981.

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Durant ce même mois de mai 1981, nous retournâmes à Rochevilaine passer quelques jours. Nos amis Juifs, Maurice et son épouse Mery vinrent nous rejoindre pour y déguster un repas de fruits de mer.                
Le dimanche, nous les rejoignîmes au "Moulin des Ducs" à Moëlan. Jacqueline et Jacques qui voyageaient en Bretagne aux mêmes dates, nous retrouvèrent dans ce cadre de verdure et d'eau courante, si calme et agréable, le temps d'un délicieux repas et d'une journée.

Le lundi matin, nous reprenions, les uns et les autres, le chemin du retour vers Paris. Pour ma part, je désirais passer à Sainte d'Auray pour prier la Sainte en vue de la guérison d'une fillette, Anna, que notre curé avait recommandée à nos prières. Cette enfant d'une douzaine d'années souffrait d'un manque de plaquettes et la cause n'avait pas été trouvée, sa vie était en danger. Nous partîmes un peu trop tardivement de Moëlan et lorsque nous arrivâmes à Sainte Anne d'Auray, la basilique était fermée. Je résolus d'acheter une médaille au magasin de souvenirs pieux, qui, lui, restait ouvert une demi-heure de plus. Réalisant cet achat, je tombais en arrêt devant une alliance en argent travaillé à la manière bretonne. C'était le genre de bijou modeste que j'avais désiré comme alliance lors de mon remariage avec Richard, et que je n'avais pu trouver ! Je l'acquis avec joie, puis demandais à la vendeuse où je pouvais faire bénir la médaille. Elle me suggéra de me rendre au presbytère dont elle m'indiqua le chemin. A cette heure de midi un prêtre devait s'y trouver de permanence, me dit-elle.

Je franchis le seuil du magasin et m'engageais dans la direction qui m'avait été indiquée. Je passais sous l'arcade qui menait au presbytère lorsque je croisais un prête qui venait d'en sortir. Supposant que c'était lui qui était de garde, je m'approchais de lui et lui demandais s'il voulait bien bénir la médaille.
Il me répondit, oui.                                      .
-"Je lui tendis alors le paquet où étaient enfermées la médaille et la bague, je m'apprêtais à sortir la médaille, mais il me dit : "Non je vais bénir l'ensemble." Ce faisant l'anneau fut béni !"                                      
Le prête rentra avec sa clef dans la basilique où il se rendait.

Je me retournais vers la gauche rangeant les objets bénis dans mon sac, je levais les yeux et me trouvais nez-à-nez avec deux Ecossais en costume traditionnel. L'un était grand et mince, l'aspect un peu sévère, l'autre petit et rond avec une mine joviale. Ils portaient biniou et bombarde et un paquet de journaux sous le bras. Ils m'en tendirent un en me disant avec un délicieux accent : "Connaissez-vous le journal Vers Demain ?" Je me saisis de ce journal qui était daté de septembre 1980. Je vis qu'il était édité au Canada, à Rougemont et surtout constatais le gros titre.

Saint Michel Archange, guerrier céleste

Patron des Pèlerins de saint Michel, pèlerins-guerriers

Ordre fondé par Louis Even en 1935

1935 - 1980, Quarante-cinq ans d'apostolat pour la vérité et la justice

 -" Je me souviens d'un déclic qui s'est fait dans mon esprit, dès que les deux personnages me quittèrent en direction du magasin de souvenirs :

Ces deux étrangers apparus soudain, leurs silhouettes contrastées, le message me nommant Saint Michel et la date de fondation de cet ordre en 1935, date de ma naissance, j'avais l'impression d'être face à deux anges qui m'avertissaient de quelque chose, qui pour le moment ne m'apparaissait pas clairement, mais qui se produirait !"

Je ne m'appesantis pas d'avantage sur l'étrangeté de la rencontre, car il était midi passé et Richard m'attendait dans la voiture à l'orée de la cour de la basilique. Je voulais prier Sainte Anne pour la petite fille, il ne me restait plus que les marches de la "scala sancta" à pouvoir monter en prière, cet escalier étant à l'extérieur. Ce que je fis.

Nous reprîmes la route en direction de la capitale, sans nous attarder pour un repas, jugeant que nous avions été assez gourmands la semaine passée ! 

Le surlendemain, en promenant Nelson de bonne heure, je me rendis à l'adresse de la famille de la petite Anna, comme je le faisais assez fréquemment depuis que je connaissais sa maladie. Ce fus sa maman que je rencontrais, je lui remis la médaille bénie, lui en expliquait la provenance en lui recommandant de la faire porter à sa fille.                                             .
 - "Quelques mois plus tard, je sus par Rosemarie que l'enfant était guérie."

-"Dans les mois qui suivirent, j'ai souvent dialogué, mais j'ai compris qu'il ne fallait pas abuser des questions, agir avec humilité et continuer d'apprendre. "

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Lors d'une réunion paroissiale, notre curé nous signala qu'un jeune homme de la paroisse se présentait à un concours d'orgue. Il nous conseilla de venir l'encourager de notre présence au cours d'un récital qu'il donnerait pour sa répétition générale dans l'église le dimanche après-midi suivant. Comme j'aime beaucoup l'orgue je me rendis avec plaisir à cette invitation ! A l'issue de cet après-midi musical, notre curé nous suggéra de donner nos conseils et encouragement au jeune homme. Personne ne bougea !

Je sentis que Dieu me poussait à agir, mais comme je suis plutôt timide j'hésitais, d'autant qu'il fallait monter un escalier en colimaçon dont j'ai horreur pour atteindre l'estrade haute où était situé l'orgue ! Mais l'ordre entendu était impérieux et je ne voulais pas désobéir à la voix du Seigneur et il me semblait juste de félicité ce jeune artiste. Je pris donc mon courage à deux mains et montais le tortueux petit escalier. Arrivée au haut des marches, je vis un charmant garçon tout aussi timide que moi-même, je le félicitais et l'encourageais pour son concours tout en lui disant guidée par une voix intérieure qu'il fallait qu'il retravaille l'un des morceaux, je ne me souviens plus lequel. Il me répondit qu'il en était conscient, qu'il me remerciait de m'être dérangée, qu'il allait encore répéter dans la soirée. Je redescendis avec appréhension les marches qui me semblaient tourner sans fin, je poussais un ouf de soulagement, arrivée en bas, avec l'impression très agréable du devoir accompli ! Oui, je sais, cela paraît bien peu de chose, mais j'avais dû prendre sur moi pour oser le faire, car je suis ainsi !

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En mai nous fêtâmes les dix neuf ans de Sophie qui logeait chez nous pour quelques temps. Nous constatâmes ce jour-là que le ventre de Christine, la femme d'Eric, s'arrondissait, la naissance du premier petit-enfant de mon mari était prévue pour le début septembre. L'anniversaire de Richard, début juin, suivit de peu cette réunion familiale et fut l'objet d'une nouvelle. Ce fut à la suite de cette journée qu'il se passa ce qui suit :

-"Depuis plusieurs mois à l'écoute de Dieu, dialoguant avec Lui, ce soir-là, je lui dis toute ma tendresse, comme une fille le dit à son père. Je Lui dis que j'aimerais me blottir contre son épaule, au creux de son bras, comme j'étais en train de le faire contre l'épaule de mon mari qui s'assoupissait.  Les merveilleuses chaleur et douceur qui m'envahirent me dirent que c'était bien ainsi que Dieu-Père voulait être aimé ! "

Le lendemain, au cours de mon travail de mise en route du logiciel en formation sur le nouvel ordinateur, je levais les yeux vers le jardin intérieur sur lequel donnait la grande baie vitrée de mon nouveau bureau.

-"Je pensais à Dieu avec tendresse et je me dis que l'ange des ténèbres devait être féminin et que Dieu devait être triste d'avoir perdu l'autre moitié de Lui-même ! Puisqu'Il nous avait créés semblable à Lui-même, Il était malheureux sans l'Etre aimé ! Je lui promis de continuer à tout faire pour que l'Ange de Lumière revienne vers Lui. A ce moment-là, une grande chaleur bienfaisante me pénétra."

 Je me souviens qu'il y avait des iris en fleurs devant la fenêtre, c'était très beau et le souvenir de ce moment exceptionnel reste gravé en moi, c'était en juin.

Le jour suivant, vaquant le matin dans la cuisine aux besognes ménagères, je pensais à Dieu et à ce que j'avais compris la veille.

-"Pour être certaine de ne pas m'être trompée, je le questionnais dans ce sens. Il me dit que j'avais raison et que cet esprit féminin était celui d'une humaine parmi les humains, confrontée à leur vie, leurs difficultés, afin de les comprendre et de ne plus les tourmenter, de les aimer différemment de ce qu'elle avait cru les aimer en tant qu'esprit.

Le Seigneur me dit que cet esprit était le mien ! 

Je tombais à genoux dans la cuisine, face contre le carrelage, en sanglotant tant j'étais effrayée de cette révélation. J'implorais une éventuelle erreur de compréhension de ma part… mais il n'en était rien, dès que j'exprimais cet espoir, Dieu me disait que j'étais bien l'ange des ténèbres."

Petit à petit je me fis à cette idée. Je n'en parlais pas, sauf quelques réflexions "saugrenues" à Richard. Avec le recul, je juge que ce devait être, des soubresauts d'orgueil !!!

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Nous ne connaissions pas encore le nouvel appartement de Jacqueline et Jacques à Dunkerque. Mon beau-frère avait été nommé dans cette ville à la suite de la fermeture imminente du chantier naval de la Ciotat. Nous partîmes passer un week-end auprès d'eux courant juin en emmenant Nelson. C'est en circulant sur un périphérique de Lille que nous fûmes gauler au-dessus de la vitesse permise et dûmes payer une amende de huit ou neuf cent francs. Mon cher mari a toujours eu beaucoup de difficulté à dominer son désir de vitesse, que ce soit la conduite de véhicule ou pour parvenir au but fixé, c'est un impatient, il faut composer avec !

Je rencontrais régulièrement Rosemarie depuis Pâques et elle me proposait de faire partie d'un groupe de communauté qui se réunissait régulièrement chaque mois les uns chez les autres. Notre curé, qui était Doyen et était très pris, venait de temps à autre participer à ces réunions. Lesquels commençaient par un apéritif, se poursuivait par un repas constitué de l'apport de chacun et partager entre tous. Ensuite venait le sérieux, le travail sur un texte biblique ou de l'évangile ou autre. Rosemarie me ferait rencontrer à la rentrée d'octobre les membres d'une de ces communautés. J'étais un peu inquiète de l'accueil que pourraient me faire des chrétiens bon teint, à moi qui avais divorcée et étais remariée, mais cela ne semblait pas être insurmontable pour mon amie.

Ce fut ainsi qu'elle me parla, début juillet 1981, du Congrès Eucharistique de Lourdes. Je doutais que Richard m'y laisse aller, mais ce fut lui-même qui m'y poussa, ayant une nouvelle BMW à rôder, il fit l'aller et retour pour m'accompagner. Malgré le peu de temps qui restait pour obtenir chambre et place de train pour le retour, je réussis à partir, accompagnée par mon mari à l'aller, par le train avec l'équipe dont j'avais fait connaissance à Lourdes, au retour.

Avant de me déposer à Lourdes, Richard désira s'arrêter à Auch pour déjeuner d'un excellent foie gras du chef. Le contraste fut pour moi d'autant plus grand lorsque j'arrivais à l'hôtel retenu par le groupe dont je faisais partie, lequel Richard trouva si minable qu'il voulut me ramener ! J'eus toutes les peines du monde à lui faire comprendre que pour des pèlerins le lieu n'avait pas d'importance. J'allais à Lourdes pour réapprendre à vivre avec des chrétiens, reprendre contact avec Dieu à leur manière que je sentais différente de la mienne, mais il m'était nécessaire de comprendre ce qui m'était arrivé à la lumière de la foi des autres.

-"C'est donc à Lourdes du 18 au 23 juillet 1981 que j'entrais en communion totale avec mes frères dans la foi. J'éprouvais un grand bonheur à me sentir vivre de Dieu. L'atmosphère de foi et de prières était exceptionnelle. Le dimanche 19 juillet, je plongeais dans l'eau glacée de la source et grâce à "Marie", l'ange des ténèbres reçu le baptême par immersion, dans la foi la plus profonde. A partir de ce jour, la mémoire du passé monta en moi et je commençais à écrire, le soir même "La première et merveilleuse histoire d'Amour du monde" (cette version correspond à mes connaissances reçues à l'époque et qui n'ont cessées d'évoluer depuis). "

Je continuais d'écrire au mois d'août, pendant la période de vacances. Jacqueline et Jacques nous avaient laissé la jouissance du rez-de-chaussée de leur maison de la Cadière d'Azur pendant une quinzaine de jour cet été là. Il faisait très chaud, Richard passait le plus clair de son temps dans la piscine. Et moi, enfermée à la fraîcheur toute relative de la maison, volets clos, à écrire ce qui remontait d'un passé inconnu et que je sentais impératif de mettre noir sur blanc.

Le jour de notre retour vers Paris, Nelson trouva le moyen de donner un coup de dents dans un crapaud qui le provoquait par ses croassements, ce qui nous valut sur la route des vomissements nauséabonds.

Durant ce parcours malodorant, j'étais tarabustée par une formulation de mon texte concernant Marie, je pensais : peut-être que certaines affirmations de ce texte choqueront-elles ! Je dois reconnaître qu'humainement j'avais toujours cru au dogme de la conception divine de Jésus selon l'Eglise, sans aucun problème, ni doute, mais j'ai dû intercaler ce passage qui m'était comme imposé à plusieurs reprise, d'ici que je l'aie transcrit. Ce que je fis en terminant l'écriture de ce texte premier de :                                                       .
"La première et merveilleuse histoire d'Amour du monde". Dont vous trouverez le texte : Roman-4 ème partie – chapitre VIII – Extrait 3bis.

Le poème final ne me fut expliqué que plus tard, je vous en ferai part en son temps.

-"Cependant, il me fut dit, que l'une des formes de compréhension de l'Apocalypse de Jean m'était en grande partie destinée, pour me mettre en garde et ne tombant pas ainsi dans l'erreur décrite, d'aider l'humanité à revenir vers "Celui qui est la Vie".

Les sept Eglises : Sept ans de purification pour moi-même avant d'être digne et capable de réunifier ce que j'avais désuni les Hommes divisés par leur Amour pour Dieu.

Nous étions entrés dans les temps de la fin, mais il n'y avait nulle crainte à avoir, car j'étais enchaînée par l'Amour et pouvais désormais aider les Hommes et non plus leur nuire. L'Amour humain m'avait mené vers Celui qui depuis la nuit des temps était mon seul Amour.

-"Ma purification consistait, sachant qui j'étais, à vivre humainement, humblement, une vie de femme la plus normale possible - ce qui n'est pas toujours facile - non pas comme je me sentais attirée de le faire, dans la solitude monastique, mais vivre mon Amour de Dieu dans la vie de tous les jours, comme chacun devrait le vivre."

L'orgueil qui était en moi, m'a joué bien des tours, cependant, je n'ai nulle raison de l'être, car pour m'aider Dieu m'a donné le don d'aimer, mais je ne possède ni l'intelligence d'à propos, ni le don de retenir l'attention par la parole, ni aucun des dons artistiques qui m'attiraient et qui auraient pu me perdre…

-"Esprit sans sexe, je me suis acceptée humainement femme et mère avec joie."

Au cours des mois, le Seigneur m'instruisit, m'apprenant à l'aimer chaque jour d'avantage, à Lui faire totalement confiance.

La forêt était mon lieu de rencontres "mystiques" de prédilection. Je m'y rendais journellement pour promener Nelson en allant à notre bureau de Neuilly. Je m'arrêtais dans la forêt de Louveciennes et le laissais s'ébattre un quart d'heure pour qu'il supporte l'après-midi sagement coucher à mes pieds sous mon bureau, sa position favorite. L'été, si je rentrais par l'autoroute, je prenais également le temps de le laisser folâtrer pour se défouler.

-"J'ai vécu des moments merveilleux dans ce sous bois ensoleillé. Je marchais silencieusement, à Son écoute, le sentiment que j'éprouvais à Son égard était semblable à celui d'une amoureuse éperdue, j'étais heureuse, dans la paix, dans la joie des retrouvailles avec l'Amour parfait. Là je compris l'aspect de Sa présence matérielle et spirituelle, là Il me fit admettre quel était mon rôle, ma mission et l'accepter totalement."

Avec patience, je devais transmettre certains messages à des destinataires précis. Puis, un jour, avec la somme des connaissances qu'Il m'aurait permis de retrouver ou de connaître, il me faudrait agir avec l'aide d'un homme qui guiderait avec sagesse mon action. Il me remit en mémoire un rêve qu'Il m'avait envoyé par trois fois lorsque j'avais vingt-deux ans environ.

Vous trouverez ce rêve dans : Roman-3 ème partie - chapitre IV - Extrait 2  - Le rêve prémonitoire ou Retour : CHAPITRE XI - Etrait I

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Suite

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Table des matières

- Chapitre VIII - Le voile se lève -


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Copyright by Micheline Schneider - Chapitre VIII - Extrait III - L'ange des ténèbres
 "La première et merveilleuse histoire d'Amour du monde ou Hologramme d’une VIE humaine pour une Entité Divine"

 

Date de dernière mise à jour : 07/07/2020