Quatrième partie L'Amour - 1981 - 1994

Eyes3 mic

CHAPITRE VIII - Le voile se lève - 1981 - 1988

Extrait II - Expérience Mystique

Grape vine

A la lumière de la foi selon Teilhard de Chardin, je ressentis un bouleversement en moi. Ce Dieu que j'attendais, que j'avais fini par penser impossible à découvrir, était là, bien présent. Cette lecture me donnait la possibilité de "reconnaître l'existence du mouvement qui nous totalise" et me donnait l'envie de m'y conformer. Je pouvais soudain résumer ma foi en cette autre phrase du Père de Chardin :

"La Cosmogénèse se muant en Christogénèse, c'est l'étoffe, c'est le flux, c'est l'être même du Monde qui se personnalisent. Quelqu'un est en gestation dans l'Univers, et non seulement Quelque chose. - Croire, servir, ce n'était pas assez : voici qu'il devient, non seulement possible, mais impératif d'aimer (littéralement) l'Evolution."

La lecture de ce dernier Tome, le dixième des œuvres de Pierre Teilhard de Chardin me rendait à la vie spirituelle et faisait resurgir en moi cette faim inextinguible de Dieu !

Je dis, me rendait à la vie spirituelle, parce que depuis mon premier mariage j'avais l'impression de ne pas agir conformément à la foi qui dormait en moi depuis la nuit des temps. Je m'en voulais de cette situation, pourtant tout ce cheminement faisait partie d'un plan divin, mais ce n'est que plus tard que je le comprendrai, lorsque l'Esprit-Saint me demandera d'écrire ce cheminement comme un témoignage humain, celui de Madame Toulemonde face à la Vérité de la Présence divine en chacun de nous.

Ce samedi-là nous visitions ma nièce Dominique qui venait d'emménager dans le quartier du XX ème où j'avais habité avant la naissance de Sylvie. Maman, Jacqueline, son mari, Patrick et sa jeune épouse étaient également présents pour cette petite pendaison de crémaillère. Mon neveu, tout nouveau futur père, se lamentait sur son sort qui pourtant, par rapport à bien d'autres, n'était pas si peu enviable que cela ! Il avait besoin, il est vrai, de se prouver qu'il était capable de se trouver un travail qui lui convenait, par lui-même et, tant qu'il ne l'aurait pas réalisé, il serait mal dans sa peau !

Ses résultats scolaires ne lui avaient pas donné pleine satisfaction. Préférant le mouvement, il avait choisi d'abord d'être maçon, puis estimant, je crois, le métier trop pénible mais désirant bouger, il devint chauffeur de poids lourd. Son mariage le décida à se servir des relations de son père pour trouver une place plus calme dans un bureau, ceci lui permettant d'être près de sa femme chaque jour.

Mon propos n'est pas d'entrer dans le détail de sa vie, mais plutôt d'expliquer les raisons qui m'amenèrent à penser à lui et à son avenir avec plus d'intérêt que par le passé. En effet, Patrick n'a jamais été démonstratif de sentiments familiaux et nous n'étions pas très proches. Pourtant, par son comportement, il me rappelait parfois mon père qui exprimait difficilement les siens. C'est pourquoi, lorsque je l'ai vu ainsi très pessimiste, je me suis sentie envahie de tristesse.

C'est précisément un sentiment de compassion à son égard le lendemain de cette rencontre, le dimanche 15 février 1981, qui déclencha l'événement qui bouleversa ma vie. J'étais seule dans la cuisine à préparer le repas. Je panais très prosaïquement des escalopes, nous serions dix à table ! Tout en vaquant aux préparatifs du repas, je songeais au désarroi de Patrick, la veille, il allait jusqu'à parler de suicide ! La famille semblait d'ailleurs ne pas le prendre au sérieux et je me demandais, comment lui venir en aide utilement, imaginant de plus fréquentes rencontres avec ses cousines et cousins, l'essai d'un dialogue comme j'avais tenté de le faire avec papa…

Tout ce que j'avais lu depuis quelques mois m'incitait au don de soi et je cherchais la façon de répondre, dans ce cas précis, à ce commandement divin d'amour. Je pensais qu'il serait doux d'essayer d'aider ce garçon si distend à passer un cap difficile et, naissait en moi, un désir d'aller vers les autres.Notre vie, jusqu'ici avait été axée sur nos enfants, le travail, notre couple, la famille, mais sans ouverture réelle vers l'extérieur

- "Soudain, je ressentis en moi, au niveau du cœur, l'impression d'une présence qui me possédait totalement ! Comme "un orgasme de l'esprit" ! J'éclatais en sanglots, de joie et de reconnaissance, car cette Présence me ravissait et me disait que j'étais pardonnée. Je savais à jamais qu'Il était, qu'Il est et qu'Il vient."

Richard, mon mari, rentrait de promener Nelson, notre chien et comme je ne me sentais pas capable d'expliquer mes larmes de joie, je lui dis, Dieu me pardonne ce mensonge, que j'avais épluché des échalotes…

Ce pardon qui m'inondait comme un bain de jouvence, je le comprenais d'autant mieux que la lecture des explications du Père de Chardin sur "l'origine du péché originel" avait fait tomber un premier pan du voile que l'obscurantisme retenait en un drapé serré sur ma Foi de l'enfance.

La phrase qui déclencha en moi un retournement, une conversion pourrait-on dire, est celle-ci :

"C'est toute la physionomie nouvelle de l'Univers, telle qu'elle s'est manifestée à nous depuis quelques siècles, qui introduit, au coeur même du dogme, un déséquilibre intrinsèque, dont nous ne pouvons sortir que par une sérieuse métamorphose de la notion de Péché originel."

Une issue que donne le Père Teilhard de Chardin concernant cette notion m'agrée complètement :

"Le péché originel, pris dans sa généralité, n'est pas une maladie spécifiquement terrestre ni liée à la génération humaine. Il symbolise simplement l'inévitable chance du Mal (Il faut que des scandales arrivent) attachée à l'existence de tout être participé. Partout où naît de l'être en devenir, la douleur et la faute apparaissent immédiatement comme son ombre, non seulement par suite de la tendance des créatures au repos et à l'égoïsme, mais aussi (ce qui est plus troublant) comme accompagnement fatal de leur effort de progrès. Le péché originel est l'essentielle réaction du fini à l'acte créateur. Inévitablement, à la faveur de toute création, il se glisse dans l'existence. Il est l'envers de toute création. Par le fait même que Dieu crée, il s'engage à lutter contre le mal, et donc, d'une façon ou d'une autre, à racheter. - La Chute proprement humaine n'est que l'actuation (plus ou moins collective et pérenne), dans notre race, de cet aliment du péché qui était infus bien avant nous, dans tout l'Univers, depuis les zones les plus inférieures de la Matière jusqu'aux sphères angéliques. - Il n'y a pas, à strictement parler, de premier Adam. Sous ce nom est caché une loi universelle et infrangible de réversion ou de perversion, - la rançon du progrès."

Je le suis volontiers lorsqu'il reprend l'explication dans les termes suivants :

"Le péché originel exprime, traduit, personnifie, dans un acte instantané et localisé, la loi pérenne et universelle de faute qui est en l'Humanité en vertu de sa situation d'être "en devenir". On oserait dire, peut-être, que, l'acte créateur faisant (par définition) remonter l'Etre à Dieu des frontières du néant (c'est-à-dire des profondeurs du multiple, c'est-à-dire de quelque matière) toute création entraîne, comme son risque et son ombre, quelque faute, c'est-à-dire se double inévitablement de quelque Rédemption. Le drame de l'Eden dans cette conception, ce serait le drame même de toute l'histoire humaine ramassée en un symbole profondément expressif de la réalité. Adam et Ève, ce sont les images de l'Humanité en marche vers Dieu. La béatitude du Paradis terrestre, c'est le salut constamment offert à tous, mais refusé par beaucoup, et organisé de telle sorte que personne n'arrive en sa possession que par unification de son être en Notre Seigneur (ce qui fait le caractère surnaturel de cette unification étant de se réaliser gratuitement autour du Verbe, et non autour d'un centre infra-divin).

Cette manière de comprendre le péché originel supprime évidemment toute difficulté d'ordre scientifique (la faute se confond avec l'Evolution du Monde)."

Les extraits précédents datent des années 1920-1922 et c'est sans doute en raison de la note qui accompagna ces essais destinés à une étude entre théologiens, mais transmise, à Rome, au Préposé général des Jésuites, que le Père Teilhard a dû cesser son enseignement de science à l'Institut Catholique et aller travailler en Chine comme géologue. Cet écrit nécessairement timide au début du siècle, a été repris en 1947, je ne peux reprendre ici sa totalité, cependant les connaissances scientifiques et géologiques confirmèrent le Père dans sa conviction et l'amenèrent à une conclusion concernant la "création évolutive et l'origine statistique du mal" qui me convient totalement et qu'il exprime ainsi :

"Création, Incarnation et Rédemption n'apparaissent plus que comme les trois faces complémentaires d'un seul et même processus : la Création entraînant (parce que unificatrice) une certaine immersion du Créateur dans son œuvre, et en même temps (parce que nécessairement génératrice de Mal, par effet secondaire statistique) une certaine compensation rédemptrice. - A quoi on m'a objecté que tout devenait trop simple et trop clair, alors, pour que l'explication fût bonne ! - A quoi je réponds que, dans l'explication proposée, le mystère n'est nullement éliminé, mais simplement reporté à sa vraie place (c'est-à-dire tout en Haut et dans le Tout), qui n'est précisément ni la Création, ni l'Incarnation, ni la Rédemption dans leur mécanisme, mais la Pléromisation : je veux dire la mystérieuse relation répétitive (sinon complétive) qui relie l'Être premier à l'être participé."

Deux autres paragraphes du chapitre "Christologie et évolution" expliquent la compréhension du Mal qu'il m'est nécessaire de vous donner comme faisant partie de ma foi, avant de vous parler de la suite de mon expérience mystique de ce 15 février 1981 :

-"Créer, même pour la Toute Puissance, ne doit plus être entendu par nous à la manière d'un acte instantané, mais à la façon d'un processus ou geste de synthèse. L'Acte pur et le Néant s'opposent comme l'Unité achevée et le Multiple pur. Ceci veut dire que le Créateur ne saurait, en dépit (ou mieux en vertu) de ses perfections, se communiquer immédiatement à sa créature, mais qu'il doit la rendre capable de le recevoir. Pour pouvoir se donner au Plural, Dieu doit l'unifier à sa mesure. Des origines du Monde à Lui, la constitution de Plérôme se traduit donc nécessairement à nos esprits par une progressive marche de l'esprit"

-"Le Mal n'est pas un accident imprévu dans l'Univers. Il est un ennemi, une ombre que Dieu suscite inévitablement par le seul fait qu'il se décide à la création. (Une note de l'auteur précise : n'est-ce pas là, précisément, la vérité confusément exprimée dans tous les mythes où se trouvent associées les idées de naissance et de mal ? On peut dire que la modernisation de la Christologie consisterait simplement à éclairer dans les formules théologiques et liturgiques péché par progrès c'est-à-dire, en somme, fumée par feu. Est-ce si grave ?) De l'Être nouveau, lancé dans l'existence, et non encore complètement assimilé à l'Unité, c'est une chose dangereuse, douloureuse et fantasque. Créer n'est donc pas une « petite affaire » pour le Tout-Puissant, une partie de plaisir. C'est une aventure, un risque, une bataille où Il s'engage tout entier. Est-ce que ne commence pas à grandir et à s'éclairer devant nos yeux le mystère de la Croix ?"

Plusieurs points traités par le Père Teilhard de Chardin dans ce livre "Comment je crois" redonnaient vie à ma foi, notamment aux chapitres : Panthéisme et Christianisme, Christianisme et Evolution, Monogénisme et Monophylétisme, la Multiplicité des Mondes habités.

-"Tout ceci me revenait et me submergeait, à la suite de ce merveilleux moment d'intimité avec "Celui qui est la vie" qui me confirmait Sa Présence en cette heure de midi ! J'étais consciente, que cette joie qu'il m'était donnée de vivre, faisait suite à ma recherche de Dieu des mois précédents et à ma faim de mieux le connaître. La réponse m'était donnée à l'heure du soleil, de la Lumière, à l'heure du repas, venant nourrir ma faim de Lui !"

Les enfants arrivèrent, nous déjeunâmes dans le tohu-bohu habituel à ces repas où nous étions tout joyeux de nous retrouver. L'après-midi passa en nouvelles échangées, en lessives faites pour certains, projets lancés en l'air, etc. Je ne touchais mot à aucun d'entre eux de la grâce qui m'avait galvanisée dans ma foi renaissante. Cependant j'avais l'impression de rayonner de l'intérieur d'une sorte de lumière qui les nimbait d'Amour et de tendresse. Je savais que j'avais beaucoup de chemin à faire et je n'imaginais pas un instant le nombre d'années que cela me prendrait ! Un certain nombre d'explications me semblait bien clair dans ma tête et me permettait d'écarter des croyances qui me paraissaient très enfantines et cependant .

Je ressentis la certitude de cette présence bénéfique vers midi et la certitude opposée se manifesta à moi vers minuit :                               
-"Un fantasme érotico physique très violent me réveilla ! Je me trouvais dans un couvent de religieuses et dormais au milieu de novices dans un dortoir assez vétuste d'aspect. Ce lieu ressemblait plutôt à une chapelle voûtée, aux pierres apparentes, qu'à un dortoir. J'étais surprise de voir s'approcher de mon lit un être à l'allure diabolique, digne des images d'Epinal ! Il ricanait silencieusement, mettait un doigt imposant le mutisme, sur ses lèvres, se jetait sur moi et me violait. J'avais vraiment l'impression de sentir vaginalement sa présence physique ! Je le repoussais violemment pour lui échapper, cela me réveilla !"                      
Je me levais, prenant conscience d'avoir à chasser par la lucidité de l'éveil cette présence maléfique.

Le calme revint instantanément en moi et je réalisai que, de même la présence de l'Esprit divin avait été concrète pour moi, le jour, de même, la présence de l'esprit des ténèbres était-elle presque palpable !  Je réagis en pensant au bonheur que m'avait donné le jour, et trouvais normal de ressentir la certitude que m'apportait la nuit. Le Mal avait-il besoin d'un visage ? Où était-ce le visage du Mal qui était en moi et que j'avais à combattre ! Les symbolismes transmis de générations en générations étaient-ils plus fortement encrés en moi que je ne le pensais ! Je me recouchai sans qu'aucun autre rêve ne me troubla et dormis calmement.

Au matin, il me vint une pensée qui se présenta à moi comme une tentation. Etant divorcée et remariée, Dieu allait-Il me demander de quitter mon mari ! Je frémis à cette idée, j'étais désespérée !                                                  .
-"Je ne voulais pas perdre Celui que je venais de retrouver, mais je ne voulais pas perdre, non plus, celui par lequel, l'amour humain m'avait fait retrouver l'Amour divin !"

Je vins à bout de ce dilemme en me souvenant d'Abraham qui avait obéi sans crainte et avec confiance et dont Dieu avait retenu le bras à l'heure du sacrifice. D'aucun vous dirons, que ce récit biblique n'est pas à prendre au pied de la lettre, que cette histoire est une parabole, un symbolisme ! Abraham n'avait pas compris le message divin, Dieu lui demandait de dominer son propre ego, qui est comme un second nous-mêmes, pour le suivre dans la voie qu'Il lui indiquerait et non pas de tuer son propre fils. Cependant pour une personne qui n'avait pas compris, Abraham suivit la voie du Seigneur et nous pouvons aussi nous dire que Dieu le Père expliquait déjà par cela, son geste rédempteur par l'intermédiaire de Son propre Fils, Jésus. A cette époque je n'allais pas si loin dans ma recherche, la notion de confiance en Dieu m'importait surtout, pour ne pas gâcher la grâce qui m'était faite et que je ne voulais  perdre pour rien au monde. Alors j'acceptais les risques, qu'à ce moment-là je voyais comme un ordre de Dieu par l'intermédiaire de l'Eglise, m'enjoignant la séparation.

Je compris par la suite que les risques étaient différents, mon mari acceptant avec difficulté ma nouvelle façon d'être, de parler, de regarder, de vivre en un mot !

Malgré un certain agacement, lui qui n'avait pas retrouvé la foi, me laissa vivre la mienne renaissante, acceptant avec un certain scepticisme quelques-unes unes des révélations, un peu surprenantes j'en conviens, dont je lui fis part. Il m'aida parfois à réaliser certains projets, entre autres, d'aller au "Congrès Eucharistique" à Lourdes du 18 au 23 juillet 1981. Notre Amour tint le choc ! …

Le mardi matin suivant ce 15 février 1981, je sentis, dans le couloir doublé d'une garde robes qui sépare la salle de bains de la chambre, une forte odeur de soufre ! Je fus un peu inquiète mais j'ouvris la fenêtre de cette dernière et partis dans la cuisine. Nelson, survint quelques secondes plus tard le regard inquiet et comme fuyant ! Je résolus de retourner dans ce couloir avec quelques craintes, mais l'odeur s'était dissipée. Je fus soulagée ! Je me disais : j'ai pourtant bien assimilé les explications du Père Teilhard, je ne devrais pas tomber dans l'infantilisme d'odeur diabolique ! Je songeais également que je considérais peut-être ce qui m'arrivait d'une manière trop simpliste, et qu'il y avait peut-être tout un monde auquel je n'étais pas encore initiée ! Sans doute car.

 La nuit suivante, je fis de nouveau un rêve, au début de mon sommeil :
Je parcourais un chemin clair-obscur, comme l'on survole un lieu. Ce chemin était long et descendait en pente douce pour arriver en un lieu dont je ne vis aucun détail, mais seulement Satan, tel que l'imagerie populaire nous le représente. Il était noir et d'un rouge de flamme dansante et portait une fourche. Je le voyais de profil, l'image fut nette, mais fugitive.

Je me réveillais avec un peu de crainte et l'impression d'être appelée à faire quelque chose, pour lesquels, mon retour à la foi et la certitude de la présence divine, n'étaient pas étranger. Je me rendormis, cependant, sans autres rêves et me réveillais merveilleusement reposée.

La semence, déposée dans mon âme par la lecture du livre "Comment je crois" de Pierre Teilhard de Chardin était cependant bien présente à ma pensée, comme je le disais plus haut, mais précisément, le fait que malgré cela, le Mal se personnifie ainsi dans mes rêves, me poussait vers deux explications contradictoires :

 La première, par une pensée qui jaillit de mon esprit au réveil : l'ange des ténèbres avait besoin de moi, il en avait assez de faire le mal, il demandait miséricorde. Il fallait prier pour qu'il l'obtienne.

La seconde, que je ne savais pas trop quel nom donner à ce personnage qui m'apparaissait en rêve, était-il le diable, Satan, l'ange des ténèbres c'est-à-dire Lucifer ? Se jouait-il de moi pour m'attirer dans un piège, puisque ma foi refaisait surface avec un visage tout neuf !

Avec le don de la Présence divine, je pense que j'ai reçu celui de la compassion et c'est ce sentiment qui l'emporta chez moi, préférant opter pour la miséricorde qui m'était suggérée. Je pensais que c'était le meilleur exemple à donner que d'aimer celui que tous chargeaient de tous les opprobres, alors qu'en réalité, c'est à nous seul qu'incombe de progresser vers la Lumière par nos choix, notre Créateur nous ayant donné le libre arbitre pour faire nos preuves et monter vers Lui.

Alors, j'écrivis au Saint Père ainsi qu'à plusieurs hommes de foi et religions différentes, pour leur demander de prier pour "le diable" !

La semaine suivante, je fis de nouveau un rêve :                              .
-"Je me trouvais dans une grande cuisine très éclairée, l'ange de ténèbres se présentait de face, silhouette de l'imagerie populaire, très carrée, mais complètement recouverte, des petites cornes jusqu'aux pieds, d'un vêtement épousant ses formes, de la couleur bleue que l'on attribue à "Marie". Il était entouré de diablotins dont les vêtements ressemblaient à ceux que portaient les fous des rois, et dont la couleur était de ce même bleu. Il se pencha vers moi et m'embrassa, je lui rendis son baiser !

-J'eus l'impression qu'il me demandait de transmettre ce baiser à Dieu et que je lui rendais ce baiser au nom de Dieu. Il me remerciait également par ce baiser de l'avoir jugé capable de remords et du désir du pardon et de la miséricorde divine et d'avoir transmis ce message au monde."

Je n'eus plus jamais de rêve me représentant l'ange des ténèbres et ne ressentis plus jamais de maléfices. Je m'efforçais de vivre selon les commandements de Dieu. Percevant ce qui était bon de faire et d'écrire, obéissant à la recherche que me demandait cette écriture.

Dieu était venu habiter en moi, parce que de tout mon être, je l'avais appelé, mais certainement aussi, parce que depuis toujours Il m'appelait et malheureusement jusqu'ici je faisais la sourde oreille.

-" Il est venu et m'a donné Sa paix en partage et la joie d'être sienne. Depuis, je voudrais la faire partager à tous, mais je suis maladroite sans doute ! "

Il est venu et s'est révélé et m'a révélé qui j'étais et que j'avais une mission à remplir. J'ai su que j'étais pardonnée. Il m'a donné l'espérance et la confiance et m'a tracé une voie, indiqué des modèles à suivre : Ste Jeanne d'Arc, Ste Brigitte de Suède, Ste Catherine de Sienne et St Vincent de Paul. (Quand je dis : il m'a révélé qui j'étais en 1981,  que j'étais son enfant, mais ce n'est que beauoup plus tard que j'ai su que j'étais la 19 ème Shekhina). 

C'est pour cela, qu'à partir du 15 février 1981, j'ai commencé à écrire au Saint Père, à un certain nombre d'hommes politiques. Certains de ces messages furent écrits en mauvais vers, parce que c'était la seule façon pour moi de bien saisir ce que j'avais à transmettre et de ne pas faire d'erreur, me semblait-il, en écoutant la voix de l'intuition qui est celle du divin qui est en nous-mêmes !

Pendant la campagne pour les élections présidentielles, je m'efforçais d'écouter à la télévision les discours des hommes politiques, moi qui n'aime guère cela, mais il m'était recommandé de le faire ! Dans cette période, il me fallut écrire un message au président de la République, Valéry Giscard d'Estaing, pour lui transmettre de conserver le septennat dans son programme, parce qu'il était nécessaire trois fois sept ans avant qu'une évolution importante ne se prépare. A ce moment précis, je pensais qu'il serait réélu puisque je devais lui transmettre cela, car la phrase que j'écrivais était tournée de façon à le laisser supposer ! Curieusement, comme si ma pensée avait été lue et pour la dénier, j'entendis un grand vacarme dans les tuyauteries du chauffage central, fait exceptionnel, comme pour me signaler une erreur ! Il était quatre heures du matin, car je me levais tôt n'ayant pas le temps d'écrire ou lire dans la journée. Je pensais spontanément à l'esprit du Général de Gaulle qui ne portait pas cet homme dans son coeur ! Je ne changeais cependant rien à la phrase, puisqu'elle m'avait été inspirée.

-"La plupart des transmissions de cette époque portaient sur l'acceptation des différences et plus spécialement en politique, le but étant de préparer ensemble l'avenir. Ces écrits, à l'orthographe douteuse, appartiennent à ces hommes, et je les ai déchirés. Par contre, pour les courriers adressés depuis 1994 il m'a été conseillé de les faire paraître et connaître. A ceux qui les ont reçus d'être partenaires à part entière de Celle-Celui qui est la Vie."

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Suite

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Table des matières

- Chapitre VIII - Le voile se lève –

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Copyright by Micheline Schneider -  Chapitre VIII - Extrait II - Expérience mystique
 "La première et merveilleuse histoire d'Amour du monde ou Hologramme d’une VIE humaine pour une Entité Divine"

Date de dernière mise à jour : 14/05/2020