Troisième partie (suite) La part de l'ombre - 1955 - 1980

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CHAPITRE VII - Le second mariage - 1973 - 1980

Extrait III - Où Dieu frappe à la porte ! - Dépôt de Bilan.

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Où Dieu frappe à la porte !

1977 fut également l'année où j'acquis une série d'œuvres de Pierre Teilhard de Chardîn, proposée en dix volumes accompagnés d'un lexique, les termes employés par l'auteur n'étant pas toujours accessibles à l'humble lecteur. Richard, lorsqu'il me vit commencer cette lecture de longue haleine, me mit au défit de le la lire jusqu'au bout, je l'assurais combien elle était enrichissante et comme j'aimerais que lui-même la lise. Ce à quoi il me répondit, qu'il le ferait si je menais mon entreprise à terme !

-Sortant de l'éducation traditionnelle chrétienne, de l'école religieuse et du catéchisme enseigné à l'après-guerre, lire Teilhard de Chardin fut un bain de jouvence, à la pensée ardue pour moi qui suis loin d'être une lumière, mais je sentis une vraie joie m'envahir lorsque je découvris les neuf premiers tomes, soit Le phénomène humain - L'apparition de l'homme - La vision du passé - Le milieu divin - L'avenir de l'homme - L'énergie humaine - L'activation de l'énergie - La place de l'homme dans la nature - Science et Christ. Si je m'arrêtais à ce stade, malgré le bonheur que me procurait cette lecture, c'est que dès février 1978, notre vie entra dans le début d'un nouveau chaos auquel je ferais référence plus loin.

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C'est au quatrième trimestre 77 que Sophie vint vivre à la maison, afin l'aller au lycée du Mesnil-Saint-Denis avec Sylvie pour effectuer, comme cette dernière, son année de troisième. Nous avions constaté, l'année scolaire précédente, qu'elle manquait régulièrement les cours à Rambouillet sous le prétexte, soit de tenir compagnie à sa maman souvent seule avec son jeune garçon, soit d'hypothétiques maladies, soit qu'elle n'eut pas de moyens faciles de transport. Bruno qui la convoyait jusqu'alors étant parti au service militaire. Ses notes scolaires s'en ressentaient et étaient catastrophiques. Nous espérions que plus encadrée et avec une émulation de proximité, une amélioration se produirait car elle en était très capable.

C'est me semble-t-il à cette même époque, qu'Isabelle d'un an l'aînée des deux autres filles, ayant fini sans grand bagage sa scolarité, quitta la maison de sa mère et de son beau-père, pour vivre chez son copain Jacquy, dont elle aimait beaucoup la maman qui était atteinte d'un cancer. Eric, de son côté, avait lui aussi quitté cette même ambiance familiale et, depuis son service militaire, vivait chez Christine, son amie depuis qu'il en avait fait la connaissance à la SIDAL où son père l'avait fait entrer comme vendeur. Christine était une jeune voisine du Mousseau dont nous avions également favorisé l'entrée dans la société précitée, à la demande de notre gentille et proche voisine, Madame P… qui la connaissait depuis l'enfance.

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Quelques mois après le décès de Jux, Ginette, notre chef conditionneuse, nous dit qu'elle avait vu chez un client qui nous achetait des cous de poulets pour son élevage de chiens, une portée de Braque de Weimar qui avait deux mois. Son enthousiasme devant leur beauté nous incita à aller l'admirer, avec la secrète pensée de nous laisser tenter, ce qui ne manqua pas de se produire. Après un premier contact, nous prîmes rendez-vous pour revenir avec Sophie et Sylvie, avec la ferme intention de réserver un chiot. Des noms nous furent proposés et nous devions fixer notre choix sur l'individu avant le tatouage. C'était l'année du N, et nous choisîmes Nelson, en fonction de ses pattes déjà imposantes et de sa morphologie bien charpentée. Richard disait : -"Je le choisis cette fois-ci, moi-même, bien costaud et solide, il sera peut être moins fragile que Jux".

Les éleveurs nous expliquèrent que le chiot était encore trop jeune pour que nous le prenions tout de suite, qu'il fallait attendre qu'il atteigne au moins deux mois et demi, lorsqu'il serait sevré. Mais bien sur nous étions pressés maintenant que nous avions fixé notre choix. Cependant les fêtes de fin d'année approchaient et nous avions prévu de passer le Noël chez Jacqueline et Jacques dans le midi, et il était hors de question d'y emmener un si jeune chiot qui faisait pipi partout, aussi les éleveurs, très compréhensifs, nous proposèrent-ils de le prendre quelques jours à la maison et puis de le leur ramener pendant notre courte absence, ce que nous acceptâmes avec empressement.

Sophie retourna pour les vacances de Noël chez Monique et Georges, et nous-mêmes "descendîmes" avec Sylvie et Philippe dans le midi. Richard et Philippe se relayèrent au volant de la X ième BMW, et, étant partis au petit matin, nous arrivâmes à l'heure du déjeuner à Cassis, le temps était si clément que nous prîmes notre repas sur la terrasse du restaurant en plein soleil, nous jugeant trop tôt pour débarquer chez ma sœur qui ne nous attendait que dans l'après-midi.

Jacqueline avait concocté un de ses réveillons pantagruéliques dont elle avait le secret, mariant la cuisine bretonne et provençale et toujours accompagnée d'excellents gâteaux et des vins adéquats. Un bon feu de bois dans la cheminée, une douce musique d'ambiance, un rare et délicieux moment de détente dans notre vie agitée, malheureusement suivit d'un retour rapide dès le lendemain après-midi, car le travail reprenait à l'abattoir et la présence de Philippe était nécessaire si la nôtre était un peu moins urgente.

Sylvie qui était souvent malade en voiture ne rata pas cette occasion, la pauvre, parfumant l'habitacle, heureusement que nous nous étions munis d'un gros rouleau d'essuie-tout. Anecdote, Philippe jeta ce tas malodorant de vomissures dans la poubelle d'une station service et s'exclama aussitôt, car un automobiliste se jeta dessus pour nettoyer son pare-brise. On peut imaginer sa surprise et sa déconvenue ! Mais nous étions déjà loin.

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Dès notre retour à la maison, nous pensâmes au plaisir d'aller chercher notre petit chien chez les éleveurs, ce que nous finies le lendemain.

Notre petit Nelson était très mignon, tout gris avec une tache blanche en longueur sur la poitrine, le dedans des oreilles et l'intérieur de la gueule tout rose, des yeux couleur d'opale et de bonnes grosses "papattes" encore bien maladroites. Les éleveurs nous prodiguèrent tous les conseils nécessaires à une bonne alimentation à base de viande crue de bœuf, légumes et riz, à cuisiner soi-même tant qu'il n'était pas adulte, et nous partîmes munis du carnet de santé et du pedigree de notre "nouvel enfant !"

L'année 1978 commença donc avec une maisonnée bien remplie, puisque Sophie était des nôtres et que Nelson tenait bien sa place.

Depuis un certain nombre de mois, Richard et moi-même prenions notre repas de midi à l'élevage, mangeant d'un sandwich dans le bureau directorial. Il nous avait été recommandé de donner trois repas au chiot, jusqu'au cinquième mois et pour me faciliter la tâche, n'ayant pas de cuisine dans cette partie des locaux et ne voulant pas déranger le personnel dans la cuisine de l'abattoir, je lui apportais des petits pots pour bébé que je réchauffais à l'eau chaude dans le lavabo des toilettes. Nous pouvions penser que c'est une des raisons pour lesquelles Nelson se montra gourmand toute sa vie !

Pendant deux mois nous eûmes de nombreux pipis à éponger dans nos bureaux, bien que l'un de nous le mena régulièrement au-dehors pour l'inciter à la propreté. Au début nous ne lui mettions pas de laisse pour ces sorties, mais constatant qu'il n'avait pas l'obéissance naturelle de Jux et que Nelson aurait très vite batifolé hors des limites non closes de l'élevage, nous prîmes l'habitude de l'attaché pour effectuer ces promenades ayant lieu aux heures de travail, notre temps étant précieux et aussi par crainte de le voir fouiller aux endroits dangereux pour lui par les tentations qu'ils comportaient, le cas de Jux nous rendait prudents.

J'emmenais Nelson bébé à l'élevage couché en rond sur une couverture placée sur le siège du passager et il y resta très sage, jusqu'au jour où il fut effrayé par un énorme camion que je doublais et dont le matériel brinquebalait bruyamment, et où il se redressa en aboyant furieusement pour exprimer sa peur. Il découvrit ainsi qu'il pouvait être assis à la manière des humains, sur un siège d'où il pouvait observer une infinité de choses intéressantes et entre autres, anticiper les proximités des autres véhicules lorsque nous les doublions. De ce jour, il ne se coucha plus et sa taille évoluant au fil des mois, je dus lui faire comprendre que sa place était désormais à l'arrière, ce qu'il n'apprécia guère. Il faut reconnaître que la banquette arrière du coupé Fulvia de la Lancia était étroite pour un chien qui atteignit quarante kilos à l'âge adulte, et qui, considérant qu'il conduisait avec moi, voulait toujours poser ses pattes avant de chaque côté du frein à main pour mieux observer la route. De cette façon sa tête était à côté de la mienne, ce qui lui permettait de me donner des petits coups de langue sur la joue de temps en temps, mais aussi, en cas de virage ou de freinage, de me gêner considérablement, c'était dangereux et je le grondais pour qu'il resta assis à sa place, mais trouvant celle-ci trop étroite, deux minutes après, il était de nouveau debout.

A l'occasion d'un déplacement, nous laissâmes Nelson chez Marie-José et Jean-Claude qui habitaient au Mesnil-Saint-Denis. Ce dernier s'en occupa beaucoup et comme Nelson était encore petit et ne savait ni monter, ni descendre les marches, notre beau-frère le lui apprit à l'aide de petits beurre Lu, et il était tout fier de nous annoncer la réussite de son dressage quand nous reprîmes le chiot, lequel, gourmand comme il l'était, apprécia fort de nous rééditer ses prouesses par la même méthode.

Tant qu'il fit encore des pipis au petit jour, nous laissâmes Nelson au rez-de-chaussée, mettant son panier dans la chambre orange, mais nous constatâmes rapidement que les petits coussins décoratifs posés sur le lit étaient chaque matin en désordre et que notre jeune chien en faisait ses délices pour s'y pelotonner toute la nuit, réservant heureusement ses "fuites" pour le sol carrelé.

Lorsqu'il fut propre, nous lui octroyâmes une place pour son panier, sous la fenêtre de la mezzanine, près du radiateur, là où était placé, quelques mois plus tôt, celui de Jux, car, dès qu'il sut monter l'escalier, nous le retrouvâmes, tous les matins, couché derrière notre porte de chambre. Il arrivait en sautant, à donner un coup de patte sur la béquille de la porte de la chambre orange faite d'un battant d'armoire ancienne, à l'ouvrir et venait sans vergogne s'installer là où ça lui plaisait

Lorsqu'il était petit, nous le prenions sur les genoux, les uns et les autres, pour le câliner, aussi était-il toujours prêt à grimper sur les canapés lorsqu'il grandit, parce qu'au fil des mois, il mettait une toujours plus importante partie de son corps hors de nos genoux et finit par penser qu'il pouvait également en profiter seul. Nous dûmes lui faire comprendre qu'il n'y avait pas droit, mais ce n'était évidemment pas facile pour lui de faire la différence. D'ailleurs, ce chien s'est toujours considéré comme un homme, même plus tard lorsqu'il eut une compagne de sa race. Adulte, il posait ses deux pattes de devant sur mes hanches et ainsi étiré de toute sa longueur, m'embrassait avec de vigoureux et affectueux coups de langue. Au bureau, bébé, je le posais sur une chaise à côté de moi, comme en voiture, et il y dormait en rond, posant parfois sa tête sur mes genoux. Lorsqu'il grandit, il grimpait sur la chaise qui avait repris sa place face à moi de l'autre côté du bureau et s'asseyait en regardant par la fenêtre.

J'ai un peu anticipé en racontant Nelson, et je reviens aux premiers mois de l'année 1978. Matty qui avait pris dès 1976 un studio à Sceaux pour habiter à proximité de sa fille aînée Irène, nous annonça, en ce début d'année, qu'elle avait rencontré un homme un peu plus jeune qu'elle-même, lequel vivait avec sa mère dans une villa située sur le parcours de ses promenades quotidiennes avec sa chienne. "Il a l'air d'un clochard, nous disait-elle, mais je vais le transformer". Cette perspective semblait l'avoir requinquée et nous avions l'impression que des projets se profilaient dans sa pensée, et Richard connaissant bien sa mère, se demandait si son idée n'était pas un troisième mariage !

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Dépôt de bilan

C'est en février 1978 que les ennuis commencèrent à l'élevage. Une forte mortalité dans le cheptel s'accentua malgré les vaccinations et soins accoutumés. Il semblait qu'un virus inconnu et ne possédant ni vaccin, ni antidote, se soit introduit en France, en provenance d'Amérique du sud, nous fut-il précisé quelques mois plus tard.

Les volailles survivantes dévoraient les quantités de nourriture habituelles, mais ne grossissaient pas suffisamment, et le poulet n'avait plus la belle allure traditionnelle qui avait commencé à faire sa renommée. Richard dut acheter à l'extérieur, chaque semaine, un camion de gros poulets vifs, afin de pouvoir calibrer les commandes selon les désirs des clients. Il n'était pas toujours évident d'obtenir un animal de la qualité des nôtres, et cela occasionnait un mécontentement des clients, tout en nous grevant de frais supplémentaires qui augmentaient le prix de revient sans que nous puissions le répercuter. Les règlements de l'aliment étaient échéancés à quatre vingt dix jours et la coopérative qui nous servait dut patienter et accepter des décalages pour le paiement des traites, car les pertes s'accentuèrent de mois en mois !

Bruno était rentré du service militaire qu'il avait effectué en Allemagne et travaillait avec nous depuis quelques mois comme chauffeur-livreur pour gagner sa vie. Il aurait préféré rester en Allemagne, le mode de vie lui plaisant, mais son père l'avait incité à reprendre ses études, ce dont il avait la capacité, tout en faisant ce travail certains jours de la semaine.

Les vols continuaient. Philippe et Bruno décidèrent de monter la garde plusieurs nuits pour essayer de percer ce mystère. Mais, comme un fait exprès, aucun vol ne se produisirent jamais ou ne furent constatés le lendemain matin de leurs présences nocturnes. L'explication nous vint enfin de la gendarmerie alertée depuis quelques mois et qui avait constaté qu'un des ouvriers portugais vendait de la marchandise en douce avec une complicité au conditionnement. Lorsque nous sûmes qui était affirmativement soupçonné, nous tombâmes de haut, car cette personne avait toute notre confiance et pour donner le change posait elle-même des cheveux de façon "invisible" en travers des portes des frigos, pour contrôler, soi-disant, si personne n'avait pénétré dedans la nuit. Richard décida de renvoyer l'ouvrier fautif qui écoulait la marchandise, se disant que sans débouché, l'autre personne reviendrait à de meilleurs sentiments. Il était magnanime et choisit délibérément de ne pas lui indiquer que nous avions connaissance de ses agissements. A ce moment-là, il présumait déjà qu'à la cadence où la mortalité se précisait et les pertes de revenus se généralisaient, nous allions vers de tristes perspectives de cessation d'activité à plus où moins long terme et pensait, qu'après tout, puisqu'elle connaissait bien son métier, qu'au moins, elle le continue jusqu'à la fin.

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Dans cette période éprouvante pour tous, Philippe eut une aventure avec une jeune femme employée à la chaîne. Elle arrivait souvent au travail, le visage marqué, se plaignant que son mari la battait. Elle apitoya et intéressa Philippe qui de son côté était assez déçu de l'attitude de son amie d'enfance Béatrice qui ne répondait pas à ses sentiments qui d'amicaux avaient évolué vers de plus tendres et ardentes perspectives, et se laissa attirer, puis aller, un peu trop loin...

Un jour où l'abattoir était en congé férié, mais où je travaillais au bureau sur ma comptabilité, j'eus la visite inopinée du mari, étonné de voir tout au repos. Il venait chercher sa femme qui lui avait prétendu qu'elle travaillait. Il m'apparut comme un jeune homme assez agréable à regarder, correct, au prime abord, mais il est vrai que cela n'excluait pas la violence face à une situation critique qui devait être la conduite de son épouse, mignonne physiquement, mais assez aguicheuse d'après les on-dit.

Lorsque je parlais de mon impression à Philippe, et regrettais sa persistance dans cette situation inconfortable et critiquable, il me dit : "qu'il avait fait le tour de la fille et se rendait compte de son erreur et qu'il fallait qu'il cesse toute relation avec elle et avait l'intention de le lui dire rapidement ! "

Etait-ce la mise au point de Philippe ou celle du mari, qui n'avait pas été sans lui faire remarquer qu'elle ne travaillait pas, alors qu'elle l'avait prétendu, toujours est-il qu'elle nous donna d'elle-même sa démission sous le prétexte que son mari changeait de région pour son travail.

Notre situation financière à l'élevage devenait de plus en plus critique, cependant la coopérative, notre principal créancier, ne semblait pas s'en inquiéter spécialement. Richard voyant la conjoncture se dégradée décida que je ne signerais plus aucun effet de commerce et négocia sans difficulté apparente, une annulation des précédentes traites acceptées et une refonte de cette dette à échéances plus éloignées, qu'il accepta lui-même. Il soupçonnait la coopérative d'avoir l'intention de mettre main basse sur l'élevage et l'abattoir, en douceur, nous sachant au bout du rouleau, et ne cherchait pas, de ce fait, à faire des vagues.

Voyant nos difficultés croissantes Richard suggéra à Philippe de lâcher le bateau qui coulait, car une place de représentant se libérait pour lui dans la société familiale de son père, ce que mon fils fit sur l'insistance de son beau-père, en avril 1978 me semble-t-il.

Au point où nous en étions, Richard mit son chef d'élevage à l'abattoir, ce ne pouvait être pire maintenant. Nos clients juifs nous avaient abandonnés car le travail ne les satisfaisait plus... Nos clients arabes restaient encore, mais l'ardoise s'allongeait. Nos clients anciens nous quittaient les uns après les autres insatisfaits par la marchandise qui ne leur convenait plus.

Avant la fin de juillet 1978, nous déposions notre bilan, tout espoir de refaire surface étant perdu. La coopérative proposait aussitôt de reprendre l'affaire dans sa totalité, elle nomma un directeur et me laissa, sans commentaire ni proposition de salaire, prendre en charge la comptabilité pour son compte, pendant que j'effectuais le préavis de trois mois que je devais au titre de cadre dans la SCA afin de terminer les comptes pour le syndic. J'acceptais ce surplus de travail sans rechigner, malgré ma tristesse. Richard lui, ne remis plus les pieds à l'élevage durant de longs mois, pris qu'il était par son activité commerciale à la SIDAL. C'était mieux pour lui, car tout ce qu'il avait réalisé à bout de bras, partait comme de la fumée ! Il suffisait que j'en sois péniblement le témoin.

Je me rendis compte rapidement de l'incapacité du directeur choisit par la coopérative. Il n'était pas souvent présent, gérait les commandes d'aliments, surveillait que les soins fussent bien donnés au bétail, mais n'intervenait en rien, ni à l'abattoir, ni au conditionnement, laissant Ginette appeler les clients, ce qu'elle faisait, en partie seulement, au préalable. Me laissant totalement tenir la comptabilité, j'étais même obligée de lui rappeler les règlements à effectuer, ne pouvant les faire moi-même, étant donné les circonstances. En réalité, pendant plus de deux mois, car j'avais des congés payés à prendre sur les trois mois de préavis que je devais au syndic, je travaillais payée par ce dernier, sur le dos de notre propre société mise en règlement judiciaire le 25 juillet, mais j'effectuais, à l'oeil, tout le travail comptable et surveillance des rentrées d'argent des chauffeurs, pour la coopérative.

Lorsque la fin de mon préavis approcha, je fis remarquer à monsieur du P… qu'il était grand temps qu'il se préoccupe d'un comptable s'il voulait que je le mette au courant. Il s'y décida enfin, et je restais une semaine de plus que je facturais cette fois, estimant que j'avais assez donné.

Nous étions très en souci pour maman et ses deux parts dans la société civile agricole. Elle confia à Jacqueline et Jacques, ainsi qu'à Dominique, leur fille, ses actions et obligations, afin d'éviter les risques de perdre ce qui la faisait vivre avec sa pension d'invalidité maladie. Nous-mêmes courbions le dos dans l'attente des suites à venir. Heureusement que Richard avait cette seconde activité qui nous faisait vivre en réalité, il allait s'accrocher pour améliorer son chiffre d'affaire à la SIDAL, en attendant d'envisager de créer une nouvelle activité si cela était possible.

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Suite

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- Chapitre VII - Le second mariage –


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Copyright by Micheline Schneider - Chapitre VII - Extrait III - Où Dieu frappe à la porte ! - Dépôt de bilan.
 "La première et merveilleuse histoire d'Amour du monde ou Hologramme d’une VIE humaine pour une Entité Divine"

Date de dernière mise à jour : 11/05/2020