Troisième partie (suite) La part de l'ombre - 1955 - 1980

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CHAPITRE VII - Le second mariage - 1973 - 1980

Extrait I - Richard - Où Eddie se reconnaît en Richard

Grape vine

Richard

Au retour, seuls au mois d'août 1973, nous nous promenions un samedi dans la galerie marchande de Parly-II que nous fréquentions assidûment depuis son ouverture. Richard, alors que nous admirions des meubles, copies fidèles d'ancien, dans la vitrine d'Art Décoration, me dit soudainement :                     
- "Si je te demandais de m'épouser, tu accepterais ? "                             
Un peu surprise du lieu et de la manière impromptue de la demande, je le regardais étonnée ! Nous n'avions pratiquement jamais parlé d'une telle éventualité, mon divorce n'ayant été prononcé qu'en 1972 cela se comprenait. De plus, chat échaudé craint, l'eau froide, dit-on, et nous nous étions malgré tout dit, que la sagesse était peut-être de ne pas "reconvoler". J'avais attendu, que les neuf mois obligatoires fussent écoulés pour parler d'enfant que j'aimerais avoir de lui, sans succès et il n'avait pas été sans remarquer ma peine. Je supposais donc, que sa demande mûrement réfléchie, intervenait pour me faire comprendre qu'il m'aimait malgré son refus d'être père.

Je reconnais que régulariser notre situation n'était pas pour me déplaire, aussi bien pour ma famille et mes enfants que dans notre activité, car je signais un grand nombre de documents bancaires et administratifs. De moi-même, je n'aurais rien réclamé, surtout après ce refus d'enfant, basé sur la crainte de peiner les siens. Le mariage ne changeait rien à la qualité de notre amour, mais constaté de l'extérieur, cela l'authentifiait. Aussi, lui prenant tendrement la main et posant ma tête sur son épaule, j'acceptais.

Richard me demanda si je voulais faire une grande fête avec "le ban et l'arrière ban" ! Mais je lui répliquais que je préférais la discrétion, puisque nous vivions ensemble depuis quatre ans, deux témoins à la mairie feraient l'affaire et un repas avec nos six enfants et maman, le dimanche suivant. Mon futur mari convint que c'était sage et nous décidâmes de la date du 28 septembre 1973, située entre mon anniversaire et ma fête.

Au début du mois de septembre, alors que j'attendais l'expert comptable pour le contrôle des comptes, en vue de présenter un bilan à notre banque pour obtenir un prêt pour les travaux envisagés, je ressentis une violente douleur dans le bas ventre. Cette dernière ressemblait aux spasmes de l'accouchement. Après une accalmie d'une vingtaine de minutes, la même pénible impression se renouvelait et ceci plusieurs fois et de plus en plus rapproché. C'était un jeudi, jour où le gynécologue qui me suivait ne recevait pas, je téléphonais donc à l'un de ses confrères du Mesnil-Saint-Denis qui voulut bien me recevoir d'urgence. Nous ne réussîmes pas à joindre à temps l'expert comptable qui se présenta en notre absence.

Richard m'accompagna jusqu'au cabinet médical du praticien, lequel supposait que c'était le stérilet qui provoquait ces contractions. Il ne voulait rien entendre pour l'enlever, sous prétexte qu'il avait pour principe, qu'un stérilet devait être retiré par celui qui l'avait posé. Il me conseillait, toutefois, d'aller à la Clinique du Mesnil me faire radiographier pour contrôler qu'il n'y avait pas d'autres raisons possibles à ces douleurs. Ce que je fis, toujours accompagnée par Richard qui m'y déposa, devant repartir à l'élevage. La radio passée et contrôlée ne laissait rien paraître d'anormal. Cependant, le médecin responsable de la clinique, me conseilla d'y passer la nuit et me donna un antispasmodique pour passer une bonne fin d'après-midi. Il me suggéra d'aller dès le lendemain consulter mon gynécologue attitré, ce que je pensais faire, évidemment ! Richard me téléphona pour avoir des nouvelles et passa à son retour des Brûlins m'embrasser et dut se rendre à l'évidence qu'il devrait laisser Philippe et Sylvie se débrouiller pour préparer le dîner du soir !

Le lendemain le docteur M... , me retirait la cause de mes problèmes de la veille et me prescrivait un nouveau un traitement hormonal consistant en une pilule soi-disant d'un très faible dosage.

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Pour fêter notre mariage, Richard m'offrait une robe que j'allais choisir à Parly-II. Comme nous étions en septembre, le choix se trouvait restreint en vêtements d'été de teintes claires. Je finis par trouver chez "Franck", une robe de soie plissée, dont le fond était blanc avec des pois moyens rouges, agrémentée d'une ceinture de cuir rouge. Richard se vêtit de bleu marine chez son habilleur habituel "George V".

Je m'étais mis en tête d'avoir une alliance en argent, mais, même à Paris, nous n'en trouvâmes pas. Ce n'était sans doute pas assez coûteux et une vendeuse de la rue Royale nous proposa finalement du platine. La mode, pour les hommes, était aux alliances hautes d'un centimètre environ et Richard en fit donc le choix, quant au mien, il se porta sur une alliance fine en platine ciselé.

Richard choisit maman comme témoin, et moi-même notre voisine Madame P... à laquelle j'offris un sac de cuir marine pour la remercier de sa présence en la circonstance. Nous n'avions rien dit aux enfants et c'est seulement le dimanche où tous devaient être présents pour fêter mon anniversaire, que nous leur annonçâmes la nouvelle : nous étions mariés depuis le vendredi. Les réactions furent mitigées, surtout pour Eric et Sophie, Bruno et Isabelle m'ayant toujours mieux acceptée et quant à mes enfants, l'un et l'autre aimaient beaucoup Richard.

Nous avions retenu une grande tablée au "Capucin gourmand", auberge que nous aimions bien fréquenter, depuis le début de notre rencontre. Nous avions composé un délicieux menu dont je ne me souviens plus, arrosé au champagne. Les enfants en burent, pour certains, un peu plus qu'il n'aurait fallu, peut-être pour noyer le chagrin, car pour ceux-là, se disaient-ils que cela ne pourrait plus jamais recoller entre leurs parents. C'est en partie pour cette raison que je n'avais pas voulu d'une fête tonitruante ! ... Il s'en trouva cependant pour nous faire le reproche de ne pas les avoir prévenus à l'avance…

Peu de temps après, nous apprîmes que nos "ex" en avaient fait autant ! Plus tard au début 75, les enfants s'empressèrent de nous dire que Monique attendait un bébé, elle ! Quand il le sut, Richard me dit :

- "Attends un peu de voir comment les enfants vont le prendre à terme !"

 Ils le prirent très bien, attisant mes regrets, mais Richard resta inflexible.

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Quel était-il donc ce nouveau mari intransigeant ?

Dynamisme et réalisme sont les deux caractéristiques que je puis lui attribuer sans hésitation. Une certaine forme de flegmatisme, à peine plus forte que sa nervosité. Un peu de passion dans certains domaines, nonchalance pour beaucoup d'autres s'ils ne présentent pas d'intérêt pour lui. Très peu sentimental, Richard s'emmêlerait facilement "les pinceaux" dès qu'il se trouve confronté à un problème de cet ordre.

Au demeurant son attention est plutôt tournée vers l'extérieur. Il réfléchit sur les personnes et sur les choses et non sur lui-même. Confiant en lui-même lorsqu'il improvise, s'emballe facilement sans vraiment penser au long terme. Travailleur pratique, assidu, mobile et affairé s'il y trouve de l'intérêt. Penseur rapide, à la recherche de résultats immédiats. Très sociable "s'il vous a à la bonne". Peu circonspect, impulsif, peut, être violent, incisif, verbalement surtout. Net et catégorique dans sa façon de parler, pouvant paraître froid. Les copains et amis de nos enfants étaient toujours très intimidés par Richard, ses sourcils épais les terrorisaient plus jeunes. Les enfants l'appelaient parfois avec un regard complice entre eux et moi-même, mais semi craintif en sa direction : "Le grand Yacca", personnage télévisuel de leur enfance, caractérisé par de gros sourcils et une propension à imposer ses vues.

Non manuel, mais observateur, ce qui lui donne un sens pratique certain. Egoïste, mais libéral et tolérant, sa grande variabilité affective, due au côté nerveux de son tempérament, se traduit parfois par une humeur inégale et un attachement peu constant en dehors de sa proche famille. Il est capable de souffrir vivement, mais se console vite. Richard serait plutôt porté vers un besoin permanent de changement, de distractions et d'émotions nouvelles, mais la vie s'est chargée de l'assagir sur ce point et peut-être aussi mon contact.

Richard aime la vie simple et tranquille malgré tout, puisqu'il s'en contente sans trop se plaindre, maintenant que nos ressources sont réduites à leur plus simple expression. Je pourrais dire pêle-mêle, qu'il est encore, ardent, décidé, courageux, objectif, enthousiaste, mais actuellement un peu désespéré. Il sait être tendre et serviable avec ceux qui l'aiment et qu'il aime. Fragile dans le domaine des sentiments et c'est ce côté attendrissant qui m'a toujours fait lui pardonner, cet autre côté parfois orgueilleux, autoritaire, un tantinet trop sûr de ce qu'il énonce, qui m'agace chez lui.

Résumerai-je en disant qu'il a de l'intérêt pour les questions économiques, mais que le social et le politique le laisse souvent indifférent. Que son goût de l'action l'a parfois porté vers la témérité à nos dépends, que le besoin de nouveauté l'a un peu entraîné au gaspillage... Qu'il a de forts besoins vitaux et de trouver des buts positifs qui lui font actuellement cruellement défaut, car tourné vers les valeurs matérielles, il a peu d'imagination et il a du mal à trouver à quoi sera occupée sa retraite non dorée.

Si je reviens avec plus de précision à la période de notre mariage, je dois dire qu'il était fort bel homme, avec son profil méditerranéen, au nez grec, le charme de ses yeux bruns, bien fendus et ourlés de cils fournis, d'une bonne taille, le torse et les épaules confortables et sécurisants, poilu sur la poitrine et les bras sans excès, portant avec élégance tous les vêtements, une belle allure générale avec tendance à un empâtement de la silhouette dès qu'il essayait de s'arrêter de fumer, hélas, et que l'âge a alourdie maintenant, mais le whisky doit y être pour quelque chose également, avec l'arrêt, peut-être définitif, du tabac ! ...

J'ai toujours gardé cette admiration des premiers jours pour sa façon de traiter les affaires avec brio, précision et clarté. Je voudrais de tout mon coeur, actuellement, le voir retrouver cet entrain qui est sa vie. Cette capacité de répondre à trois appels téléphoniques en même temps, sans perdre le fil de sa pensée. Celle de connaître un nombre important de numéros de téléphone par coeur et le contenu de dossier sans avoir à y plonger. J'étais éblouie par sa façon de calculer, mieux qu'un ordinateur, sa facilité à s'exprimer sur la plupart des sujets. Bref, j'étais à sa dévotion !

Malgré tout, dans certains domaines, je lui faisais comprendre que j'avais mon point de vue et dans l'ensemble, il se trouvait souvent qu'il me laisse volontiers la bride sur le cou, n'y ayant lui-même pas un intérêt réel. Ce qui était le cas notamment pour tout ce qui était domestique. Pas trop difficile pour la nourriture du moment que je ne lui servais pas des plats qu'il n'aimait pas. Comme j'avais été à assez bonne école dans ma famille, il se montrait dans l'ensemble assez satisfait, de même que ses enfants. Les courses n'étaient pas son fort, sauf achats de vêtements ou de meubles que nous faisions la plupart du temps ensemble. Il me faisait confiance pour la décoration de la maison, la tenue des comptes ménagers et ceux de notre activité. Il a toujours géré le choix des grandes options, n'aimant pas être contredit et je n'ai jamais pu introduire une dose de sagesse dans l'achat des voitures qui avait lieu au rythme d'un changement par année ou deux au maximum. Ses préférences, ayant quitté les "Citroën" au moment ou nous commençâmes à vivre ensemble, se portèrent alors sur les BMW, dont les performances l'enchantaient. Il en eut au moins neuf, sur les plus ou moins, vingt-trois voitures en vingt-huit ans qu'il posséda successivement, sans compter les miennes.

Mon mari, né à Paris XIVème en 1934, de parents Suisses, est donc double national et me conféra par le mariage le même avantage. Sa maman, Française du côté maternelle, repris la nationalité lorsqu'elle revint en France. La grand-mère maternelle de mon mari était, elle-même, Normande par son père et Corse par sa mère ; son père partit en Russie travailler comme chef de rayon pour un grand magasin français et c'est là qu'elle se maria avec un Suisse, lui-même émigré en Russie, et qui faisait de l'élevage de volailles et d'oiseaux. Ses parents ne furent pas très satisfaits de ce mariage-là. Cependant, d'après les photographies d'époque, elle semblait vivre dans une maison confortable, entourée de domestiques. C'est à Moscou que ma belle-mère naquit en 1911. La révolution russe les surpris en vacances en Suisse en 1918 et ils ne purent retourner en Russie et perdirent tous leurs biens. Ils vinrent en France et le grand-père de Richard installa une oisellerie sur les quais de Seine.
Il mourut alors que Matty avait à peine quatorze ans, leur laissant une maison à Vanves que sa femme dut vendre pour survivre quelques temps. Elle qui n'avait jamais travaillé de sa vie, devint poinçonneuse au métro parisien.

Le père de Richard, Suisse, originaire de Neuchâtel et Rubigen, avait un arrière-grand-père qui quitta le Canton de Berne pour acheter la bourgeoisie Neuchâtelloise et y faire souche. Le grand-père de mon mari était cheminot et conduisait une locomotive, il semblerait que ses incartades conjugales provoquèrent la défenestration de son épouse, lorsque le père de Richard avait environ douze ans. Mais d'autres dires, laisseraient entendre que dans la famille de sa grand-mère l'on était porté sur la bouteille !

Le père de Richard vint en France comme réceptionniste dans un grand hôtel parisien. Il se maria avec Matty en 1929, la mésentente s'installa du fait que Willy, jouait aux courses et dilapida un petit héritage que sa femme reçut de son oncle. Richard se souvient d'une période précédant l'avant guerre où il vécut avec sa grand-mère maternelle qui l'adorait, dans une petite chambre de bonne. Elle avait gardé des relations de bons termes avec son gendre et conduisait régulièrement son petit-fils voir son père qui traversa une brève période faste. Le remariage de sa mère fut pour lui l'horreur.

Quand nous repartons ainsi à la recherche des souvenirs de ce que furent ceux qui nous ont précédés, nous nous apercevons avec tristesse, comme parfois, ils sont peu étoffés, c'est le cas de mon mari pour sa famille !

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Où Eddie se reconnaît en Richard

Ce soir-là, Eddie se hâtait de rentrer chez lui pour se faire beau ! Il avait rendez-vous avec Mickaëla et se réjouissait de passer la soirée avec elle.

Bit01z37 jeune fem fdb tLe moment était sombre pour la jeune femme, puisqu'elle attendait des nouvelles de sa maman dont l'état de santé avait nécessité, ce jour même, de lui faire passer un scanner du cerveau. Eddie espérait que les résultats ne seraient pas affligeant et que Mickaëla se sentirait assez en forme et disponible pour lui donner les explications qu'il désirait tant maintenant, après avoir été moqueur avec elle sur tout ce qui touchait le karma !

Eddie était naturellement séduisant, mais il mit un soin particulier à se raser de près et préféra une tenue civile sportive à la tenue d'uniforme qui cependant lui seyait fort bien.

Avant de se vêtir, il alla se préparer un plat surgelé dans le micro ondes, tout en absorbant un whisky pendant le temps de cuisson. Curieusement, lui qui buvait de la bière depuis son adolescence, avait cessé d'en consommer depuis sa première sortie au bar français "Chez Taupin" accompagnée de Mickaëla ! Il buvait du whisky, comme ce soir-là, et cela lui était venu comme une habitude dont il s'étonnait tout en la trouvant normale !

Pour passer le temps, tout en dégustant sur le comptoir de la kitchenette, le poisson à la provençale qu'il s'était choisi, il lisait le journal et les faits divers de la petite ville. Il mangeait machinalement, mais avec plaisir le menu qu'il s'était concocté, car il aimait beaucoup la cuisine française. Il aurait préférer emmener Mickaëla au restaurant français où il l'avait déjà invitée, mais puisqu'elle était en souci ce soir, ce serait pour une autre fois.

Sa lecture et son rapide repas terminé, Eddie mit une dernière main à sa toilette et rejoignit son véhicule particulier pour se rendre à son rendez-vous.

Mickaëla, de son côté, s'était accordée un peu d'attention pour se préparer à recevoir Eddie. Un maquillage léger et une tenue claire dans ses tons préférés, la couleur de la turquoise, qui s'harmonisait avec son regard. Lequel virait du vert limpide de l'eau à ce bleu vert lorsqu'elle portait cette teinte.

A vrai dire, au lieu de vaquer à toutes les occupations ménagères que son jour de congé lui permettait, Mickaëla avait préféré donner la priorité au récit qu'elle sentait naître en elle dès le matin.                             .
- Elle désirait remettre à Eddie cette partie du récit de son karma que la Shekhina lui soufflait comme si le temps pressait !

Lorsqu'elle avait répondu à Eddie, le soir de son appel téléphonique, qu'elle n'avait rien écrit depuis le dernier cahier qu'elle lui avait remis, Mickaëla ne pensait pas que la Shekhina la solliciterait avec tant d'insistance le jour même de cette rencontre ! Au fur et à mesure qu'elle alignait les mots, la jeune femme constatait que le portrait qu'elle décrivait ressemblait étrangement à celui de l'homme qu'elle attendait ce soir !

Prise par cette écriture, le temps passa, calmant l'angoisse qui l'étreignait concernant les résultats attendus pour Marie. Elle se fit rapidement deux œufs brouillés et une salade verte, et se précipita sur le téléphone dès que la sonnerie retentit.

Au ton bouleversé de Charles, elle comprit tout de suite que le pire était à craindre ! L'intervention était imminente et son père lui conseillait de venir les rejoindre, avant l'opération qui aurait lieu dès le surlendemain.

Mickaëla était atterrée, bien qu'elle s'attendit un peu à cette éventualité. Après quelques brefs commentaires, Charles lui passa sa mère. Marie lui remonta le moral en lui déclarant qu'elle était certaine de s'en tirer :                    
-"Une voix interne, lui dit-elle, l'assurait qu'elle avait toutes les chances de son côté, malgré les apparences ! " La courageuse femme ajouta, comme un écho à la journée d'écriture de sa fille :

-"J'ai fait un rêve la nuit dernière, une jeune femme qui avait ton allure s'est penchée vers moi et m'a dit, ne crains rien, je veille sur toi ! " Marie déclarait cela avec le plus grand naturel et dans sa voix posée vibrait la conviction la plus profonde ! Mickaëla sut qu'un processus d'Amour Universel et d'Energie vitale venait de se mettre en œuvre et que la Shekhina agissait.

Elle assura sa maman qu'elle obtiendrait quelques jours de congé pour l'accompagner dans ces moments cruciaux où la présence des siens apporte le meilleur des réconforts. Après un échange de paroles pleines de tendresse, elles se quittèrent, Charles reprenant l'appareil pour souhaiter le bonsoir à sa fille.

Mickaëla resta songeuse un long moment. Elle sentait monter en elle une vibration d'Amour intense, comme si un rayonnement de vie s'échappait d'elle-même pour aller vers sa mère. Elle n'avait plus peur de la perdre, la confiance en "Celui qui est la Vie" la submergeait totalement et elle était consciente qu'une autre phase de sa vie débutait ce soir.

Elle jeta un bref regard à son bracelet montre et constata qu'il était bientôt la demie de vingt heures. Eddie allait arriver ! Mickaëla s'observa quelques instants dans le miroir du salon et se trouva agréable à regarder. Cela lui rappela soudain une autre attente, dans une tenue d'une couleur analogue.  Elle frissonna ! La fin de cette journée-là avait été un drame et son véritable premier chagrin d'Amour ! Non, se dit-elle, secouant la tête, rien de semblable aujourd'hui, Eddie vient juste prendre un verre et nous échangerons sur l'explication des karmas.

Elle se rendit à la cuisine pour brancher la cafetière électrique. Eddie était buveur de café même à des heures tardives, alors qu'elle-même n'en consommait jamais.

Elle revenait au salon quand vibra l'Interphone. Elle répondit prestement de monter, à la voix qui s'annonçait, après avoir provoqué le déclic d'ouverture de la porte de l'immeuble. Son coeur se mit soudain à battre la chamade, alors qu'elle était calme jusqu'ici ! Cependant, curieusement, une sorte de flash vrilla dans son cerveau : "Attention, pense au Père en sa personne, car le Fils viendra ! " Mickaëla n'eut pas le temps d'analyser sa surprise car Eddie sonnait à la porte d'entrée et elle l'ouvrit immédiatement.

Ils échangèrent un sourire, puis Eddie franchit le seuil de la porte la main gauche dans le dos et la droite tendue vers son hôtesse. Ils se serrèrent la main sans hâte et silencieusement. Le même sourire indéfinissable persistait sur le visage de l'homme, celui de la jeune femme était franc et accueillant.

Mickaëla pivota sur elle-même pour refermer la porte. Dans le même temps Eddie fit le mouvement inverse, tout en posant un genou à terre et il tendit vers elle le bouquet de roses rouges qu'il avait caché jusque là derrière son dos. Son regard était à la fois sûr de lui, suppliant et admiratif. Mickaëla lui trouva l'air comique et éclata d'un rire joyeux et communicatif ! Eddie se releva prestement, un peu dépité, puis la rejoignit dans ce rire débridé !

La tension qu'elle avait dominée en attendant des nouvelles de sa mère, puis la venue d'Eddie, céda sous le bienfait du rire. Ses craintes pour Marie s'étaient apaisées, expliqua-t-elle à ce dernier, puisque sa maman gardait un bon moral. Elle ne dit rien, cependant, du rêve de Marie, de la Shekhina et de son propre ressenti à ce sujet. Eddie lui exprima le souci qu'il se faisait pour elle et sa famille. Elle lui fit part des dispositions qu'elle s'apprêtait à prendre pour se rendre quelques jours au chevet de la malade, avec son assentiment de supérieur. Il lui accorda bien volontiers ce qu'elle lui demandait. Ce dialogue se faisait tout en gagnant le salon où Mickaëla fit signe à Eddie de prendre place où il le désirait.

L'homme jeta un coup d'œil satisfait à l'installation qu'il voyait pour la première fois. Il s'exclama :                                              .
- "Ah ! La main d'une femme apparaît tout de suite dans cet intérieur ! Je m'y sens déjà bien ! " Ajouta-t-il, avec un clin d'œil à l'adresse de son hôtesse qui sembla apprécier modérément le compliment, le jugeant peut-être à facettes !

Eddie prit place sur le canapé avec le secret espoir que Mickaëla viendrait s'asseoir à côté de lui !                              
Il considéra la pièce de dimensions modestes mais coquettement et confortablement installée. L'éclairage, provenant d'abat-jour de parchemin montés sur un lampadaire et une lampe en fer forgé, diffusait une douce lumière chaude comme il les aimait, et ajoutait à la sensation de bien-être qu'il éprouvait. Laquelle était confirmée par les teintes fondues et lumineuses qui semblaient envelopper tout l'être en pénétrant dans ce lieu. Eddie pensa : "L'ambiance de cette pièce reflète l'âme de Mickaëla, tout y est simple et dégage la vie et la paix."

Les murs avaient la pureté du blanc et l'apparence d'un crépi léger. Ce qui permettait une palette de couleurs variées au locataire de cet appartement. Mickaëla avait choisi un beige très pâle pour vêtir son canapé et les deux fauteuils qui lui faisaient face. Tout le charme subtil de la pièce résidait dans les tons et le dessin du tissu des tentures et coussins. Là se mêlaient avec harmonie, le brun doux, un bleu turquoise évanescent, un rose saumoné, ainsi qu'un jaune à l'or passé doublé d'un or plus vif. Le dessin formait des bouquets stylisés que confirmaient les nombreuses plantes vertes qui envahissaient la pièce et contribuaient à lui donner l'aspect d'un jardin d'hiver, côté fenêtre.

Sur le mur opposé se dressait une cheminée à l'aspect rustique donné par les poutres de chêne patiné blond roux qui en formaient l'encadrement. La table basse placée entre les sièges et supportant la lampe, était assortie au bois de la cheminée. Le long du mur, derrière le canapé, un meuble bas, surmonté d'une bibliothèque bien garnie, d'une télévision et d'une chaîne haute fidélité incorporées, habillait tout le panneau. Le bois était laqué blanc et se confondait presque avec le fond mural.

A droite de la cheminée, un passage voûté permettait d'apercevoir un coin repas, l'arrondi d'une table laquée blanc et des chaises assorties dont l'assise était recouverte de même tissu que les doubles rideaux. Comme l'appartement était situé au dernier étage de l'immeuble, Mickaëla n'avait pas jugé nécessaire de poser des voilages. Tout au moins, comme pouvait le constater Eddie, dans le salon qui ouvrait sur une terrasse dont les vis à vis, suffisamment éloignés par l'avenue qui était large, ne pouvaient gêner. Le sol de cette terrasse était la continuité de celui de l'intérieur recouvert d'un dallage de tomettes aux chauds tons d'ocre mêlés.

Eddie s'apprêtait à se lever pour aller regarder la terrasse, lorsque la jeune femme, qui était partie quelques instants au préalable chercher le café, réapparut dans l'encadrement voûté, tenant un plateau chargé de tasses, d'une cafetière, d'une théière et d'un choix de gâteaux qui paraissaient délicieux. Il s'arrêta dans son élan, contrôla que la table était suffisamment dégagée pour recevoir le plateau. Il attendit que Mickaëla prenne place, mais hélas en face de lui, pour lui réitérer ses compliments sur ce qu'il connaissait de son home.

La jeune femme sourit de contentement - l'on sentait que pour elle, le cadre de vie était important - elle se pencha pour verser le café, lui demandant s'il désirait du sucre et du lait ? Il répondit par la négative et elle se servit une tasse de thé sans sucre également. Mickaëla disposa une assiette à dessert, une fourchette à gâteaux et une petite cuillère, auprès de leur tasse respective et lui proposa de faire son choix. Eddie se rappela soudain qu'il était gourmand et lui désigna, avec un certain regard de convoitise, un éclair au chocolat à l'aspect bien garni. La jeune femme le servit avec une pince à gâteau dont le manche finement ciselé dénotait d'un raffinement certain et d'un attrait pour l'ancien. Elle hésita un instant, puis fit le même choix. Ils se regardèrent amusés déguster leur éclair avec la petite fourchette, puis soudain Eddie pris son gâteau à pleines mains et dit :

-"C'est vraiment comme cela que c'est bon ! "

La jeune femme rit de bon coeur et s'apprêtait à en faire autant, quand elle se ravisa et s'arrêtant de manger, lui proposa :

- "Vous avez tellement l'air d'aimer cela, voulez-vous que je vous donne la moitié du mien ? ! "

Eddie leva les yeux vers elle, ravi, quelle gentillesse ! Il ne se souvenait plus d'avoir été l'objet d'une telle sollicitude depuis longtemps ! Il fit une petite grimace de connivence et accepta sans vergogne. Mickaëla lui dit en riant :

-"Ouvrez la bouche ! Enfournez ! "

Ce qu'Eddie s'empressa de faire en lui suçant le bout des doigts mine de rien !

La jeune femme choisit un autre gâteau, tendit le plat à Eddie pour qu'il se resserve. Ils burent qui son thé, qui son café, en continuant leur dégustation.

Eddie curieux lui demanda :

- "Pourrai-je faire le tour de votre logement, il est bien sympathique ! Vous avez une terrasse très agréable et l'exposition en est parfaite. Je vois que vous avez commencé à jardiner ? "

Les propos continuèrent sur ce sujet et le voisinage, le temps de liquider avec appétit tous les gâteaux.

Mickaëla remporta le plateau à la cuisine, Eddie la suivit pour voir l'aspect de cette dernière. En passant, il compléta sa vue du coin repas dont le centre de la table était orné d'un bouquet de fleurs artificielles dans les tons des teintures, contenu dans un pot d'étain. Il remarqua qu'elle avait mis les fleurs qu'il lui avait offertes dans un vase de cristal et placé ce dernier dans l'entrée. Le rouge des roses n'allait pas avec les teintes de son salon. Il faudrait qu'il s'en souvienne une prochaine fois !

De l'entrée, elle lui désigna la salle de bains et les commodités voisines, mais n'ouvrit pas les portes. Elle hésita un instant devant la porte de sa chambre puis s'effaça pour le laisser entrer, malgré tout !

En franchissant le seuil Eddie sentit son coeur battre comme s'il était un jeune marié, il se moqua de lui-même intérieurement. Comme il avait changé depuis l'arrivée de cette jeune femme ! Son entourage osait le lui dire et il ne déniait pas, car il en était heureux. Cette pièce ressemblait à une chambre de jeune fille, très fraîche avec son lit colonial à baldaquin voilé d'un ton turquoise très doux qui semblait être la couleur préférée de la jeune femme.

Eddie qui connaissait maintenant de nombreux faits concernant le karma antécédent de Mickaëla, ignorait tout en revanche de sa vie privée avant son arrivée dans son service. Une certaine tristesse qui passait dans son regard lorsqu'elle se trouvait en présence de très jeunes enfants, laissait sous-entendre un drame passé. La lecture de son fichier la disait divorcée depuis plusieurs années. Il sentait que c'était une femme qui connaissait la vie, mais celle-ci ne semblait pas avoir de prise sur son comportement qui lui paraissait être celui d'une très jeune femme en attente de l'Amour.

Eddie ne jeta qu'un coup d'œil rapide à cette chambre, qui l'attirait tant, parce qu'il sentait un peu de gêne dans l'attitude de Mickaëla et il ne voulait pas l'importuner. La jeune femme avait seulement allumé le va et vient de la lampe de chevet en lui présentant cette pièce. Néanmoins, Eddie distingua-t-il une commode et une coiffeuse du même bois aux tons ambrés que les colonnettes du lit. Il supposa que c'était du noyer blond. Le sol était le même dans tout l'appartement, et dans cette pièce, recouvert de chaque côté du lit et à son pied par des descentes en fourrures blanches. Du fait du manque d'éclairage, certains détails lui échappèrent, mais il aima d'emblée l'ambiance créée. Il se contenta de dire que cette pièce, comme les autres, était très agréable et revint de lui-même vers le salon. Il remarqua alors le tapis roumain à caissons jardin qui couvrait le centre de la pièce et se dit en lui-même qu'il lui rappelait "comme un souvenir enfoui" !

S'approchant de la terrasse, il admira les plantations printanières qui fleurissaient dans les pots. Il s'étonna du petit rideau d'arbustes que la jeune femme avait déjà mis en place tout autour de la rambarde pour s'isoler. Saisissant son regard interrogateur au vol, Mickaëla s'empressa de préciser qu'elle aimait vivre dans la verdure au plus proche d'elle-même.

Eddie la complimenta de nouveau et regagna la place qu'il s'était attribuée à son arrivée, en laissant errer son regard sur les aquarelles accrochées au mur face à lui. Après tout, il aimait bien la regarder de face et plonger ses yeux dans les siens ! Maintenant, il était avide de connaître les causes des karmas et de l'entendre peut-être raconter sa vie ! Avant de prendre place, Mickaëla alla chercher de la glace, deux verres et du whisky d'une bonne marque. Elle versa une copieuse rasade, avec les deux glaçons qu'il sollicita, à Eddie, prit pour elle-même trois glaçons et se versa une dose très raisonnable du breuvage doré.

Le regard interrogateur d'Eddie se fit plus pressant :

- "Alors ! S'exclama-t-il, maintenant expliquez-moi ? "

Mickaëla attrapa, à l'autre bout de la table, un ensemble de feuillet qu'elle lui tendit avec ces mots :

-"Voici un portrait qui sera sans doute parlant pour vous ! Je vous laisse en prendre connaissance durant mon absence, nous en reparlerons à mon retour.

- Merci, murmura Eddie, mais que ce ne soit pas une échappatoire pour ne pas me parler du karma et de ses causes ! "

Mickaëla sourit doucement et lui demanda ce qu'il désirait savoir ?

- "Tout, lui répondit-il !

-"En fait, dit-elle, il n'y a qu'une seule loi : la Loi de cause à effet. Le mauvais choix n'est jamais un mauvais choix. Ce qui peut paraître un mauvais choix est nécessaire pour notre développement spirituel, nos prises de conscience. Toutes les expériences, aussi douloureuses qu'elles puissent être, sont toujours mises sur notre route pour nous faire accéder à des plans de conscience supérieurs. "

Eddie leva la main pour l'arrêter :

- "Dans cette présente vie, vous sentez-vous revivre un passé ?

-"J'ai reçu la perception d'un certain nombre de vies passées qui toutes avaient un but, une mission. Au cours de ces vies, des missions ont été accomplies, dans celle que je vous narre actuellement, la mission est en suspens, comme si le passé et le présent s'entrecoupaient et que mon avenir soit fonction d'une action du passé qui est en train de se jouer. J'ai l'impression que cela n'est pas courant, que c'est dû à la personnalité qui est en moi et qui s'appelle la Shekhina."

-Qui est-elle ? S'enquit Eddie, surpris !

- Ne vous moquez pas de moi, Eddie, supplia Mickaëla, consciente qu'elle s'était engagée trop loin et hors de propos dans ses explications. "

Elle essaya de redresser la barre en répondant à côté :

- "Nous venons sur terre avec un karma que nous nous sommes choisi, si le jugement que nous portons sur nous-mêmes, après le passage de la vie actuelle à ce que nous appelons la mort, nous porte à désirer améliorer notre évolution vers plus de spiritualité dans le karma suivant.

- Ce que vous me dites, comment le savez-vous, s'exclama Eddie d'un air ahurit ! "

Mickaëla se rendait compte qu'elle serait obligée de mentionner la Shekhina et elle ne savait par quel bout commencer. Il lui fallait évoquer sa vie privée avant son arrivée dans cette ville, remuer des souvenirs douloureux. Elle ne se sentait pas le courage de retourner sur son proche passé. Elle avait imaginé exprimer à Eddie la notion de karma sans parler des deux drames de sa jeune vie. Elle comprenait qu'elle ne pourrait y échapper et aurait aimé fuir cette nécessité. Elle tenta une nouvelle fois une diversion en explications générales :

- "Permettez-moi de compléter les informations que je vous donnais, avant de répondre à vos deux questions de façon plus précise, implora-t-elle avec une voix de petite fille prise en faute qui bouleversa Eddie.

- Oui, oui, je vous écoute, faites comme vous le sentez, rétorqua-t-il avec douceur.

-"Je voulais simplement vous citer un exemple, dit-elle : une personne naît aveugle. Dans son passé elle aura refusé de regarder la souffrance des autres ou aura mutilé d'autres personnes ou aveuglé les autres par des subterfuges, des tromperies, des paroles."

Eddie leva de nouveau la main pour arrêter la jeune femme :

- "Tout cela je l'ai entendu dire. Le sens du mot karma ne m'est pas inconnu. La signification hindoue en est une qui englobe le travail de l'âme qui cherche à atteindre une union avec Dieu. Non, ce que je veux comprendre, c'est nous deux ! Les circonstances qui font que vous avez pensé à moi, ce premier soir au café et parlé du prénom de mes enfants !"

- Je le conçois bien, dit Mickaëla, le portrait de Richard que je vous remets ce soir m'a frappé par sa ressemblance avec votre personnalité. Pour le moment je ne sais pas où mon inspiratrice, qui me dit être la continuité de mon âme depuis la nuit des temps, veut en venir ! La Shekhina m'explique que j'ai une mission commencée par mon âme antérieurement, à terminer dans le présent. Vous avez un rôle à jouer car vous étiez aussi partie de ma vie précédente. Le rapprochement s'est fait inconsciemment ce soir-là, comme s'il m'était soufflé et que je ne m'écarte pas de vous. Ce que j'aurais eu tendance à faire, je ne vous le cache pas !"

Mickaëla n'acheva pas sa phrase et jeta un coup d'œil qui en disait long en direction d’Eddie ! Celui-ci comprit à demi mot et lui sourit en écartant les mains en signe d'un constat non émis, qu'il approuvait et murmura :

- "J'ai changé depuis ! ?

- Oui, dit la jeune femme, je vous retrouve !

Elle se troubla, surprise par sa propre déclaration ! Leurs regards se croisèrent, se fixèrent et semblèrent se fondre lentement dans un rappel d'un passé commun qui aurait soudain resurgit.

Un bip les fit sursauter. Eddie sortit son portable de sa poche arrière et composa le numéro d'appel immédiatement. Son front se rembrunit aussitôt. Il y avait urgence, il lui fallait se rendre sur les lieux d'une fusillade dans le quartier populeux de la ville.

Il se leva en hâte, remercia son hôtesse, prit les feuillets et lui assura qu'ils reparleraient de leur lecture dès son retour. Il promit à la jeune femme de signer dès le lendemain le congé pour se rendre au chevet de sa mère. Il formula des vœux de prompt rétablissement pour la malade et quitta rapidement l'appartement sur un adieu au ton désolé de cette séparation.

Mickaëla lui souhaita bonne chance et prudence avec un doux regard attentif qui n'échappa pas à Eddie et lui mit du baume au coeur !

Grape vine

Suite

Eyes3 mic

Table des matières

- Chapitre VII - Le second mariage –

 I Haut de page :  Richard - Où Eddie se reconnaît en Richard I

Grape vine
Copyright by Micheline Schneider - - Chapitre VII - Extrait I - Richard - Où Eddie se reconnaît en Richard -
 "La première et merveilleuse histoire d'Amour du monde ou Hologramme d’une VIE humaine pour une Entité Divine"

 

Date de dernière mise à jour : 09/05/2020