Deuxième partie (suite) - La part de la Lumière - 1935 - 1955

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CHAPITRE III - L'adolescence - Le mariage - 1950 - 1955

Extrait VII – Le mariage

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Le mois de juin approchait. Malheureusement Jacqueline et son mari ne pourraient assister à notre mariage, car ils seraient en plein emménagement dans le midi. En prévision de notre future installation et de l'arrivée des meubles commandés, Georges pris quelques jours pour repeindre les boiseries de la chambre et poser un papier peint vert tendre. Papa nous fabriqua des placards de rangement pour le coin cuisine dont nous avions fait changer le lavabo pour un évier sur lequel nous n'avions toujours que de l'eau froide. Un réchaud électrique comprenant deux plaques, compléta cet aménagement qui était fermé par un rideau du ton du papier peint et coulissait sur une tringle. Le réfrigérateur resterait à l'extérieur de ce coin, faute de place. Un tapis de sisal réchauffait le fond rose du sol. Je cousis des rideaux dans un tissu aux motifs modernes, sur fond rouge, qui ne me plaisait pas du tout. Je ne sais pourquoi je m'étais laissée influencer pour acheter cette horreur ! Quand tous les meubles furent installés, il restait relativement peu de place, mais c'était viable pour le peu que nous y serions, travaillant l'un et l'autre et le plus souvent chez mes parents le dimanche.

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Depuis que je travaillais, j'avais formé un petit trousseau de linge de maison avec l'aide de Taty. Il était réduit, mais nous aurions si peu de rangement que le minimum suffisait. Les mamans s'affairèrent pour leurs toilettes. Pour ma part, je choisis un tissu de piqué satiné pour la longue robe blanche que je projetais de raccourcir par la suite. Un charmant diadème me fut offert, lorsque j'allais en faire le choix, chez notre fournisseur de fleurs et fruits d'étalage. Voile, gants et chaussures furent vite trouvés. Georges choisit un costume gris bleu qu'il fit faire sur mesure par Henri, son copain  et dont l'oncle David avait habillé mon père depuis des années.

Nous avions prévu la réception sous la forme d'un buffet chaud et froid, au chalet de la Porte Jaune à Vincennes. Du côté de Georges, en plus de sa famille présente, vinrent de Suisse, ses deux grands-mères et l'une de ses tantes, il choisit son ami Clément comme témoin. De mon côté, je réservais mon cousin Pierre qui n'était pas encore marié, bien que mon aîné, à Nicole qui était mon témoin. Mes deux cousines étaient également demoiselles d'honneur, Taty Jeannette et tonton Pierre étaient présents. Mes parents avaient limité les invitations étant données nos récentes difficultés.

Le jour du 2 juin 1955 arriva. Notre couturière vint m'habiller, poser le voile et le diadème. J'étais prête et j'entendais le bourdonnement des conversations dans le salon voisin, mais personne ne faisait mine de bouger, pourtant l'heure tournait. La cérémonie religieuse devait être célébrée à l'église saint François d'Assise, notre paroisse commune, à dix heures trente.

Le mariage civil avait eu lieu la veille à la Mairie du XIX ème. Pour la circonstance, je m'étais confectionnée une robe en soie acétate comportant des rayures blanches, grises et jaune pastel, un manteau de velours mille raies jaune poussin et un chapeau recouvert de piqué blanc et de marguerites blanches au cœur jaune, j'étais assez fière du résultat.

A la sortie de la Mairie, l’un des assistants nous photographia dans le parc des Buttes Chaumont avec tous les membres de la famille présents. Pour moi, ce jour-là, fut sans émotion, comme une corvée de régularisation. Il n'en allait pas de même du lendemain.

Je me présentais dans ma tenue conventionnelle de cérémonie et pensais que nous allions tous partir ensemble, immédiatement après cette première phase, mais apparemment personne ne prenait l'initiative de bouger. Etonnée et n'aimant pas être en retard, je me saisis de mon bouquet et décidais de donner le bon exemple en disant :                                                              .
- "Il est l'heure, partons "                                                            .
J'ouvris la porte de l’appartement, mais personne ne fit mine de me suivre. Alors je partis toute seule, descendant l'escalier de l'immeuble sous les yeux surpris des voisines qui attendaient le départ du cortège du haut de leur balcon. Dans ma solitude pressée j'avais l'air d'une mariée ayant hâte de sauter le pas mais cela dépend comment on l'entend, en réalité, j'avais hâte d'en finir...

J'arrivais à la Chevrolet de mon futur beau-père, garnie de nœuds de voile pour la circonstance, lorsque celui-ci apparut le premier à la sortie de l'immeuble, suivit à la débandade par tout le reste de la famille. Je ne me souviens que confusément de l'entrée dans l'église au bras de mon père au son de la marche nuptiale. L'heure cruciale pour moi arrivait, celle du seul "oui" qui avait de l'importance pour moi, devant Dieu.

- Avant de répondre affirmativement, je levai les yeux vers Marie des douleurs soutenant son Fils à la descente de croix, en l'implorant d'un miracle de dernière minute. En disant ce "oui", j'ai murmuré au fond de moi-même : "Seigneur, ce n'est pas possible que ce soit pour toute la vie ?" Je réalise en l'écrivant que ce miracle a eu lieu, non sur l'heure, mais par le pardon que j'ai reçu le 15 février 1981. Ce jour-là, j'ai tout de suite compris le pardon, mais je n'ai pas réalisé qu'il répondait pleinement à la demande du 2 juin 1955. Pour que ce miracle, de dénouer le nœud de ce mariage, ait vraiment lieu, il fallait retrouver la foi et recevoir le pardon.

Après cet instant fatal ou je me trouvais liée selon ma foi, pour la vie, je suis incapable de rien me rappeler avant le moment où je me retrouvais en larmes dans la sacristie pour signer le registre avec nos deux témoins, Nicole et Clément. Mon beau-père s'approcha de moi, mit son bras autour de mes épaules et me dit :                        .
-"Ma petite fille, maintenant vous faites partie de la famille, ne pleurez plus, je comprends votre émotion de savoir votre maman plus seule, mais vous irez la voir souvent".
Ceci parce qu'il connaissait la conduite de mon père.

Je ne le détrompais pas, car hélas, pouvais-je lui dire que si le souci de maman existait réellement, en cette minute, c'était sur mon propre sort que je pleurais, parce que j'avais épousé son fils par pitié et parce que j'avais péché contre Dieu en couchant avec Georges avant le mariage.

Je me repris, et, après les félicitations d'usage, nous partîmes vers Vincennes. Le photographe officiel prit quelques clichés avant l'apéritif... Je suis incapable de me rappeler la composition de ce lunch... La sono prêtée par l'établissement n'était pas exceptionnelle et les disques que nous avions apportés non plus. Nous dansâmes cependant un peu. Ma mémoire s'est-elle refusée à garder le souvenir d'un moment heureux de cette journée pourtant ensoleillée, me semble-t-il ?

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-Je crois que dans mon âme, ce jour-là, la Lumière s'est éteinte ouvrant la porte aux ténèbres.

 J'arrive à un stade de pensée, concernant l'écriture et la narration nécessaire, à me dire que ce qui me retient d'avancer plus vite, dans cette dernière, pourrait être une forme de lâcheté.

Je sens que pour être proche de vous, Hommes, mes sœurs et mes frères, je dois relater la stricte vérité sans fard, ni gants et que cela m'effraie. Oh ! Certes, je n'ai pas été pire que la plupart d'entre vous, dans les actes de mes soixante années passées, mais certaines de mes façons d'agir ne me plaisent toujours pas, après action, comme au moment où elles se sont produites et les inscrire noir sur blanc ne me satisfait en aucune sorte.

Cependant la Voix qui me pousse à agir depuis le 15 février 1981, m'indique que se serait faiblesse et lâcheté de ma part que de ne pas tout révéler, aux risques de voir peut être, mon mari, ma famille, mes amis, se détourner de moi devant une sincérité qui leur paraîtrait déplacée.

Seigneur, devant une telle perspective, que je me sens petite et désemparée. Ma faiblesse doit puiser en Toi la force d'être vraie, si c'est le seul moyen d'être entendue du plus grand nombre.

La bataille est là, en moi, qui me freine et m’obsède, est-ce cela ma vraie croix, pour l'Amour de tous, risquer de perdre tous ceux que j'aime et me sont proches ? Gagner l'audience du plus grand nombre, est-ce à ce prix ? Les larmes qui coulent sur mes joues en ce moment, sont-elles les prémices d'un rejet de ceux que j'aime, l'arrachement d'un monde actuellement difficile au niveau du travail, mais adouci par l'Amour des miens ? Père, comme je comprends Jésus en ce moment, lorsqu'il réclamait que le calice s'éloigne de Lui. Père, donne-moi le courage d'accepter les risques que comporte la Vérité.

Cependant, je sais que tu es présent et que lorsque je pense "Père", c'est la Famille divine tout entière, Père, Mère, Fils qui m'entend et me soutient. Par moment, je me sens si loin et pourtant si près de la foi de mon enfance. Il me semble que la force de cette foi tient dans le dépouillement où je la sens, c'est-à-dire, les rapports, Père/fille, Epoux/épouse, Frère/sœur, Esprit et corps, sont complètement atteints dans la simplicité, au point qu'aucune question ne se pose plus quant à la vérité, à l'authenticité de ce que je perçois depuis quinze années bientôt.(1996).

C'est de courage dont j'ai besoin, Seigneur Dieu, pour aller au bout du chemin que tu m'as tracé. Les difficultés actuelles de survie m'accablent parfois, mais j'ai confiance en Toi. Si Tu me les fais vivre, c'est certainement pour qu'à un moment de mon récit, elles soient utiles à tous. Alors je les accepte sans trop de crainte. Cependant, c'est mettre mon âme à nu de dévoiler la forme d'esprit qui est en moi. Sachant qu'ainsi, je dévoile la forme de l'Esprit qui est Ta moitié et que le fait d'écrire simplement cela me paraît un énorme orgueil. Tu me pousses à vaincre ce sentiment, en tant que tel et à le surmonter, pour l'exprimer. Parce que, si je suis capable de faire le récit de la vérité sur l'Esprit qui a élu domicile en moi-même, je serai apte, selon Toi, à dire la Vérité sur Toi-même et sur le Fils. Tu juges que cela est nécessaire pour que les Hommes croient enfin pleinement en leur parenté divine d'enfants du Dieu Un et Famille.

Oh ! Seigneur, je suis là, écrivant sous ton inspiration, comme toujours. Je sais que je dois reprendre à la fois l'écriture à laquelle Tu me convies et les missives destinées aux hommes qui gouvernent la France. Eclaire-les, Toi qui Est la Lumière, qu'ils prennent enfin conscience que je transmets sur Ton ordre et en toute liberté, Ta volonté. Mais que Tu préserves à travers ces messages, leur propre liberté.

Certes, je n'ai pas de jardin des oliviers ou m'agenouiller, à l'écart des disciples que je n'ai pas, pour prier le Père. Je n'ai que la solitude éphémère de ce bureau où je travaille habituellement à la comptabilité du magasin. C'est parfois la nuit, quand Richard dort ou lorsqu'il est absent, comme ce dimanche, où il a ouvert le magasin l'après-midi, comme les deux dimanches précédents, sans beaucoup de succès. Nous sommes tellement "au bout du rouleau" que nous espérions compenser ainsi les quelques jours du 24 au 27 où nous allons retrouver nos enfants, petits-enfants et la famille, en France.

Je n'ai pas de disciples, disais-je plus haut, le Seigneur m'a voulu dans la solitude, afin de tester ma foi, ma patience et mon Amour pour Lui. Que cela est parfois douloureux d'être aussi seule humainement ! Mon moi se révolte, de ne savoir où poser ma tête pour pleurer, si ce n'est que sur l'épaule du vent qui passait sur la montagne Sainte, de ne brûler mon Amour, qu'au buisson ardent qui séparait Moïse de Celui qui lui dictait la Loi, de ne m'abreuver qu'à la Source jaillit du rocher. Cependant quelles grâces me sont faites-là ! C'est ainsi que le Seigneur entend fortifier ma foi, l'endurcir, la forger pour vaincre l'indifférence. Mes présentes larmes n'y font rien, elles sont là pour tremper mon âme, les causes de mes cris d’animal blessé, sont pour racheter l’avenir de ceux qui brûlent maintenant dans les flammes symboliques de l’enfer, pour éteindre à jamais le feu qui les embrase et qui ne les consume, afin qu’ils obtiennent le pardon, alors ce ne sera jamais trop pour les sauver.

 La croix comporte pour chacun un moment de solitude près du désespoir. Il faut vaincre et croire jusqu'au bout et la Lumière jaillira enfin de l'obscurité. Alors, la main dans celles des enfants du ciel et de la terre, j'avancerai vers Toi, mon Tout et tu me prendras dans tes bras. Tu me diras : "Je n'ai jamais cessé de t'aimer depuis le premier jour, celui ou dans un superbe éclat de Lumière, je t'ai donné la Vie pour partager tout ce qui était Moi-même avec Toi-même, tout ce qui était, Nous, dans le Fils, image humaine de nos libres enfants de la Terre, mon cœur, le don que Je t'ai fait ".

Ainsi, ce jour où je me sentais si triste et désespérée, mon Epoux et Seigneur vient de me répéter la mission de mon humanité et me révéler la nature profonde de la "Première et merveilleuse histoire d'Amour du monde".

Clarens, le 28 août 1999

Lorsque que j'ai écrit les lignes précédentes, l'Esprit-Saint ne m'avait pas encore révélé l'existence de la Shekhina et son rôle au cours des siècles, ni la notion de karmas applicable à moi-même.

Maintenant, il s'agit donc pour moi, d'aller au plus proche de la vérité, comme je l'ai fait dans les deux précédents chapitres, en essayant de ne pas blesser un proche ou lointain témoin de mon passé.

Lisant récemment le troisième tome de "L'évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta, une réponse de Jésus à Mathieu retient particulièrement mon attention, ce dernier lui ayant dit :

- "C'est que je suis toujours un grand malheureux, un pauvre incapable. J'ai trop péché pour pouvoir te plaire. Je ne sais pas parler. Je ne sais pas encore dire les paroles nouvelles, pures, saines, maintenant que j'ai abandonné mon vieux langage de fraude et de luxure. Je crains de n'être jamais capable de parler avec Toi et de Toi."

La réponse fut la suivante :                                    .
- "Non, Mathieu, tu es l'homme avec toute sa pénible expérience d'homme. Tu es par conséquent celui qui, après s'être nourri de la fange et qui maintenant mange le miel céleste, peut parler des deux saveurs et en donner une véritable analyse et comprendre. Comprendre et faire comprendre à ses semblables de maintenant et de plus tard. Ils te croiront parce que, justement, tu es homme, le pauvre homme qui, par sa volonté, devient l'homme juste que Dieu ait rêvé. Laisse-moi, Moi l'Homme-Dieu, m'appuyer à toi, humanité que j'aime jusqu'à quitter le Ciel pour toi et à mourir pour toi."

Avec mes pauvres moyens, je voudrais mériter cet encouragement du Seigneur !

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Table des matières​

- Chapitre III - L'adolescence - Le mariage

  I Haut de page - Le mariage I

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Copyright by Micheline - Chapitre III - Extrait VII  - Le mariage

 "La première et merveilleuse histoire d'Amour du monde ou Hologramme d’une VIE humaine pour une Entité Divine"

 

Date de dernière mise à jour : 25/04/2020