Deuxième partie (suite) - La part de la Lumière - 1935 - 1955

Eyes3 mic

CHAPITRE III - L'adolescence - Le mariage - 1950 - 1955

Extrait VI - Tentatives d'évasion

Grape vine

Connaissant l'horaire de Jean, je partis plus tôt ce matin-là et vérifiais qu'il faisait quatre stations de métro dans la même direction que moi-même qui changeais à ce moment-là. Sachant que "mon patron" partait en voyage d'achats la semaine suivante et qu'il me dirait :                                                                    
_ "Ne vous pressez pas le matin pendant cette période creuse où je serais absent".
Je décidais d’en profiter, pour aller à la rencontre de mon ami d'adolescence et de continuer avec lui, éventuellement plus loin, en prenant une autre correspondance.

Ce qui était prévu, fut fait. Un matin devançant mon horaire habituel, je m'avançais sur le quai, vers lui, la main tendue. Sans aucune mention des bêtises qui nous avaient séparées, nous bavardâmes d'abord de tout et de rien en attendant la rame de métro, puis nous y montâmes. Je lui demandais à quelle station il descendait et regardant le plan, je convins intérieurement que j'irais avec lui, jusqu'à une certaine correspondance dont je ne me rappelle plus le nom.

Nous parlâmes de la place d'aide-comptable qu'il venait de trouver. De ce que je faisais et fus amenée, par le fait, à lui dire que j'étais fiancée. Il me répondit brièvement avec un regard, à la fois, appuyé puis fuyant de ses yeux verts :                                                 
- "Oui, je sais".                                                                                                                                                                                              
J'en conclus que Claude l'avait mis au courant. J'en fus d'autant plus persuadée, que lui ayant raconté la mésaventure de Georges, lors d'une course cycliste du quartier, à laquelle il me dit avoir lui-même assisté, il conclut avec un petit sourire indéfinissable :                                                         .
- "Attention, les cyclistes ne sont pas toujours bons au lit ! "                                
Assez surprise de l'attaque directe et ignorant d'ailleurs ce fait, je répondis en regardant ailleurs, à sa manière, que j'avais l'impression qu'il n'en était rien, mais que ce serait peut-être la découverte ! .... Ma correspondance arrivait, je le quittais en lui disant :                                                .
-"Peut être à demain".

Le lendemain j'étais en avance et je laissai passer une rame avant qu'il ne me rejoigne sur le quai juste au moment où la suivante arrivait. Son sourire fut un bref éclair, vite éteint et je ne sus trop quoi lire au fond de ses yeux qu'il avait du mal à poser sur moi franchement. Je ressentais toujours ce trouble flou de mon adolescence, en sa présence et je me dis qu'il fallait que j'eusse le cœur net sur ses propres sentiments à mon égard, cela me permettrait de faire le point avec les miens.

Je lui demandai donc si de son côté, il était fiancé ou en passe de le devenir ? Question à laquelle il répondit d'un simple hochement de tête négatif. Il n'était guère plus bavard que jadis et tout de vert vêtu, d'un imperméable de surplus militaire et les cheveux taillés en brosse, il me faisait penser à la fois à un soldat de l'armée allemande, à un ours mal léché et à un tigre sauvage.

Pourtant je ne pus m'empêcher de lui dire que j'étais heureuse de le revoir et que je regrettais l'interruption de notre amitié. A ce moment, son visage eut une expression très douce, et son regard erra sur le mien, puis devenant pénétrants, ses yeux scrutèrent en profondeur les miens, mettant à nu mon âme et à cet instant je sus que s'il me demandait de tout quitter pour lui, je le ferais. Je crois qu'il lut dans mes yeux ce qu'il désirait y trouver, mais il se rembrunit, une lueur de tristesse passa dans ses yeux et il me dit laconiquement, comme répondant à une question que je n'avais pas même formulée :       -"Il est trop tard "                                                                             
J'étais arrivée à ma deuxième possibilité de correspondance et je le quittai cherchant un espoir possible dans un dernier regard, mais il se détourna, je dus descendre et le métro parti.

J'étais toute bouleversée et me dis que je ne pouvais laisser ainsi filer les événements sans réagir et je me promis de le revoir le lendemain et de lui dire que j'étais disposée à rompre avec Georges.

Mais, le jour suivant, je ne le vis pas sur le quai à son horaire habituel, je laissai passer les métros en me disant, j'attends jusqu'à l'heure qui est la mienne, peut être est-il en retard. Ce fut en vain. Il ne me restait plus qu'un jour avant le retour de voyage du père de mon fiancé et je partis le lendemain de bonne heure, espérant cette fois-ci ne pas manquer Jean. J'eus plus de chance et je me promis de l'accompagner jusqu'à son deuxième changement pour avoir suffisamment de temps pour plaider notre cause commune.

Son abord fut très distant et je ne savais comment amener le sujet. J'attendis plusieurs stations avant d'oser lui dire que s'il le désirait, j'étais prête à rompre mes fiançailles. Il me regarda longuement d'un air douloureux, puis me dit :                             
- "Je n'ai pas le droit de te laisser faire cela, je suis diabétique, tous les jours de ma vie je dois me faire une piqûre d'insuline, je ne sais trop quel avenir j'ai moi-même pour pouvoir le proposer à une femme et fonder une famille".

J'étais atterrée par la souffrance à la fois désespérée et résignée qu'il y avait dans sa voix. Je lui dis pourtant que ce n'était pas une raison suffisante pour renoncer à se fréquenter et à envisager un avenir commun, que cela ne m'arrêterait pas. Je résolus de continuer le trajet jusqu'à son travail s'il le fallait, d'essayer de le convaincre, je me disais que s'il m'embrassait, ce serait gagné. Mais c'était mal le connaître, campé dans son retranchement d'impossibilité, je le sentais bloqué, je lui pris timidement la main le long du parcours de changement de correspondance, il tint la mienne serrée, en avançant à grandes enjambées et sans me regarder. J'avais la mort dans l'âme et le désespoir au cœur. Arrivés sur le quai où il allait reprendre sa dernière portion de trajet, j'émis le désir de l'accompagner, mais il me répondit avec fermeté :              .
- "Non, tu serais trop en retard à ton travail. "                                                   .
Je levai les yeux vers lui, j'aurais tant aimé un baiser, même s'il était d'adieu, mais je voyais bien qu'il avait la gorge serrée et qu'il serait inflexible. Je ne savais si je devais l'admirer ou le haïr, tant mon cœur se brisait.

C'est la seule fois de ma vie ou j'ai vraiment désiré que les lèvres d'un homme se penchent sur les miennes. Je crois que c'est à cause de ce refus douloureux que par la suite, ce geste amoureux ou banalement érotico-physique, m'a toujours semblé une profanation. Ce baiser qui résumait tout un espoir entre deux êtres et dont j'avais rêvé comme d'une planche de salut, m'était refusé à jamais et comme pour l'éternité.

Le lendemain, je n'osai pas partir à la même heure que lui car je sentais que je lui aurais fait plus de mal que de bien. Je ne savais pas grand chose sur les diabétiques, ni qui aurait pu me renseigner utilement et discrètement.

Je regardais tristement s’égrener les jours et le piège physique se refermer sur moi, inexorable et ne remplaçant rien.

Grape vine

Ma troisième tentative d'évasion, si je puis dire, se solda par un échec, de mon fait même et pour deux raisons.

Parmi les fournisseurs de la saison de Pâques, nous avions cette année-là, un homme encore jeune, du genre artiste, au chic anglais, qui présenta un modèle de voiturette des "quatre saisons" en fil de fer laqué blanc, surmonté d'un auvent de toile rayée blanche et verte, bien proportionnée pour présenter des fruits confits, par exemple. Cet article fut référencé et le fabricant livrait lui-même sa production.

Toujours impeccablement vêtu, souvent de gris, les cheveux mi longs, blonds d'argent, rejetés en arrière, moyennement grand, légèrement enveloppé, le teint rose et frais, l’œil bleu du ciel un peu naïf et rêveur de l'artiste, Gilbert L… avait toujours des mots aimables à la bouche.

Souvent il prenait du retard dans ses livraisons et mon futur beau-père, me disait :
- "Je vais encore l'engueuler, appelez-le, avec vous il sera sûrement plus disposé à livrer rapidement."

Un jour que je le relançais pour une livraison non effectuée, il m'assura qu'il allait venir le jour même et me demanda si je serais seule, parce qu'il aimerait bien me parler en tête-à-tête ? Ne l'étant pas, lors de cet appel, je répondis évasivement.

Cependant, lorsqu'il se présenta l'après-midi, j'étais effectivement seule dans le bureau et il en profita pour me faire part de son désir de mieux me connaître et évoqua la possibilité de se rencontrer en dehors de mon activité. Je lui répliquais que j'étais fiancée au fils aîné de "mon patron", que je le trouvais lui-même sympathique, mais qu'il était hors de question que je le rencontre à l'extérieur. Il parut désolé, me dit qu'il était fils unique, vivait avec sa mère dans une maison très agréable dont il me fit la description poétique. Il m'assura qu'il était très attiré par moi, qu'allant sur les trente-six ans il désirait fonder une famille. Il m'implora de ne pas briser là, d'accepter de continuer un échange. Puis voyant une pointe d'hésitation de ma part pour le remettre à sa place, il ajouta avec intuition certaine :

- "Etes-vous sûre d'être amoureuse de votre fiancé ? "                                      
Je ne sais quel regard je lui jetai, peut-être celui d'un animal pris au piège, car il continua d’un ton persuasif :                                          .
-"Réfléchissez, le premier n'est pas toujours le bon ! "                                                     
Jacky arrivant à ce moment précis, mit ainsi fin à la conversation.

Quelques jours plus tard, Gilbert L… téléphona pour indiquer qu'il livrerait une commande en cours dans le courant de la prochaine semaine. L'occasion de me joindre au bout du fil lui semblant favorable pour faire "sa cour" il me demanda si j'étais seule. C'était le cas. Il s'empressa alors de me préciser qu'il avait parlé de moi à sa mère et qu'elle aimerait me connaître. Il me venta de nouveau les charmes du petit hôtel particulier qu'il habitait sur la rive gauche avec cette dernière. Il enchaîna sur ses propres goûts littéraires, artistiques et musicaux, s'enquérant également des miens, etc. L'arrivé d'un livreur m'obligea à interrompre son plaidoyer de charme et à raccrocher sans donner de réponse positive.

Lorsqu'il livra, la semaine suivante, comme prévu, il me demanda de venir l'aider à monter les marchandises, sous prétexte qu'il y en avait beaucoup. Je ne fus pas dupe, mais je le suivis dans la cour ou sa voiture était garée. C'était une Mercédès qui ne se prêtait pas du tout à ce genre de transport, à moins qu'il n'ait choisi ce véhicule, ce jour-là, pour me montrer son standing. Toujours est-il qu'il profita de cet aparté pour revenir à la charge, pour une éventuelle visite englobant mère et habitation. Je lui avouai qu'il y avait certains côtés de sa personnalité qui me séduisaient, mais que je ne le connaissais pas suffisamment pour envisager de rompre éventuellement mes fiançailles avec un garçon gentil et sincère, auquel manquaient quelques qualités que lui-même semblait posséder et que c'était aller un peu vite en besogne de vouloir me présenter à sa maman. Cette dernière, veuve, n'ayant que lui comme enfant et de plus conservé dans son giron aussi longtemps, ne m'inspirait pas des possibilités d'avenir serein. Toutefois, je lui promis de réfléchir à une possibilité de le rencontrer hors de ces lieux, pour une conversation moins hâtive et hachée.

Lorsque je fis le tour de la question, je constatais en moi-même que ce garçon d'âge mûr ne me déplaisait pas, pour l'allure, le phrasé, les goûts artistiques, mais un doute subsistait en moi-même quant à d'éventuels contacts physiques. Et, la seule façon de le savoir était, évidemment, d'accepter une sortie avec lui, mais j'avais du mal à prendre cette décision et je n'arrivais pas à me confier à maman qui avait elle-même déjà tant de problèmes.

Ce qui me la fit prendre, fut une réflexion assez violente de mon futur beau-père, qui me surprit de plein fouet. Toujours dans l'attente des livraisons des "quatre saisons" qui tardaient, ce dernier se plaignait du fournisseur et comme celui-ci m'avait dit, manquer momentanément de fil de fer, je lui transmis la cause du retard. A ce moment précis, il fit volte face rapidement vers moi d'un air furieux, dont il m'est difficile, même aujourd’hui, d'en comprendre la raison, et me dit violemment :                                                                          
-"Ah ! Oui, bien sur, vous le défendez, vous croyez que je ne vois pas son manège, à tourner sans cesse autour de vous, je n'ai pas de conseil à vous donner, mais méfiez-vous de ce genre d'homme ! "                                         
J'étais un peu sidérée par cette sortie, mais comme je n'aimais pas mentir, je ne répliquais rien et il ajouta :                                                  .
-"D'ailleurs, je finis cette saison, mais je ne retravaillerai plus avec ce monsieur !"

Ce fut le déclic, je pensais, j'en ai un peu raz le bol de cette famille… Je rencontrerai Gilbert un jour prochain et je verrai bien... J'acceptai donc une promenade hors des murs de Paris et nous nous rendîmes en automobile dans les Yvelines, en un endroit charmant dont je ne me rappelle plus le nom. Lorsque nous roulions sur l'autoroute, Gilbert me proposa d'aller dans une auberge pour "y prendre une tasse de thé", mais la prudence me conseillait de ne pas lui donner d'espoir trop rapide et je refusais, ce qui nous fit arrêter le véhicule en un endroit champêtre qui dominait, me semble-t-il, un cours d'eau qu'un vieux pont rustique enjambait.

Gilbert me reparla longuement de sa vie de petit garçon, du courage de sa mère, jeune veuve, de ses études aux beaux-arts. Il me montra une ville imaginaire qu'il avait dessinée sur un papier. Construite comme un labyrinthe et dont tous les chemins conduisaient à un point idyllique où se situait la maison de ses rêves, la sienne. J’évoquais de mon côté, mes aspirations et nos goûts communs ressortaient avec un relief saisissant. Mais cela était-il suffisant pour changer brutalement de cap, en ce qui me concernait. J'eus assez rapidement la réponse lorsqu'il fit une tentative pour m'enlacer et me plaça sa langue vrillante dans l'oreille. J'eus un haut-le-cœur à ce contact et compris dans l'instant qu'il n'y aurait pas de suite possible !

Je le repoussais doucement et m'efforçais de lui expliquer qu'il était trop rapide, que je comprenais qu'à son âge il ne s'embarrasse pas de préliminaires inutiles, mais que précisément, je n'avais pas son âge et que j'étais encore "fleur bleue". Il fut un parfait gentleman et se le tint pour dit, me proposa de nouveau d'aller consommer un rafraîchissement, et devant mon refus obstiné, me proposa de prendre le chemin du retour, ce que j'acceptai volontiers.

En roulant vers Paris, il me parla de son atelier, de ses projets d'avenir, des vacances qu'il projetait et de bien d'autres choses encore dont je n'ai plus souvenance. Je l'écoutais distraitement, me demandant comment j'allais m'en débarrasser sans le peiner et le froisser.

Je me rendais bien compte que j'étais avec lui, à un point de non-retour et qu'avec Georges, j'avais atteint ce point également dans le sens intellectuel. Le mieux serait certainement de dire à tous deux que c'était fini. A Gilbert, avant d'avoir commencé, cela paraissait plus facile qu'avec Georges. Cependant je résolus d'avoir avec ce dernier une conversation le soir même. Quant à Gilbert, en le quittant je ne voulais pas être trop dure avec lui, mais je ne désirais pas lui laisser d'espoir inutile, aussi lui dis-je toute ma sympathie, mais aussi que je m'étais rendue compte, pieux mensonge, que je tenais plus à mon fiancé que je ne le pensais. Il accepta sans discuter cette explication et me demanda cependant s'il me reverrait ? Je m'empressais de lui dire, qu'en dehors de notre activité commerciale, je pensais qu'il était préférable de ne pas y songer. Il acquiesça d'un sourire triste qui me fendit le cœur et m'ouvrant galamment la portière de sa Mercédès blanche, me laissa à quelques pas de ma demeure.

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Maman ne me posa pas de question sur ma sortie, lui ayant au préalable dit que j'avais rencontré quelques copains de classe et que nous ferions ensemble une "sortie souvenirs" ce samedi-là. Je ne sais si elle remarqua mon air grave à l'idée de ce que je voulais dire à Georges lors de sa visite ponctuelle de l'après-dîner.

Par contre, celui-ci s'en rendit compte dès le premier instant, parce que mon baiser était peu enthousiaste. Maman s'étant retirée discrètement, pour lire au lit, nous disait-elle presque tous les soirs, afin de nous laisser en tête-à-tête, et papa étant, une fois de plus, absent, je pus aborder courageusement le sujet qui me préoccupait.

J'attaquais donc en lui disant que j'étais sortie l'après-midi même avec quelques amis retrouvés. Qu'ayant fait en commun le point sur nos choix, nos sentiments, notre avenir, ils m'avaient aidée à réfléchir sur nous deux et que je m'étais réellement rendue compte que je faisais fausse route avec lui.

Je préférais parler d'un groupe d'amis, n'excluant pas ainsi le côté féminin. Le sachant très jaloux, je ne voulais pas qu'il s'imagine que j'avais déjà fait un autre choix, ce qui aurait pu être le cas, mais il ne pouvait le savoir.

Sa réaction s'exprima ainsi :                                                                    
- "Qu'est-ce que tu m'as fait ! Qu'est-ce que tu m'as fait ? "                                                                         
Cette phrase répétée durant de longues minutes pendant lesquelles son visage avait pris un aspect bouleversé. Il se tordait les mains et les bras, frappant le sol de ses pieds rageusement, heureusement sur le tapis, ce qui n'attira pas l'attention de maman. Ce fut interminable, me sembla-t-il, avant que je puisse essayer de préciser ma pensée. Lorsque je tentais enfin de m'expliquer, il haussa la voix, me disant :                                         .
- "Tais-toi, tais-toi !"                                 

Ajoutant vulgairement :                                       
- "Qui c'est, qui c'est le mec qui veut te prendre à moi ? "                
Je le regardai, là, furieux et possessif, le mâle exigeant la soumission, il me faisait horreur ! Mais, soudain, prenant conscience de mon silence réprobateur, il fondit en sanglots et me dit :                                                             
-"Si tu me quittes, je me tuerai "                                      
Je m'attendais à tout, sauf à cela !

Je restais sans voix de longues minutes, sans bouger. Le piège se refermait lentement sur moi-même, je n'accepterais jamais l'idée d'être la cause de la mort d'un homme qui m'aimait et auquel j'avais donné tous les espoirs. Il était comme un tout petit garçon, en larmes. Il n'avait déjà pas eu beaucoup de tendresse de la part de sa mère, et avait reporté toute son affection sur moi, je le sentais bien. Avais-je le droit de le faire souffrir, moi qui n'avais pas su résister à la tentation du corps, je devais être forte, là où il était faible. Son apparente force physique masquait une faiblesse de caractère et je croyais qu'il disait vrai et préférerait perdre la vie.

Je me résignais, allais vers lui, l'entourais de mes bras, lui assurais que je ne le quitterais pas, que j'avais voulu l'éprouver, qu'il n'y avait personne d'autre. Il se calma, mais preuve que, hélas, il n'avait rien compris au drame intérieur que je vivais, il proclama en seigneur et maître :                                                              
- "Si jamais tu me trompes, je te tuerai et l'autre avec ! "                 
Homme primitif que je me sentais loin de toi, triste à en mourir et résignée cependant désormais à aller jusqu'au bout.

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Suite

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Table des matières

- Chapitre III - L'adolescence –Le mariage –

I Haut de page : Tentatives d'évasions I

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Copyright by Micheline - Chapitre III - Extrait VI - Tentatives d'évasions

 "La première et merveilleuse histoire d'Amour du monde ou Hologramme d’une VIE humaine pour une Entité Divine"

 

 

Date de dernière mise à jour : 24/04/2020