Quatrième partie L'Amour - 1981 - 1994

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CHAPITRE IX - Les ténèbres s’illuminent – 1987-1988-(14-02)- 1994

Extrait VII - HELVETIE – ETOY – 1991- BLONAY - 1992

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ETOY 1991

Nous prîmes la route après un dernier regard d'adieu à cette maison à laquelle nous avions donné une âme. Le coeur gros, mais courageusement nous allions aborder une nouvelle vie dont nous ne savions aucunement de quoi elle serait faite. Richard prit le volant au départ, puis Philippe et moi un peu pour un au revoir à cette automobile, une Polo GT, que j'avais bien appréciée toutes ces dernières années. Les deux hommes se relayèrent ensuite jusqu'à l'arrivée en Helvétie.

Jour mémorable puisque celui de la fête nationale qui était le sept centième anniversaire de la Confédération. Notre appartement étant vide, les déménageurs attendus pour le lendemain, nous couchâmes à l'hôtel que nous avions retenu par Eric. Nous dînâmes au restaurant, choisissant les traditionnels filets de perches pour faire connaître cette spécialité à Philippe. Ils étaient pleins d'arrêtes et l'une d'elle me resta un mauvais moment au fond du gosier, je n'en menais pas large et ne me rappelle cependant plus comment je m'en sortis !... En compensation nous assistâmes à un très beau feu d'artifice sur le lac.

Le lendemain nous nous rendîmes à Etoy lieu de notre location, Philippe restant un jour ou deux pour nous aider à mettre les meubles en place. Il partit ensuite pilotant sa nouvelle voiture, laquelle attirait les regards là où il habitait, il dû faire poser, nous dit-il par la suite, une barre chromée pour protéger le radiateur, car il craignait le vandalisme...

Nous quittions un bel environnement et une vie aisée mais travailleuse. Pour ne pas se sentir déprimé, Richard avait besoin de retrouver un cadre qui l'aiderait à se rééquilibrer et le courage de rechercher une activité. A cinquante-sept ans ce n'était pas si facile que cela et en Suisse comme en France nous découvrîmes que la récession n'était pas loin. Je mis donc beaucoup de soins à recréer un cadre de vie agréable.

Une fois l'appartement en bon ordre, Isabelle et sa famille vinrent nous visiter, Eric et les siens également.

Au bout de quelques mois, sans solution de rechange, il devint certain que nous n'aurions d'activité que si nous la créerions. Nous envisageâmes alors de prendre un commerce et nous mîmes en recherches. La difficulté primordiale était l'absence de capitaux, notre petit pécule se rétrécissant comme une peau de chagrin. Nous n'avions pas pensé faire une année sabbatique ! Et pourtant ! ... Pour faire ces recherches un véhicule était nécessaire, et Richard acheta une Peugeot d'occasion en bon état. 

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Après avoir reçu l’Initiation, que Dieu m’envoyait par l’intermédiaire de ce livre placé sous mes yeux à un moment crucial de mon existence, je m’efforçais de vivre ma Foi selon ce modèle parfait. Cela m’aida à supporter et faire face aux moments difficiles que la perte de notre activité ainsi que tous nos biens nous faisaient vivre pour une seconde fois. Notre Amour conjugal et ma CONFIANCE en l’Esprit de l’univers nous aidèrent à prendre les décisions qui s’imposaient ; chercher du travail dans le Pays d’origine de mon mari....

Durant les cinq mois que nous passâmes à Etoy, en me rendant à la messe à Rolle, petite ville voisine d’Etoy, je pris contact avec un groupe de Renouveau charismatique, accomplissant ainsi le souhait de Sœur Marguerite et du Frère Jean-Marcel et réalisant ma promesse. La bergère de ce groupe avait précisément beaucoup de charisme, ainsi que le prêtre qui l'assistait et tous les membres forts sympathiques. Ils chantaient en langue d'une manière si angélique que j'en avais l'âme retournée. Pour ma part je n’osais me lancer, je ne m’en sentais pas digne. C'est en faisant la connaissance de cette petite équipe que je sus que je devais désormais me nommer "Michaella".

Cependant, dans le courant d'une année qui devint par la force des événements, une année sabbatique d'août 1991 à septembre 1992, je pris le temps, puisque je l'avais, de lire les trois tomes du "Livre d'Urantia". Des horizons s'ouvraient, mais cependant à cette lecture je compris qu'il y avait une lacune que "La première et merveilleuse histoire d'Amour du monde" devait combler dans sa version finale. Cela concernait la Vie privée de la Famille Divine. Le TOUT étant UN et Famille comme modèle de la création de la famille de l’homme.

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Pour améliorer notre nouveau cadre de vie nous avions acheté quelques meubles simples pour faire un coin travail, bureau, petit meuble de classement, fauteuil, petit bureau pour l'ordinateur et chaise, ainsi que deux armoires de rangement, tout ceci étant sur la mezzanine et chambre d'invités. Nous donnâmes une nouvelle allure à notre salon, séparant plus nettement le coin musique de la partie salon.

Malheureusement, le propriétaire de notre appartement décida soudainement qu'il voulait réintégrer ce dernier. Il nous signala sans vergogne, c'est le Pays qui veut cela, que nous devions trouver un autre logement dans les meilleurs délais et en tous cas pour avoir quitter les lieux avant la fin de l'année. Nous avions cependant signé "un bail à loyer" d'un an renouvelable, mais bien que cet appartement soit destiné à être une résidence secondaire, il avait tous les droits ! Ou aller en justice ! ... Les frais probables nous arrêtèrent et nous préférâmes faire un compromis qu'il accepta : Nous déménagerions dans les délais demandés, mais à ses frais et avec une indemnité de dix mille francs suisses. Cela nous aiderait à faire face à d'éventuels frais ailleurs.

Après une bonne dizaine de déplacements, de Préverenges à Montreux et in extremis, nous découvrîmes une charmante maison de style bernois, s'étageant sur trois niveaux et séparée en deux appartements. Elle était située à Blonay, au bas du village qui surplombe la ville de Vevey et la ville dortoir de La Tour-de-Peilz, elle avait une vue magnifique sur le lac Léman et les montagnes, avec la France au loin. Suffisamment grande pour recevoir les enfants, un jardin personnel et une piscine commune aux quatre maisons du lotissement.

 L'inconvénient primordial était, toutefois, qu'elle n'était pas terminée d'installer. La moquette n'était  pas posée dans les pièces où elle devait l'être et la cuisine n'était pas du tout opérationnelle. Cependant le temps manquait pour attendre, en tenant compte des fêtes de fin d'année il nous fallait déménager avant Noël pour bénéficier du compromis fait avec notre propriétaire de l'appartement d'Etoy.

Nous obtînmes la pose de la moquette et acceptâmes de pique-niquer quelques jours ! Nous emménageâmes le 24 décembre 1991. En pleine période festive nous allâmes au restaurant pour le jour de Noël, car le soir du réveillon nous étions le nez dans nos cartons ! Nos enfants nous invitèrent pour le réveillon de la saint Sylvestre. Ils vinrent partager un goûter dans la nouvelle maison pour la découvrir rangée et presque en état de fonctionner !

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BLONAY 1992

La maison du chemin de Mottex à Blonay était vaste et confortable. Habitués depuis quelques années à vivre dans un lieu largement dimensionné, nous avions cherché une habitation comportant des chambres supplémentaires pour pouvoir recevoir nos enfants et leurs progénitures dont hélas nous étions désormais fort éloignés !

Fin janvier, me semble-t-il, nous eûmes la visite d'Isabelle avec ses enfants et de Sophie et Tom, ce n'est pas très clair dans ma mémoire

Courant mars nous prîmes la route vers la France pour visiter maman dans sa maison de retraite, Sylvie et les enfants, Jacqueline et Jacques dans leur maison de campagne en Seine et Marne si je ne me trompe pas. Sophie, Renaud et Tom étaient de notre tournée, ainsi qu'Isabelle.

Au moment de Pâques, revenant de chez sa sœur, Philippe passa quelques jours avec ses enfants à Blonay et firent ainsi connaissance avec Vevey et ses bords de lac.

Après l'anniversaire de Richard le 7 juin, nous nous préparions à gagner Paris pour assister au mariage de Nathalie, nièce et filleule de Richard. En chemin nous avions prévu de nous arrêter une journée chez Sylvie, chez laquelle nous couchâmes une nuit. Le lendemain nous rendions visite à Isabelle et ensuite à Sophie. Le mariage civil de Nathalie avait lieu à la mairie de Paris où la maman de Jean-Christophe était secrétaire, mais le nom de l'arrondissement m'échappe totalement. Le mariage religieux célébré à l'église du Mesnil-Saint-Denis, village où nous avions vécu neuf années. Je lus un texte pour les époux en la circonstance. La réception était faite dans un château des environs dont je ne me rappelle plus le nom, ni le lieu. Nous couchâmes chez Marie-José le soir du mariage pour reprendre la route le lendemain pour aller visiter maman à Montrichard en Sologne.

Le premier trimestre de cette année 1992 nous vit rechercher une activité qui conviendrait à nos maigres capitaux et à nos capacités. Boutique "Jacadi" à Neuchâtel, garage à Payerne, tea-room à Montreux, bar tea-room à Saint-Maurice. Chaque nouvelle démarche aboutissait à l'épluchage d'un bilan déplorable qui ne laissait pas bien augurer d'une réussite positive ! Notre souci allait croissant de ne jamais trouver ce qui nous conviendrait, et dans ce cas, la tentation était d'accepter la première proposition qui se présenterait désormais !

Ce présenta alors l'achat possible d'un fond de commerce comportant un bar tea-room situé à Monthey dans le Valais. L'agent immobilier qui proposait cette vente nous embobina si bien en nous disant qu'il se faisait fort de trouver une aide de fonds auprès des marchands de bière et des banques que nous versâmes une somme, qui pour nous correspondait à une promesse d'achat, mais qui n'était autre qu'un acte officiel sans notaire, ce qui nous égara. Il y avait pourtant un paragraphe qui indiquait un délai de trois mois pour obtenir ces fonds, sinon résiliation. Pendant deux mois nous attendîmes confiants, notre bonhomme ronronnait qu'il approchait du but. Nous trouvions bizarre de n'avoir aucun contact avec ces fameux banquiers, mais un document d'un marchand de bière annonçait une participation positive et l'agent immobilier nous disait d'être confiants et de patienter.

Irène vint nous visiter courant juin, heureuse de passer ce petit séjour près de nous. Elle se désolait du décès de Michel Berger dont elle aimait bien la musique. Nous fîmes plusieurs photos et je suis contente que nous ayons gardé ainsi un souvenir d'elle, car elle nous quitta le 30 juillet 1992 à la suite d'un anévrisme au cerveau.

Dans le courant du deuxième mois d'attente, précisément ce mois de juin, nous nous étions remis en recherche, n'augurant pas d'une réussite pour le pub de Monthey. Il se présentait à Vevey la vente d'un fond de commerce de puériculture et vêtements pour enfants de la naissance à huit ans, nous prîmes des renseignements et demandâmes le bilan. Ce commerce faisait partie d'un ensemble de trois commerces et le propriétaire vendait isolément deux d'entre eux, prétendant qu'il n'y avait pas de bilan distinct. De ce fait nous ne pouvions que croire ses dires pour les résultats obtenus ! Il les avouait en baisse mais très acceptables, c'était pour donner plus d'ampleur à son commerce de Lausanne qu'il se séparait des deux autres.

Nous nous trouvions devant un dilemme, répondre vite pour obtenir ce commerce de Vevey dont la somme demandée nous était plus accessible si nous récupérions nos fonds remis à l'agent immobilier. Pour cela il nous fallait attendre un mois environ et le délai d'expiration du contrat qui s'avérait être de vente réelle sous la forme où elle nous avait été proposée. Mais, hélas, notre homme devenait fuyant, ne nous donnant que des réponses évasives et remettant toujours le résultat escompté à la semaine suivante. Ce que constatant nous allâmes voir l'actuel propriétaire à Monthey pour avoir son opinion sur les possibilités d'un résultat concluant. Ce dernier n'était pas optimiste du tout, nous décrivant le bonhomme comme astucieux et peut-être pas très honnête et même en  probables difficultés financières à l'heure actuelle. Ne pouvant le joindre et ne voulant pas lâcher la proie pour l'ombre, nous décidâmes d'opter pour le commerce de Vevey, nous commençâmes des démarches pour l'obtention d'un prêt auprès de divers banques locales. Un courrier finit par atteindre notre agent immobilier, car nous n'avions trouvé que porte close à son bureau. Il nous donnait rendez-vous chez un ami avocat qui se faisait fort, nous assurait-il, de trouver la fameuse aide bancaire dans les délais prévus. Nous étions à deux jours de ce délai et d'un rendez-vous pour signer un compromis pour le commerce de Vevey. Sans nouvelles positives dans les délais nécessaires de notre agent immobilier concernant le bar, nous téléphonâmes à son ami avocat pour indiquer la révocation du contrat devenu caduc. Ce dernier était paraît-il parti en vacances. Nous fîmes un courrier recommandé résiliant nos engagements et demandant le remboursement de nos fonds dans les plus courts délais. Le vendeur contacté nous annonça que l'agence immobilière avait fait faillite et que nous aurions sûrement beaucoup de difficulté pour récupérer nos fonds. Nous signâmes pour le commerce de Vevey, sous réserve d'obtenir un prêt d'une banque. Nous vendîmes la voiture d'occasion, une Nissan coupé rouge, que Richard avait voulu acheté pour moi, donnant ainsi plus de liberté entre recherches et courses, ceci pour verser l'acompte, espérant récupérer nos fonds pour le 1er septembre 1992, date à laquelle nous reprendrions le magasin.

Le 30 juillet le décès d'Irène, la sœur aînée de Richard, nous mena à nous déplacer vers Paris et revoir toute la famille à laquelle nous fîmes part de nos espoirs pour retravailler, sans laisser percer notre crainte concernant la récupération de nos fonds. Et pourtant elle était fondée car nous n'en récupérâmes que 40 % trois ans plus tard ! Une des banques contactées accepta de nous faire un prêt à condition de ne pas constituer une SARL et se réserver ainsi une récupération à vie sur nous en cas de malheur ! Il nous fallait trouver une aide de remplacement pour l'argent bloquée, ce qui n'était pas chose facile, mais maintenant que nous avions obtenu ce prêt de la banque notre contrat d'achat se devait d'être honoré.

Durant ces recherches et ces évènements en juillet et août nous reçûmes nos enfants, Isabelle et les siens, Philippe et ses enfants, Dominique sa compagne et le fils de cette dernière Bruno pour lequel nous mîmes un lit de camp dans la chambre des enfants, puis dans le bureau, me semble-t-il car ils étaient trop bruyants ! .Toute notre « petite armée » profita bien de la piscine et du jardin fleuri, nous les emmenâmes voyager sur le petit train de " Swiss Vapeur Parc" situé sur les bords du lac après Villeneuve

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En septembre 1992 nous prîmes le commerce de puériculture et vêtements pour enfants à Vevey. Malheureusement dans un moment ou la Suisse en plein désarroi était dans ses plus mauvaises années.

Ainsi nous entrâmes dans une activité commerciale que nous ne connaissions que fort peu, avec la seule aide d'une des vendeuses que nous gardions, ainsi que l'apprentie. Le vendeur nous avait prétendu faire son chiffre avec la vente de vêtements d'enfants, ses ex vendeuses nous laissèrent entendre que c'était surtout la puériculture et plus précisément la vente de poussettes, qui marchait le mieux ! Dans ce domaine le stock était dérisoire et nous n'avions pas un sou à mettre dans cet investissement, ne sachant déjà pas comment nous allions payer le stock convenu.

Nous fîmes la tournée de la parenté pour demander de l'aide en attendant une récupération que nous pensions plus rapide à l'époque. Il y avait peu d'écho de possibilité, mon oncle et parrain me refusa catégoriquement son aide sous prétexte que "nous savions toujours retomber sur nos pieds !" Il avait les moyens de le faire cependant... Hélas, cela ne lui porta pas bonheur, le malheureux mourut un peu plus d'un mois plus tard. Nous désespérions de faire face à l'échéance repoussée pour le règlement du solde dû au vendeur. La plus jeune sœur de Richard et le mari de cette dernière décidèrent de prendre eux-mêmes un prêt pour nous soutenir dans la difficulté. Cela nous sauvait la mise et nous espérions pouvoir nous libérer de cette dette dès le remboursement escompté ! ...

Nous reçûmes en octobre un courrier du reporter auquel nous avions donné Dadjah, il nous envoyait des photos de nos anciens petits chiots devenues de belles demoiselles. Sur la fin de sa lettre il avait fait signer les chiennes avec leur patte. Nous étions contents de les admirer, avec malgré tout de la peine au coeur...

Courant 1992 je fis la connaissance du groupe de Renouveau Charismatique de Vevey. La bergère Ilsé, et son mari étaient très accueillants et je m'intégrai à cette équipe simplement et sans heurt. Je connaissais peu des chants de louanges et les appris à l'oreille. Les prières, que chacun construisait par étape de louanges, de remerciements, de demandes, étaient souvent très belles et j'admirais la facilité de certaines et certains à les présenter. Pour ma part, je n'ai jamais été très douée pour la parole en groupe et spontanée. L'ambiance très amicale était un baume dans les circonstances difficiles que nous vivions mon mari et moi-même. Ma confiance en l’Esprit de l’univers qui EST la Vie sortait renforcée de ces réunions où chacune et chacun exprimaient son Amour et sa Foi.

L'activité commerciale dans les quatre derniers mois de 1992 s'avéra passable, nous apprenions notre nouveau métier l'un et l'autre. Je mettais en place un système informatique pour la tenue de la caisse, des stocks et de la comptabilité. C'était très prenant et je veillais souvent tard pour mettre en place les essais des programmeurs, lesquels firent quelques erreurs qui me valurent nombres d'heures supplémentaires, non payées puisque nous n'étions même pas salariés dans cette SNC (société en nom collectif). 1993 au loin que nous apporterait cette année là ?!...

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Haut de page - Chapitre IX - Extrait VII I

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Copyright by Micheline Schneider - Chapitre IX – Extrait VII– HELVETIE – ETOY – 1991- BLONAY - 1992

 "La première et merveilleuse histoire d'Amour du monde ou Hologramme d’une VIE humaine pour une Entité Divine "

 

Date de dernière mise à jour : 06/06/2020